Un dimanche à la confesse

Par Josée Pilotte

J’aime les dimanches matins d’hiver, frettes de préférence.

J’aime les dimanches pour une seule et unique raison: j’aime me sentir moins coupable d’être encore là, midi bien sonné, encore assise dans mon sofa, encore en pyjama, devant la tivi…

Me tape donc, tous les dimanches de ce merveilleux hiver, deux émissions «back-à-back» à ARTV (ARTV, je sais, je sais… je fais partie des 26 personnes qui écoutent la chaîne au Québec).

La première: C’est juste de la TV animée par André Robillard qui fait une rétrospective, une critique et un débat sur diverses émissions tant québécoises qu’étrangères.

L’autre: Cabine C avec Christiane Char­rette qui, chaque semaine, interviewe artistes, politiciens, journalistes, etc dans une sorte de «module» (la fameuse «cabine») en communiquant via un téléprompteur qui, j’avoue, semble un brin bizarroïde au début… mais à la longue cette cabine, qui prend l’allure d’un confessionnal, porte à la confidence ce qui rend le tout introspectif et sympathique.

Alors, v’là-tu pas qu’à l’émission C’est juste de la TV, Marc Cassivi critique (ou)vertement une émission diffusée sur la chaîne Fox, The Moment of Truth, dernière téléréalité malsaine et voyeuriste, mais ô combien divertissante où les participants doivent dévoiler leurs secrets les plus intimes pour une rondelette somme (possible) de 500 000$!

Huum, avouez que c’est que c’est tentant… et comme on est tous un peu à la recherche de la «Vérité», difficile de ne pas succomber et d’y jeter un petit coup d’oeil. Ce que je fis le mercredi suivant.
– Avez-vous déjà volé votre employeur?
– Avez déjà eu des pulsions homosexuelles?
– Au cours du dernier mois, avez-vous conduit sous influence d’alcool ou de drogue?
– Êtes-vous encore en amour avec votre ex?
– Trouvez-vous toujours votre femme attirante?
– Traitez-vous votre belle-mère de «grosse vache» devant vos amis?
Ça, c’est juste les questions à 10 000$… vous pouvez imaginer ce à quoi le con doit répondre pour un demi-million!?
… Et tout ça devant son conjoint, ses parents, ses collègues, même sa belle-mère… et je ne sais combien de millions de téléspectateurs, juges, qui vous condamnent, vous scrutent, vous déshabillent.
… Et tout ça branché à un détecteur de mensonges (non mais, on est-ti loin du show de Patrice Lecuyer!) C’est pire qu’une mise à nu du corps, c’est carrément une confession publique et impudique. Mais où va-t-on s’arrêter? En tout cas…
… Avec tout ça, je suis passée vite de dimanche midi – avec C’est juste de la TV et Cabine C – à mercredi avec The Moment of Truth pis j’en ai oublié au passage l’essentiel (à part bien sûr le lavage, le ménage, les enfants et Chéri): ma soirée dominicale en «délicieuse» compagnie (À la Di Stasio en Ardèche) entre le saucisson sur la braise et le beurre-minute, dans un décor magnifique en compagnie de gens simples qui connaissent l’art de vivre, qui savent. Je suis presque tombée amoureuse (très chanceuse la Josée Di Stasio). J’pense qu’elle le savait d’ailleurs: elle lui aurait bien laissé faire une terrine dans sa cuisine, au joli monsieur.

Je suis presque aussi tombée amoureuse lors de Tout le monde en parle. C’était cette fois-ci avec le réalisateur Yves Christain Fournier du film «Tout est parfait»; disons qu’il portait bien le titre de son film: par-fait. Vif, sens de la répartie, brillant… cool, quoi! Ça donne le goût d’aller voir le film (lisez la chronique de Stéphane Desjardins, notre chroniqueur cinéma, cette semaine, qui en dit long sur le sujet, et qui le fait avec émotion, sur un ton et des mots justes).

Bon bon, on se calme, je ne sais pas pourquoi je vous raconte tout ça,

une maudite chance que je ne passe pas mes grandes journées devant la tivi, ce serait une vraie catastrophe intellectuelle. Moi qui trouvais indécents les participants de The Moment of Truth, je trouve que je me dévoile un peu trop sur mes dimanches en pyjama (je m’serais bien rendue à un gros 500$ avec tous ces aveux non?!…)

Parlant de moment de vérité et pour glisser subtilement sur un autre sujet: les élections municipales vous font-elles palpiter autant que mes dimanches devant la tivi? En tout cas, y’en a un qui aurait bien aimé se soumettre au détecteur de mensonges pour se défaire de l’ombre du «gros méchant bonhomme Lupien». Imaginez le pauvre homme: y’a fallu qu’il se rendre chez un notaire (!) pour prêter serment qu’il ne le connaissait pas. Ça c’est du divertissement mes amis!

Le 24 février prochain auront lieu les élections à Sainte-Adèle… de grâce ne faites pas comme moi, ne passez pas ce dimanche-là, en pyjama!

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