Vivre en intergénération grâce aux soins à domicile

Par France Poirier
Vivre en intergénération grâce aux soins à domicile

Carole Bouchard a accueilli ses parents dans une maison intergénérationnelle après que son père eut vécu une période en CHSLD. Celui-ci avait été placé en CHSLD à la suite de deux AVC. Avec le soutien de son conjoint Benoît et de leur fille cadette, qui vit toujours à la maison, tous sont déménagés dans une maison intergénérationnelle.

Le 30 septembre 2016, Jean Bouchard, alors âgé de 81 ans, est victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Quelques jours plus tard à l’hôpital, il subit un deuxième. « Il est tombé subitement dans la salle de bain. À l’hôpital, on nous a dit que son état était très grave et qu’il devait être placé en institution », se rappelle son épouse, Monique Roy.

« Ça arrive vite et on nous avait dit que mon père n’en avait que pour six mois à vivre. Il était en très grande forme avant ça. J’ai travaillé fort pour qu’il aille en réadaptation, mais ça n’a pas été possible puisqu’on disait qu’il n’était pas éligible compte tenu de sa condition. Finalement, j’ai dû avoir recours au privé pour qu’il puisse faire de la physiothérapie. Le thérapeute se rendait au CHSLD deux à trois fois par semaine et on a constaté de nombreux progrès au point de retrouver une certaine mobilité. Si on ne l’avait pas pris en charge, il ne serait plus là », relate Carole. Son épouse Monique y allait tous les jours pour s’assurer qu’il ait de bons soins. « On a besoin d’une proche aidante, d’une très proche aidante », souligne Jean Bouchard qui n’a pas perdu de son sens de l’humour. Monique Roy et Jean Bouchard fêteront cette année 58 ans de mariage.

La pandémie

Les parents de Carole demeuraient sur la Rive-Sud de Montréal alors qu’elle et sa famille habitent les Laurentides. Après une visite au CHSLD avec son conjoint Benoit, ils ont convenu de trouver une solution pour que ses parents puissent venir vivre avec eux, trouvant la situation de son père bouleversante.

Après discussion, l’idée de vivre tous ensemble dans une maison intergénérationnelle a été le projet de famille Bouchard-Gauthier. Le projet s’est mis en branle, mais la pandémie a retardé le tout. C’est finalement après le premier con-finement, l’été dernier, qu’ils ont pu tous emménager ensemble. « Il vaut mieux vivre en famille que dans une institution, que ce soit un enfant, un parent ou des personnes âgées. Depuis les années 70, il s’est installé une forme d’individualisme. On a tous fonctionné dans ça, mais il faut retrouver une forme de collectivité », a souligné madame Roy, soulignant la grande générosité de sa fille et son gendre.   

« En tant que famille, on a choisi de vivre ensemble comme nos ancêtres ou comme dans certains pays. On a vu le retard physique que mon père avait pris pendant la pandémie. Alors pour nous, le choix était clair », ajoute Carole. Pour Alexie, de vivre auprès de ses grands-parents est aussi un privilège. « Quand mamie débarque pendant un zoom pour offrir un morceau de sucre à la crème, je me considère chanceuse », ajoute en riant Alexie.

Des services à domicile trop méconnus

« Si on nous avait informé au préalable de toutes les options et services que l’on pouvait obtenir, on aurait opté pour ce choix dès le départ. À ce moment-là, ce n’était pas une option, la neurologue l’avait condamné à six mois à vivre et sa condition physique ne le permettait pas », explique Carole. « On avait constaté les progrès de mon père avec la physiothérapie. Nous avons donc décidé de voir ce qui était possible d’obtenir comme soins à domicile.  J’ai fait des démarches avec le CLSC des Pays-d’en-Haut et c’est un ergothérapeute qui a piloté le dossier d’intégration pour son retour à la maison. C’est ainsi qu’une travailleuse sociale, un ergothérapeute et des auxiliaires nous soutiennent pour pouvoir garder mon père à la maison. » La famille de Jean Robert n’a que des bons mots pour les services à domicile. « C’est précieux comme soutien », ont-ils fait savoir.

« Je pense que le gouvernement devrait favoriser le maintien à domicile en aidant les familles à se payer des services. Nous, on pouvait se payer un physiothérapeute. Si le gouvernement aidait, il y aurait peut-être moins de gens en CHSLD. C’est important », souligne madame Roy.

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Linda Pelletier
Linda Pelletier
20 jours

C’est exactement ça qu’on a fait mes sœurs et moi on a demandé l’aide à domicile et ma mère a pu demeurer avec moi jusqu’à la fin sans l’aide du clsc elle serait décédée seule à l’hôpital . Il faut s’informer car ça existe les services d’aide.
Merci d’avoir bénéficié de cette aide