Une réflexion sur le fric…

Par Eric-Olivier Dallard

«100 000 piastres?»

«100 000 piastres?! … C’est rien ça. C’est peu je veux dire. 200 000, là tu commences à parler. Pour moi en tous cas…»
Sur ces mots commençait l’une des dernières chroniques de Josée (La misère des riches, 20 avril, que l’on peut encore lire sur www.acceslaurentides.com, section «Espace griffé»)…

Elle y parlait, dans cette chronique-là, de l’une de ses amies pour qui l’argent est un étalon de la réussite, qu’elle affiche avec fierté. Josée, tout en déplorant cet étalage cliquant de son statut social, parvenait, presque psychanalytiquement, à expliquer ce comportement (déplaisant) de son amie.

Je vous dis d’emblée: autant puis-je détester au plus haut point les démonstrations de richesse des parvenus, autant respectai-je l’argent, ce qu’il permet. L’argent achète des paix; l’argent rachète des fiertés, apaise même des consciences. Il évite d’être trop confronté à certaines petites lâchetés. Il offre des choix, propose des trêves. J’ai vu des volontaires, passionnés, épouser avec passion des causes passionnées et nobles, se briser sur les réalités de l’Économie, éteints par le souffle du Capital.

J’ai vu des amours, forts et grands, beaux, mourir faute d’argent. Au sens littéral comme au sens littéraire.

Une nouvelle rapportée comme ça, cette semaine: selon une récente étude canadienne «les enfants bien nantis réussissent mieux à l’école». Surpris? Vraiment?

Que l’on ne s’y trompe pas; je n’affirme pas que sans moyens rien n’est possible… Le fric n’est pas une panacée. Il ne devrait jamais devenir un but en soi. Rien ne devrait être abandonné parce qu’il n’est pas au rendez-vous.

Bien au contraire, les plus grandes montagnes sont bougées à mains nues…

Dans cet Espace du 20 avril, Josée prend clairement position: «ce qui est important (ce n’est pas le fric), c’est ce que tu es, toi, tes histoires, tes bibittes…»
Étant plus existentiel qu’elle, pour moi l’on n’est que ce que l’on fait. Que produits-tu? Que livres-tu? Que fais-tu concrètement? Quels actes poses-tu? Quels livres lis-tu? Quelles «vérités» mets-tu en application? Que freinent tes doutes?

Comme le disait l’un des personnage central du film Fight Club, de David Fincher: «Vous n’êtes pas votre compte en banque; vous n’êtes pas la marque de jeans que vous portez…»

Non. Vous êtes ce que vous faites. Vous êtes vos actions. Cela vous définit tout entier.

Et puis, un peu, votre âme. À la fois modelée et exprimée par nos actes.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S’abonner  
Notifier de