Une épicerie sauvée par la communauté

Par Luc Robert (initiative de journalisme local)
Une épicerie sauvée par la communauté
Sophie Larose, coordonnatrice de la maison de ressources communautaires Sophie, a aidé à redresser l'Épicerie Laurel, devenue une Coop. (Photo : Courtoisie)

Coopérative de solidarité Laurel-Station

« Je me suis dévouée pour ne pas fermer l’épicerie. Sinon, c’eût été une catastrophe pour Wentworth-Nord. Elle possède une très grande importance pour la population local. » C’est en ces termes que Mme Sophie Larose a commenté l’évolution du commerce, qui a fait des petits, malgré des épisodes houleux.

La Coopérative de solidarité Laurel-Station est en effet née d’une initiative citoyenne de Laurel et de la partie sud de Lac-des-Seize-Île, qui voulaient ramener une station d’essence et d’autres services de proximité (épicerie, restaurant, internet à haute vitesse) dans le secteur.

La création d’un comité organisateur, en septembre 2009, a conduit à la fondation de la Coop Laurel Station, en mai 2011.

En raison du décès prématuré du propriétaire du Marché, Richard Paradis, à l’hiver 2011, membres et élus ont entrepris les démarches pour acquérir le commerce, soit une transaction conclue à l’automne 2011. Depuis ce temps, la coop opère l’épicerie/magasin général.

« La conjointe et héritière de feu de M. Paradis, Suzanne, a accepté la conversion en coop. Cela a été une belle mobilisation citoyenne. Lors d’une réunion du conseil d’administration, une résolution de demande de protection et d’arrangements avec les créanciers était sur la table. Plusieurs des 35 personnes sur place ont exercé des pressions, pour que je m’implique dans la survie. J’y ai sauté à pieds joints et je continue aujourd’hui », s’est souvenue Mme Larose.

Cette dernière a tenu le fort et le chiffre d’affaires atteindra sous peu les 2 millions de dollars. « Je trouverais inconcevable que des familles n’aient pas accès aux aliments. Le concept coopératif présente une dynamique. On s’est adapté à la communauté, avec 7 administrateurs, depuis la fondation de mai 2012. Le conseil d’administration a aussi été restructuré. »

Mme Larose habite une des maisons de la famille Paradis. Cela fait 17 ans qu’elle est établie dans le secteur ouest des Pays-d’en-Haut. « Personnellement, la vie a été bonne pour moi et je redonne aux gens. On est devenu un service adapté à la collectivité. J’ai de plus créé la Maison de Sophie, un organisme sans but lucratif se consacrant passionnément aux jeunes. On a aussi un comptoir vestimentaire. »

Souvenirs

Mme Larose se souvient de l’époque de Richard Paradis. « Il était très sociable. Je pouvais même aller prendre une bière avec lui, au comptoir de l’épicerie. Tout le monde se connaissait bien. Même la grand-mère habitait au 2e étage. »

Pour sa part, André Genest, préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut et ancien maire de Wentworth-Nord, s’est rappelé certaines circonstances. « Si ma mémoire est bonne, les assemblées se sont déjà tenues à l’épicerie, du temps d’un ancien proprio, possiblement la cousine Jeanne. »

Soulignons que M. Fernand Paradis, père de Richard, a été maire de la municipalité.

Coopération contagieuse

La création de la Coop Laurel Station a donné des idées à d’autres acteurs importants du développement de la municipalité, de sorte qu’une deuxième coopérative a été mise sur pied, pour assurer le développement du projet récréotouristique des quatre secteurs, constitués de Saint-Michel, Laurel, Montfort et Lac-des-Seize-Îles, qui forment: La Coop des 4 pôles. « On l’a gardée authentique, avec livraisons, surtout auprès de nos aînés. On se dirige vers un chiffre d’affaires de 700 000 $ », a repris Mme Larose.

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Gilles Dubreuil
Gilles Dubreuil
1 mois

Bravo, bravo e bravo