Vieillir: la marche est haute

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Par Bénérice Jetté
Vieillir: la marche est haute

Les grands ados

Si on se fie à l’anglais, l’adolescence dure de 13 à 19 ans (les teen), avant de passer à l’âge adulte. Et quand on pense ado, on voit celui de 15-16 ans, qui habite chez ses parents, étudie au secondaire, travaille le week-end pour l’argent de poche, et demande souvent des lifts. Mais si avant, ce même jeune était un pré-ado, qui est-il quand il vient d’avoir 20 ans et que, séduit par la vie adulte, il entreprend d’y entrer malgré ce que cela comporte ?

 

JP a 20 ans. Après le secondaire, vivant chez ses parents, il a travaillé à temps plein et suivi un rigoureux entraînement de Kung-fu. Propriétaire d’une voiture, et sérieux pour son âge, il a su faire la part des choses et dépenser modérément.

 

«Ma copine est étudiante au CÉGEP. L’envie de passer plus de temps avec elle m’a mené à revoir mes plans, et, il y a deux mois, j’ai plongé et commencé une nouvelle vie. J’ai quitté la maison

familiale pour m’installer en appartement, réduis mes heures de travail, et

commencé un DEP en soutien informatique», raconte JP.

 

Les priorités? «C’est de ne manquer de rien, explique JP. Au début, j’étais nerveux et je ne dormais pas bien. Il faut s’adapter au nouveau chez soi, à vivre à deux, et au fait que l’équilibre est fragile. À respecter nos priorités pour arriver. Il y a les comptes à payer, l’école et l’auto, mais on fait attention. Chaque cent compte, mais c’est la rançon de la liberté. On est chez nous et on fait ce qu’on veut», ajoute-t-il.

Vivre avec quelqu’un: un défi? «Quand on se fréquente, on voit seulement les bons côtés. On est toujours bien arrangés, reposés, et on sort. Mais une fois emménagés, on vit aussi les revers de l’autre; sa fatigue, ses habitudes, son linge sale qui traîne… Il faut savoir communiquer», lance JP en riant.

 

«Pour les loisirs, on s’en tient à des choses simples comme louer des films. Pour bien démarrer dans la vie, et encore plus avec quelqu’un qu’on aime, il faut s’investir. J’ai décidé d’arrêter le Kung-fu parce que ça me coûtait beaucoup en temps, argent et déplacements. J’ai aussi vendu ma guitare, pour nous donner un peu de ”lousse” financièrement. C’est des sacrifices qui valent la peine, pour voler de nos propres ailes», souligne-t-il.

 

Des parents présents? «Ma mère veut souvent savoir si tout va bien. C’est certain que c’est pas toujours facile, mais on est heureux. Il faut bien que la vie commence quelque part!», s’exclame JP.

 

Et l’avenir? «L’avenir pour l’instant c’est demain matin. On essaie de profiter du moment présent. En juin 2015 j’aurai terminé mon cours, et il y a beaucoup de chance de placement. Ma copine va aller à l’université après le Cegep, et on verra. Là, l’important c’est de garder le cap», conclut le jeune homme.

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