Un vrai bonheur!

Par Stephane Desjardins

Live Free or Die Hard

Dans le rayon des films de gars, la franchise Die Hard occupe une place spéciale. Contrairement aux super héros habituels du cinéma hollywoodien, le personnage central de ces films à grand déploiement, John McClane (Bruce Willis), est présenté comme ce flic ordinaire qui réussit sans démordre des exploits que le commun des mortels ne saurait accomplir.

Ce qui ajoute donc beaucoup de «crédibilité» à ce genre de film habilement cousu de fil blanc. Car, c’est clair: personne ne survit normalement aux coups de feux dans la poitrine, aux coups de poings ou aux prises de kung fu en série, aux attaques de chasseur supersonique, aux chutes d’hélicoptère, aux glissades sur plusieurs étages amorties par des conduites de ventilation, aux… (dois-je continuer?).

Voici pourquoi le courant passe dans cette série; alors qu’avec d’autres films similaires, on n’y croit pas tellement: le scénario est si habilement construit que les choses les plus invraisemblables passent comme dans du beurre. Comme cette scène où McClane descend un hélicoptère avec son auto patrouille! Ou ces hackers qui accèdent à des choses ultrasophistiquées comme les codes d’attaque des chasseurs américains, les systèmes de contrôle des attaques d’Anthrax au QG du FBI, ou ceux qui régularisent les flux de gaz naturel dans les pipe-lines. Comment peut-on faire ça depuis un portable, en quelques minutes? Les méchants de «Live Free or Die Hard» multiplient ces prouesses le temps de cligner des yeux.

McClane est également «crédible» dans le rôle de sauveur du monde de plus en plus couvert de sang et d’ecchymoses au fur et à mesure que progresse l’histoire. C’est la marque de commerce de son personnage et Willis excelle dans le genre. Avec l’avalanche de coups et de chutes, ce dernier perd progressivement de sa superbe mais non son sens de l’humour. Le gars s’acquitte de sa tâche avec l’acharnement d’un chien enragé (vous avez pigé l’humour subtil?). Mais c’est un honnête tâcheron, un héros ordinaire, en qui le mâle normalement constitué peut s’identifier sans rougir. Surtout que Willis vieillit et que ça commence à paraître à l’écran.

Mais le personnage est littéralement immunisé aux balles. On lui tire dessus de partout: du ciel, de voitures en marche, de buildings, d’hélicoptères, etc. Mais Dieu que les méchants tirent mal. Ils le ratent au revolver, à l’arme semi-automatique, au fusil d’assaut, à la mitrailleuse, au canon mitrailleur de chasseur bombardier. Il survit même à une attaque de missiles…

Le gars a le cul béni. Il multiplie les accidents de la circulation, les voitures revolent autour de lui. Mais il gagne systématiquement la partie. Et finit par sauver sa ville, son pays, le petit hacker nerd (mais le seul qui peut battre les cyber terroristes sur leur propre terrain) et même sa fille.

Cela dit, malgré tous ces impairs, on apprécie et on en redemande. Car ce film multiplie les scènes spectaculaires à un train d’enfer. L’action, les belles filles, les meurtres en série, les méchants qui meurent cruellement et, surtout, l’humour: tous les ingrédients sont là pour nous faire oublier que la vie est fondamentalement injuste. Car il y a des gars comme McClane pour rectifier le tir.

En passant, le titre du film s’inspire de la devise de l’état du New Hampshire (Live Free or Die). Et, chose réjouissante, les terroristes ne sont pas Arabes mais de purs Américains. C’est réellement rafraîchissant!

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