Un colloque axé sur les mathématiques accueille 650 participants

Par Nathalie Deraspe

Vendredi dernier, la Commission scolaire Rivière-du-Nord a réuni les enseignants du primaire autour d’un colloque consacré aux mathématiques, la bête noire du monde de l’éducation.

Marc St-Pierre, directeur général adjoint, a ouvert le bal. «J’aime les mathématiques parce que c’est un langage qui exprime notre créativité. Faire reculer les préjugés et les croyances, vaincre la vérité, tout cela est possible grâce aux mathématiques. Encore faut-il maîtriser ce langage.» Un langage rebutant pour bon nombre d’enseignants. D’où l’importance de mettre tout en œuvre pour les intéresser davantage à cette matière considérée à tort comme aride. Parce que les enjeux sont importants.

Une étude américaine indique en effet que l’anxiété des professeurs face aux mathématiques peut interférer sur le résultat des élèves. La question est si inquiétante que les organisateurs du colloque ont cru bon d’inscrire à l’agenda de la journée un atelier sur l’affectivité en mathématique. «N’ayons pas peur d’avoir une vision plus poétique et créatrice des mathématiques, a lancé le conseiller pédagogique Hermel Lebel aux enseignants. C’est dans la relation avec le jeune que ça se passe.»

En ouvrant le colloque, la conférencière et directrice de l’Association mathématique du Québec, France Caron, mettait en garde contre ceux et celles qui partagent une vision trop restrictive des mathématiques. Une approche qui circonscrit cette matière dans une perspective comptable, point à la ligne. «Connaître les mathématiques, c’est pouvoir établir des liens.» Mesurer la croissance d’une plante, les proportions fantaisistes des personnages de bandes dessinées, évaluer la régularité des flocons de neige, voilà autant de façon d’intéresser les enfants aux mathématiques. L’art peut également servir de contexte quand vient le temps d’étudier les fractions. Que ce soit dans la composition d’une photo ou l’étude d’une mosaïque. Les mathématiques permettent également de mettre en lumière des enjeux scientifiques, environnementaux ou démocratiques, rappelle la chercheure. Qu’il s’agisse de mesurer les quantités impressionnantes d’eau qu’une baleine peut ingurgiter dans une journée ou de calculer les besoins en riz en temps de crise alimentaire, tant qu’à faire raisonner les enfants, autant partir de questions authentiques, suggère en substance France Caron.

De l’autre côté de la pause, l’auteure et ex-enseignante Jacqueline Lafllamme, une des principales organisatrices du colloque, indiquait à une dizaine de professeurs combien il est crucial d’inciter les élèves du primaire à s’approprier la lecture des problèmes mathématiques. Il faut passer par une gamme de questionnements, d’essais-erreurs, avant d’arriver à élaborer une réponse. Un cheminement essentiel à une meilleure compréhension de la matière.

Trucs et astuces à profusion

Situations-problèmes, exploration autour des fractions, jeux mathématiques, les enseignants réunis à la Polyvalente Saint-Jérôme sont repartis avec une foule de conseils et les bras chargés de littérature. Malgré tout, l’unique façon d’en finir avec les mathématiques, c’est le travail, estime Hermel Lebel: «Moi je n’étais pas plus intelligent ou doué qu’un autre, confie l’ex-enseignant. J’ai bûché, bûché et bûché. J’étudiais sans relâche. J’ai sué les soirs et les fins de semaine sur les mathématiques. Je pouvais travailler 10 heures sans m’arrêter.» Aujourd’hui concède-t-il, la valeur de l’école n’est pas partagée par tout le monde. «Les parents acceptent de lever leur jeune à 4 heures du matin pour qu’il ailler jouer au hockey, qu’il passe des heures devant l’ordinateur, mais pour l’école, c’est autre chose. La notion d’effort n’est pas la même partout.»

Et comment s’assurer de la réussite des élèves? «Ça commence dans la classe, puis dans l’école, après c’est l’implication des parents, et enfin de la communauté. La relation maître-élève se situe en premier lieu.»

Le problème, selon ce conseiller pédagogique, c’est que les enseignants ne sont pas préparés à l’arrogance des élèves. Le quart d’entre eux abandonne avant 5 ans de pratique. «Les professeurs ne sont pas nécessairement formés au travail relationnel et à la psychologie. L’animation est parfois en conflit avec le contenu. Aujourd’hui, ça prend non seulement les compétences, mais la personnalité qui vient avec.»

Le colloque a été préparé par une douzaine de conseillers pédagogiques, d’une quarantaine d’animateurs et soutenu par une vingtaine de bénévoles, la plupart retraités du monde de l’éducation. L’événement ouvrira la porte à une gamme d’activités dans les années à venir, promet Marc St-Pierre.

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