Un trop grand territoire pour trop peu de policiers

Par Eric-Olivier Dallard
Un trop grand territoire pour trop peu de policiers

Le projet-pilote lancé la semaine dernière par la MRC des Laurentides, à l’invitation du ministère de la Sécurité publique du Québec, vient de dégager un premier constat. La population considère le territoire trop grand pour le nombre de policiers mis à sa disponibilité.

Voilà principalement ce qui ressort des présentations publiques qui ont eu lieu plus tôt la semaine dernière dans des secteurs névralgiques de la MRC des Laurentides, première à accueillir ce projet-pilote, mis sur pied dans le but de sécuriser la population en matière de criminalité.
«Les gens sont amers et frustrés, affirme Rachel Lacombe, coordonnatrice du projet. Il faut les rassurer, leur dire qu’on aura des ressources supplémentaires dans les années à venir.»

Les questions fusaient tout autant au sujet de l’Opération Cisaille. Là également, les craintes se multiplient. Pourtant, les statistiques de 2002-2003 démontrent que la région a connu une baisse substantielle d’infractions relatives au drogues durant cette période (11,9%). En 2004-2005 toutefois, la baisse était moins marquée (3,8%). Dans ce dossier, les responsables du projet-pilote ont décidé de cibler d’abord les municipalités de Sainte-Lucie, Lanthier et Val-des-Lacs.

Quatre volets distincts

Outre la problématique de l’insécurité relative à la culture du cannabis, le comité local de prévention de la criminalité mettra également l’emphase sur la violence conjugale, la violence et l’intimidation faite aux jeunes et l’insécurité des aînés par rapport aux jeunes. De nombreuses activités seront mises de l’avant pour tenter d’augmenter peu à peu le sentiment de sécurité de l’ensemble de la population. «On veut rencontrer les jeunes de la première à la quatrième année pour les sensibiliser au phénomène de la violence conjugale, explique Rachel Lacombe, préparer des activités de rapprochement entre les aînés et les jeunes et établir un sondage dans les milieux scolaires afin de cibler les besoins des élèves pour mieux agir par la suite.» Autant de moyens, estiment Mme Lacombe, pour prévenir la criminalité dans les Laurentides. Un dossier dans lequel il faut être patient. Selon les données, il faut compter en moyenne sept années avant de mesurer l’impact de tels projets.

Pour l’instant, seules deux autres régions se sont jointes à la MRC des Laurentides dans l’élaboration de ce projet-pilote. Si l’expérience s’avère concluante, le ministère de la Sécurité publique entend importer le projet dans chacune des localités de la province. Quand on sait qu’au Québec, les adolescents commettent deux fois plus d’infractions criminelles que les adultes (3 818 contre 1851), on saisit vite l’urgence de mettre en place telles mesures.

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