Transformers

Par Stephane Desjardins

Pop-corn hypertrophié

Il faut prendre Transformers, le dernier film de Michael Bay, pour ce qu’il est: un pur divertissement. En fait, Transformers, c’est d’abord et avant tout le film hollywoodien parfait: bourré de testostérone, porte-parole sans nuance du American way of life, film de catastrophe dénué de subtilité, où les Bons sont des Américains vulnérables, qui triomphent des Méchants venus d’ailleurs à force de persévérance et de volonté, malgré un contexte où les preneurs de paris miseraient sur les Méchants à 200 contre 1.

Transformers ne donne pas dans la dentelle. On assiste rien de moins qu’à une lutte entre le Bien et le Mal. Les bons robots extra-terrestres doivent se battre contre les méchants robots tout aussi extra-terrestres: les deux clans recherchent un cube, sorte d’arme absolue, qui leur permettra de décupler leurs forces, dominer l’univers et détruire la race humaine.
Évidemment, les extraterrestres sont à la page: ils apprennent notre langue par internet et découvrent le gentil héros sur Ebay. Ce dernier, un jeune ado désespéré de s’acheter sa première bagnole pour mieux pogner avec les filles, sauvera la planète comme il se doit. Et finira avec la fille de ses rêves… LA pitoune qui allumera tout spectateur mâle hétéro normalement constitué.

Ce qui me frappe dans ce film assez étriqué, ce ne sont pas les problèmes logiques et les invraisemblances ahurissantes, que l’on pardonne aisément dans ce genre de production, ni le budget de 150 millions, ni, au fond, que l’histoire s’inspire de jouets cultes d’il y a 20 ans. C’est davantage le fait que le film est une gigantesque publicité pour General Motors, qui montre à satiété sa nouvelle Camaro (les ex-travailleurs de GM à Sainte-Thérèse ont dû l’avaler de travers), ainsi que d’autres modèles dont elle désire mousser les ventes, et même celles de ses camions. Le film est également une caution morale pour l’armée américaine. Un véritable vidéoclip à la gloire des soldats et de la puissance de tir des armées yankee. On ne voit jamais le Com­mandant en chef (George Bush est vraiment impopulaire) mais beaucoup le Secrétaire à la défense, qui sait même tirer au fusil à canon tronqué. Transformers est donc ce genre de film où la première victime est un Noir, où les méchants meurent atrocement, où les bons finissent toujours par vaincre malgré l’adversité, où on vante les mérites de la famille, de la fidélité, la suprématie de l’automobile, le respect de l’armée, le drapeau, etc. Les filles y sont reléguées à un rôle de potiche, sauf ces brillantes exceptions de filles déterminées mais… hyper sexy.

Un spectacle mené rondement, qui donne dans l’hyperbole, et surtout dans les gags à répétition entre les séances de bombardement ou d’attaques à la roquette cybernétique. Je l’avoue, j’ai ri plus souvent qu’à mon tour. Dans les années 1940, il existait un code du succès pour les films hollywoodiens. Michael Bay, un réalisateur à producteurs, c’est-à-dire le genre de technicien brillant qui ne fait jamais dans la subtilité et qui plait invariablement à son producteur, respecte ce code à la lettre. Soixante ans plus tard, la recette fonctionne encore: on s’amuse en sachant pertinemment que c’est con, mais con…

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