Y a-t-il un âge limite pour s’attaquer à un grand défi?

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Y a-t-il un âge limite pour s’attaquer à un grand défi?

Chronique du Marathon du P’tit Train du Nord


Jean-Yves Cloutier, collaboration spéciale
Le meilleur moment pour s’attaquer à un grand défi, votre premier marathon par exemple, c’est au terme d’un programme d’entraînement à votre mesure que vous aurez eu le temps d’exécuter rigoureusement. Mais au-delà de cette évidence, je vous suggère cet autre moment propice, qui coïncidera idéalement avec le premier: lorsque survient dans votre vie un changement de décennie.
J’ai à peine besoin de vous le suggérer! Comme entraîneur, il m’arrive régulièrement de côtoyer des coureurs qui me confient discrètement leur grand projet, soit de s’entraîner pour relever un nouveau défi, car dans quelques mois, ils auront à franchir la dure barrière psychologique des 30, 40, 50 ou 60 ans! Ils cherchent donc à réaliser un exploit personnel pour immortaliser cet événement historique… ou pour l’exorciser!
En vous éloignant tranquillement de votre jeunesse, pourvu que vous ayez une bonne préparation et que votre objectif soit avant tout réaliste et réalisable, l’accomplissement d’un grand défi au tournant d’une décennie, c’est possible. Mais en quoi le moment est-il propice?
La course à pied est un sport dans lequel nous avons hâte de vieillir!
Si vous faites de la compétition depuis quelques années, vous savez que dans le monde de la course à pied, on n’a pas vraiment peur de vieillir. Le changement de décennie est même souvent le bienvenu, parce qu’en changeant de catégorie d’âge, on augmente automatiquement ses chances de gravir les échelons vers le haut du classement. Pas étonnant que les podiums soient garnis de jeunes quadragénaires, quinquagénaires et sexagénaires… Tant qu’à relever un défi, optimisez donc votre classement. C’est le fun être champion à 50ans!
Si, après mûre réflexion, votre projet vous apparaît un peu trop ambitieux et que vous craignez la contre-performance, vous avez deux options: révisez à la baisse votre objectif initial (en matière de chrono ou de distance, par exemple) ou accordez-vous une année supplémentaire d’entraînement.
Après tout, en principe, vous atteindrez votre objectif au cours de la même décennie!
Une autre bonne raison de faire coïncider la poursuite d’un rêve avec un changement de tranche d’âge : avoir enfin la possibilité d’atteindre un standard qui nous a échappé jusque-là. Le standard par groupe d’âge, c’est la note de passage pour être admis à des événements de rêve comme le célèbre marathon de Boston. Chaque année, combien de coureurs ratent de quelques minutes seulement ce fameux standard adapté par tranches de cinq ans ? Bonne nouvelle, il y a toujours de l’espoir, tant qu’on vit !
Les records sont faits pour être battus…
Même en vieillissant !
Bien sûr, il n’y a pas que le marathon de Boston pour souligner avec éclat le tournant de la quarantaine ou de la cinquantaine. Pourquoi ne pas lorgner du côté des meilleures performances de son club, par exemple ? Au club Les Vainqueurs, nous avons mis sur pied, il y a une trentaine d’années, un tableau des records en deux volets, route et piste, chez les hommes et les femmes, par catégories d’âge de cinq ans.
Ce tableau des records est une excellente source de motivation pour les membres du club. Bon, il y a certains records qui sont vieux de 30 ans. Ils sont durs à battre ! Mais d’autres sont régulièrement mis à jour. Bonne raison de s’entraîner un peu plus sérieusement… et de bien vieillir !
 
Jean-Yves Cloutier est Entraîneur et auteur des livres Courir au bon rythme.
 

Rachelle-Béry Saint-Sauveur, fière commanditaire du Marathon du P’tit Train du Nord.

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