Tous des cochons!

Par Josée Pilotte

«Du monde qui saute la clôture, y’en a partout.» – Les 3 p’tits cochons

Qu’est que je pourrais bien te dire à ce sujet, que tu ne sais pas déjà? Que les hommes sont infidèles? Que le tien ne l’est sûrement pas, que toi-même tu n’y as jamais pensé… mais que tu connais quelqu’un qui connaît quelqu’un à qui c’est arrivé. Bla-bla-bla…bla-bla-bla!

Qu’est-ce que je pourrai bien te dire à ce sujet, que tu ne sais pas déjà? La vérité peut-être, j’t’entends penser: qu’est-ce qu’elle va nous sortir encore la JoPi. Ne t’en fais pas, je ne vais pas me ridiculiser avec des théories de féministes-mals-baisés. J’ai juste envie de jouer, de jouer avec les mots, les grandes vérités, les petits mensonges. Jouer avec nos jeux.

Bas les masques?

Peut-on exprimer librement ses pulsions à nos Chéris? Tout en écoutant Les

3 p’tits cochons, je les écoutais penser, les Chéris, au cinéma Pine (ben oui, les filles peuvent faire 2 trucs à la fois!)… j’les entendais penser: «Fuck!, c’est ben drôle le film… mais j’aurais jamais dû amener Chérie… la discussion après avec elle… tsé, elle pis ses discussions de coooouuuuple, j’vas pas m’en sauver!»

Une discussion? Pourquoi? Pourquoi pose-t-on les questions («Toi, si t’avais une Mahée Paiement au bureau, tu voudrais-tu la sauter comme le gars marié dans le film?»)… les questions dont on connaît d’avance les réponses («Qui? Mahée jouait dans le film? J’avais pas remarqué…»)… les réponses que l’on sait être loin de la vérité («Hey, as-tu vu Mahée dans le film? Moi, j’te dis, un gars qu’y’a une fille comme ça au bureau… y’a juste envie de…)

Une discussion? On est, mettons, huit couples autour de la table, on se croit libres, on écoute Sex and the City, on raconte notre dernière baise (celle avec le conjoint, bien sûr!), on boit du vin millésimé en racontant notre dernier voyage à Bali, on place un juron bien senti entre deux idées arrêtées sur la guerre en Irak. Bref, on est entre gens bien, ouverts d’esprits, libre-penseurs, et tout et tout… Vient donc inévitablement au cours de la soirée LE sujet: le CUL!

Pis là, quoi? On se retrouve comme à la sortie à la sortie de la projection 3 p’tits cochons: on est dans le cliché, bien propre, bien rôdé, bien intégré et – soit dit en passant – absolument charmant. Vraiment.

Bref, on est toujours entre gens bien…

C’est «bien» là le problème, «bien» comme dans «politicaly correct», bien comme l’est le masque de la perfection, un masque moulé sur le visage de la moralité sociale, de notre l’éducation judéochrétiennne, mouler aussi sur l’image qu’on se fait de la perfection du couple, de l’amour, mais aussi de la jalousie et de la possessivité. Bref, on est dans le moule jusqu’aux cheveux… ou du moins, du sexe jusqu’au cœur.

Mais.
On fait quoi pour arrêter la «game»? On se dit tout, on fait éclater en morceaux les tabous, on se réinvente une vérité?

Ou bien on se dit simplement que les hommes sont des hommes, qu’ils ont tous un petit côté cochon (oui, oui, même ton mec à toi!)… on n’est pas dupes, les «discussions de boys› sont ce qu’elles sont… et même depuis qu’on a ouvert les tavernes aux femmes. On sait bien que nos hommes ne tiennent pas le même discours partout, surtout quand il s’agit de cul… Et ils savent que pour nous aussi, leurs copines, c’est pareil.

On va continuer de jouer la game parce qu’on aime ça (se) la jouer.

<br>Parce quand Chéri te fait sentir unique, la plus belle, la plus désirable t’en perds tes armes et tu ris de bon cœur avec lui aux frasques libertines du gars marié qui trompe sa femme.

Parce que c’est quand même Mahée Paiment, hein chéri?
«Qui?!»

Ben oui… Bla-bla-bla-bla-bla-bla….

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