Une cinquantaine d’ours noirs capturés depuis le début de l’été

Par Nathalie Deraspe

Des animaux sauvages s’aventurent en ville

Depuis quelques semaines, la pénurie de petits fruits pousse les ours bruns à s’approcher des résidences. Certains deviennent suffisamment frondeurs au point de monter sur les galeries des maisons. Péril en la demeure.

Le phénomène est cyclique, tempère le sergent de la faune Alain Rioux. Il n’empêche qu’une cinquantaine de bêtes ont dû récemment être relocalisées. Plus de 10 d’entre elles ont même été abattues.

En général, l’ours noir ne s’en prend pas aux humains. Dans les 30 dernières années, les spécialistes ont noté de 4 à 6 incidents, tout au plus. «On a l’empreinte du Petit chaperon rouge, illustre Alain Rioux. On a peur des ours, on a peur des loups. Mais quand l’ours se lève debout, ce n’est pas pour attaquer, mais pour mieux sentir.»

Il faut tout de même savoir que l’odorat de l’ours capte les odeurs sur une distance de 5 à 10 kilomètres à la ronde. Dans les Laurentides, le développement résidentiel empiète de plus en plus sur l’habitat de l’animal et la gestion des déchets comme du quotidien interfère sur les visites inopportunes de ce mammifère omnivore, qui varie son alimentation au rythme des saisons. Alors qu’au printemps il se nourrit de petits fruits, l’ours noir devient carnassier à la mise bas. Il s’attaque alors au cerf et à l’orignal. En été, il recherche davantage des petits fruits, tandis qu’à l’automne, il est friand de noix et de glands.

La recette du trappeur

Sans qu’on le sache, notre mode de vie reproduit exactement ce le trappeur cherche à faire, indique M. Rioux. On met des bacs remplis d’ordure au chemin (un coup de pattes et l’ours découvre un buffet), on fait du compost (de quoi attirer les moins gourmands d’entre eux), on nourrit les oiseaux (les ours raffolent des écailles de tournesol), on nourrit les cerfs (qui font partie de son alimentation) et on fait griller un steak sur le barbecue! Jusqu’à 90% du phénomène de rapprochement des ours a été réglé au parc de Mont-Tremblant avec des bacs «anti-ours». Ces récipients à ordure sont fait de manière à ce que la bête soit incapable de les ouvrir.

Cette année, les bêtes sont particulièrement actives dans les secteurs de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et de Sainte-Agathe. Des résidants de Saint-Donat ont même observé des loups et des coyotes à proximité des maisons.

Pour venir à bout du problème, les agents de la faune proposent de laver fréquemment le bac à ordures, de l’insérer dans un abri solide, d’éviter de nourrir les oiseaux en période estivale, de toujours bien récurer les grilles du barbecue, de nourrir les animaux de compagnie dans la résidence et d’éviter de laisser les portes et fenêtres ouvertes lorsqu’on fait de la friture. Le sergent Alain Rioux considère qu’on ne devrait jamais nourrir les cerfs. Ceux-ci attirent non seulement les moufettes mais également les loups et les ours. Surtout, si jamais une de ces bêtes venaient à s’aventurer vers vos déchets, laissez-la faire. «L’ours est un animal sauvage, prévient M. Rioux. Il pourrait vous considérer comme un de ses semblables qui tente de voler sa nourriture. Même si la bête ne veut pas vous tuer, une claque et c’en est fait.»

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