Une histoire d’horreur

Par Stephane Gendron

On ne gère pas une ville comme on gère un pays ou une province. On n’applique pas un Règlement municipal comme l’on applique une loi. La beauté de la gouvernance municipale s’incarne par la proximité et la compréhension.

Une ville importante des Laurentides (appelons-là «la Ville») ignore ces principes. Depuis un certain temps, une entreprise est victime d’un acharnement certain de la part des autorités. Le dossier s’est réglé devant la Cour ce mois-ci par un règlement. Cette entreprise en question a procédé à des agrandissements sans permis de la Ville. La situation n’est pas exceptionnelle. Plusieurs rencontres entre l’entreprise et la Ville ont permis d’établir certains faits intéressants.

Dans ce dossier qui constitue en soi une véritable saga, la Ville aurait mentionné à la propriétaire d’aller de l’avant avec les travaux et que, moyennant le dépôt de certains plans, le permis de la Ville suivrait. Première erreur de la Ville et de son département d’urbanisme. La Ville a donc laisser construire illégalement, et crie à la vierge offensée par la suite. Mais ce n’est pas tout. Durant les négociations, on exige une toiture particulière (environ 60 000$) alors qu’aucune exigence n’existe en vertu de la réglementation. Par la suite, la Ville se ravise et laisse aller. Comme si ce n’était pas assez, on exige une fenestration en bois pour finalement en venir à la conclusion qu’un mur pare-feu sera suffisant pour régler le dossier de façon globale.

La Ville joue au tango avec ses citoyens alors qu’elle a l’obligation d’appuyer ceux-ci dans leur démarche.

Et savez-vous l’odieux de toute cette affaire? La Ville, n’ayant pas émis de permis de rénovation et de construction à l’endroit de l’entreprise, a tout de même eu le culot de mandater l’évaluateur municipal afin de faire augmenter la valeur foncière de l’édifice et d’ainsi collecter une hausse du compte de taxes! Comment une Ville peut autoriser l’évaluateur municipal à tenir compte de travaux qu’elle n’a pas autorisés et prétendre bénéficier de taxes supplémentaires? L’action de la Ville est illégale sur le plan fiscal. N’y a-t-il pas turpitude des autorités municipales dans ce dossier?

Mais le plus grave est la situation suivante: la Ville s’est entêtée à engager des fonds publics dans une poursuite en justice qui aurait pu faire l’objet d’un règlement à l’amiable. Une séance de travail aurait pu régler toute l’affaire.

La preuve: on a réglé hors de Cour mercredi dernier. La Ville doit comprendre l’importance de ces commerçants qui constituent bien souvent le poumon économique de nos villes en région.

Si la personne est disposée à investir des centaines de milliers de dollars dans son entreprise, et qu’elle procure de l’emploi aux gens de chez-nous, je crois sincèrement que le Maire ou l’Administration municipale ont l’obligation d’être à l’écoute et au service.

Un Règlement municipal est aveugle et insensible. La Fonction publique et l’Administration sont là pour l’humaniser. Derrière une demande de permis se cache un citoyen. On a tendance à l’oublier.

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