Violence conjugale : Martine Jeanson tend la main aux femmes

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Par Martine Laval
Violence conjugale : Martine Jeanson tend la main aux femmes
Martine Jeanson (Photo : Courtoisie)

Après s’être sortie des griffes de son bourreau et de sa vie d’enfer, Martine Jeanson co-écrit « Danseuse et maman » avec l’auteur Marc Fisher. Mettre son histoire d’horreur en mots est une telle thérapie que cela l’inspire à créer sa « mission de vie » en tendant la main à ces femmes qui subissent les terribles coups et contrecoups de la violence au quotidien. Rencontre avec une battante au cœur généreux et dévoué.

 

Toi qui a vécu l’horreur de la violence conjugale, pourquoi te lancer dans le redressement de la cause et te replonger de nouveau dans ces situations pénibles?

Parce que je n’ai pas eu de soutien dans ma situation et que je ressens l’immense besoin d’aider les autres en leur offrant l’espoir et les outils nécessaires pour s’en sortir. Il faut avoir vécu une telle situation pour vraiment en comprendre tous les enjeux et ne pas juger celles aux prises avec la violence intime entre partenaires.

Quel a été le déclencheur de ton désir de tendre la main aux femmes?

C’est mon envie constante que j’avais de vouloir mourir, mais la force qui m’a permis de me relever, de rebâtir ma vie et d’aujourd’hui être heureuse qui dicte ma mission. Aider et soutenir mes semblables à croire qu’une vie équilibrée est possible, même après l’enfer… au lieu de les savoir mortes pour ne pas avoir eu le soutien nécessaire pour s’en sortir.

Tu constates, dans ta démarche, à quel point notre système de justice n’est pas à la hauteur de la situation quand il s’agit d’intervenir et de protéger femmes et enfants. On en voit d’ailleurs le résultat avec les crimes de plus en plus nombreux qui ont lieu au Québec. Quelles sont tes intentions?

Parce que le système est loin de protéger les femmes et les enfants aux prises avec la violence conjugale et que ça ne peut pas continuer ainsi, je suis à travailler très sérieusement à faire changer les lois. Comme je suis sur le terrain et dans le feu de l’action, parce que je reçois énormément d’appels de détresse, je vois, j’entends, je vis les interventions policières et celles de la DPJ supposée protéger les enfants, j’entends ce qu’il se passe en cour et je suis outrée du manque de compassion envers les victimes qui doivent défendre leur cause et protéger leurs enfants alors que l’abuseur, véritable criminel, s’en sort avec « une tape sur les doigts », continue de cavaler, et revient abuser femme et enfants, les maltraiter, voire tuer leur victime. Les hommes ne subissent pas ou peu de conséquences pour leurs actes alors que la femme est laissée à elle-même. C’est assez! Les lois ne sont pas du bon côté et ça me révolte. Elles sont patriarcales et dépassées. Il faut que ça change!

Tu fais des « live » sur Facebook pour dénoncer des situations effarantes, tu donnes des ateliers de soutien tous les lundis soir, et tu veux ouvrir la Maison des Guerrières. Est-ce qu’on t’entend?

C’est incroyable de lire tous les commentaires de soutien et les appels de détresse que je reçois. Les participantes aux ateliers d’entraide et d’écoute sont nombreuses Je crois que la Maison des Guerrières, qui serait un endroit de reconstruction pour les femmes, est vraiment un projet nécessaire. Il ne suffit pas de cacher les femmes qui se sauvent. Il faut qu’elles puissent réapprendre à vivre, reconstruire leur estime d’elles-mêmes et leur confiance et se redresser, afin de reprendre goût à la vie. Elles sont traumatisées. Il faut les aider à se reconstruire. Je l’ai fait. Elles le peuvent aussi, avec l’aide d’une personne consciente de ce qu’elles ont vécu.

Le livre qui a sauvé Martine Jeanson : Le miracle de votre esprit du Dr Joseph Murphy. Éditions J’ai lu.

Danseuse et maman. Marc Fisher et Martine Jeanson. Éditions Libre Amérique.

Suivre Martine Jeanson et sa cause sur Facebook.

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christine brassard
christine brassard
1 année

J’aimerais m’impliquer mais je suis à Montréal