Une Saguenéenne aux commandes du CSSS des Pays-d’en-Haut

Par Nathalie Deraspe

Sylvie Laganière veut allier la tête et le cœur

Le 1er février dernier, Sylvie Laganière était nommée au poste de directrice générale du CSSS des Pays-d’en-Haut après six mois d’intérim assuré par le directeur adjoint de l’établissement, Richard Lyonnais. Accès l’a rencontrée dans ses bureaux de Sainte-Adèle. Portrait d’une dame qui ne parle pas la langue de bois.

Sylvie Laganière a porté plusieurs chapeaux avant de se sentir suffisamment confortable pour coiffer celui de gestionnaire. L’ex-infirmière l’avoue d’emblée, elle n’avait pas de plan de carrière. Quelques minutes suffisent toutefois pour comprendre qu’on a affaire à une passionnée. Une fille qui se considère comme privilégiée. C’est sans doute ce qui l’a conduit dans plusieurs pays d’Afrique où elle a œuvré pour des organismes comme Médecins sans frontières et Oxfam. «J’ai beaucoup de respect pour les gens qui donnent de leur temps avec assiduité, confie Sylvie Laganière. Des bénévoles qui se rendent chaque semaine au chevet des malades ou qui s’impliquent comme Grands frères ou Grandes sœurs, par exemple. Moi, je n’ai jamais eu cette patience-là, s’excuse-t-elle.»

Le réseautage avant tout

La nouvelle directrice générale du CSSS des Pays-d’en-Haut considère que le gestionnaire idéal doit être en mesure d’allier la tête et le cœur. «Je travaille avec des gens qui oeuvrent auprès de personnes vulnérables. Il faut donc avoir suffisamment d’humilité pour reconnaître que seuls, nous ne sommes rien et que parfois il vaut mieux faire marche arrière que de foncer inutilement. Le CSSS a un rôle central à jouer. Il faut mettre les gens au cœur des préoccupations et donc mettre notre ego et notre goût du pouvoir de côté. Et surtout ne pas oublier que nous gérons les deniers publics, vos taxes.»

Sylvie Laganière veut influencer la concertation des multiples organismes qu’elle a à gérer. Pour cette ancienne conseillère à la qualité, le réseautage demeure une tâche quotidienne.Mme Laganière ne semble pas s’offusquer outre mesure du sous-financement de la région en matière de santé. «Ce n’est pas tant l’argent qu’on a à notre disposition que ce qu’on fait avec qui compte. Mais s’il y a des représentations à faire, il ne faut pas attendre avant d’agir. Quand on veut, on peut faire beaucoup avec peu de moyens.» Pour l’instant, le CSSS est sous-financé à raison de 47 %. C’est pourquoi Mme Laganière entend mettre tout en son pouvoir pour favoriser des initiatives porteuses d’avenir. «C’est illusoire de penser que le CSSS va régler tous les problèmes et trouver toutes les solutions, admet Sylvie Laganière, mais c’est fou ce qu’une communauté peut faire quand elle travaille en concertation.»

Prudente, la nouvelle directrice générale n’a pas voulu commenter le débat sur la place du privé en santé. La question reviendra la hanter bien assez vite.

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