Y a-t-il trop d’épiceries à Saint-Sauveur ?

Par Production Accès
Y a-t-il trop d’épiceries à Saint-Sauveur ?

Développement commercial

 

Françoise Le Guen – Le secteur du commerce de détail éprouve des difficultés. On voit d’ailleurs des affiches « à louer » ou « à vendre » sur les devantures des magasins un peu partout. Qu’en est-il à Saint-Sauveur ? On s’est concentrés sur les épiceries et on a interrogés les principaux acteurs dans ce domaine.

 

Selon Pierre Urquhart, le directeur général de la Chambre de commerce et de tourisme de la Vallée de Saint-Sauveur, les cinq épiceries présentes sur le territoire offrent un choix correspondant à une haute qualité de vie. « Je n’ai jamais entendu dire qu’il y avait trop d’épiceries à Saint-Sauveur. De plus, la population, initialement de 10 000 habitants, augmente considérablement surtout durant l’été compte tenu des résidences secondaires. Et comme il n’y en a pas à Piedmont et Sainte-Anne-des-Lacs, les gens viennent ici. Les épiciers ne se plaignent pas, je les rencontre souvent et personne ne fait allusion à cela. Tout le monde se tire très bien d’affaires, tout est positif! S’il n’y avait pas les résidences secondaires, probablement que ça serait beaucoup trop. »

Développer en gardant l’identité

Quelle est la vision de M. Urquart au sujet du développement commercial de Saint-Sauveur ? « Il y a quelques semaines, on a parlé de la difficulté d’amener des entreprises manufacturières parce que notre marque de commerce ici, c’est le plein-air. On ne peut pas détruire des forêts pour faire des usines. Le plus important est de conserver le cœur du village comme il est actuellement avec les améliorations qu’il y a à faire, qu’elles soient modernes ou pas, tout en préservant notre identité, nos maisons anciennes, le cachet. On essaye aussi de préserver les circuits de sentiers de plein-air. Et il faut garder nos commerces dans le cœur villageois, les aider, les encourager. » Selon lui, il faut que tout le monde travaille de concert, les commerçants et la ville, particulièrement le service de l’urbanisme. « Ce sont eux qui émettent les lois. Ils ont fort à faire pour préserver ce qu’on a. »

Un maire positif

Jacques Gariépy, le maire de Saint-Sauveur, ne croit pas qu’il y ait trop d’épiceries. « Cinq épiceries ici, ça peut paraître beaucoup, mais il n’y a jamais 10 000 habitants, il y en a toujours beaucoup plus, entre 15 et 20 000 et l’été, ça peut aller jusque dans les 25 000. C’est sans compter ceux qui ont des chalets plus au nord ou qui vont à Wentworth-Nord ou plus dans l’ouest sur la 364. Beaucoup de gens s’arrêtent le vendredi à Saint-Sauveur et font leur épicerie. Je pense que tout le monde trouve son compte. Il n’y a jamais personne qui s’est plaint ou qui voulait fermer parce qu’il n’y avait pas assez de population. C’est sûr que tout le monde serait content d’augmenter son chiffre d’affaires, mais il y a une raison pour que les grosses bannières décident de s’installer ici. Il y a des lignes d’attente continuellement. Il y a tout le temps du monde partout. »

Le maire de Saint-Sauveur, Jacques Gariépy
Développer le tourisme

Question développement économique, selon le maire, ici, l’industrie c’est le tourisme. « Notre rôle, c’est de rendre la ville la plus invitante possible. Il faut attirer des touristes, des villégiateurs. Comment ? En investissant des sommes importantes dans notre Chambre de commerce. On y investit 300 000 $ par année et elle crée des événements qui amènent du monde ».

Ce dernier souligne qu’à partir du mois de mai jusqu’à la fin octobre, les gens savent qu’il va y avoir des activités toutes les fins de semaine. « L’habitude est créée. On investit de l’argent également dans le Festival des Arts de Saint-Sauveur (FASS). On veut qu’il reste ici, c’est un événement majeur au Canada. Pendant le Festival, le chapiteau, les boutiques et les terrasses sont remplis. Notre rôle est d’attirer du monde ici pour que les gens dépensent de l’argent dans nos boutiques et dans nos restaurants. Il faut se concentrer sur ce qu’on a de meilleur, l’industrie touristique. »

 

Le point de vue des épiciers

Super C

« Il n’y a pas trop d’épiceries, tous les clients peuvent y trouver leur compte. Super C est le seul supermarché à escompte, nous avons des produits à bas prix. Les clients qui veulent des produits un peu plus haut de gamme ont le choix d’aller chez Provigo ou IGA. De notre côté, nous sommes vraiment en progression fulgurante et d’après moi, les clients ne trouvent pas qu’on est de trop », soutient Pierre-Paul de Montigny, le directeur. Remplaçant un Metro, le Super C est en place depuis deux ans.

Provigo le Marché

« On va s’entendre que, pour plus ou moins 20 000 âmes à Saint-Sauveur, oui, je trouve que cinq épiceries, c’est peut-être trop. Mais chacun a le droit de faire sa propre compétition », estime Jean-François Daigneault, le directeur du Provigo le Marché, nouveau Provigo présent depuis 2013, mais installé depuis les années 80 en tant que Provigo franchisé avant qu’il fasse partie de Loblaws dans les années 2000.

Jean-François Daigneault, le directeur Provigo Le Marché.
IGA Extra Famille Jasmin

« Je ne crois pas. Non il n’y a pas trop d’épiceries à Saint-Sauveur », pense Christian Jasmin, propriétaire du IGA Extra Famille Jasmin. Le IGA est en opération depuis 2013.

Rachelle-Béry

Selon Daniel Dubé, propriétaire de l’épicerie Rachelle-Béry, « chacun a des besoins différents et nous sommes la seule épicerie spécialisée. Pour ce qui est des épiceries traditionnelles, je ne peux pas vous répondre ». Rachelle-Béry est présent depuis 2006 à Saint-Sauveur, et depuis cinq ans dans le local actuel.

Daniel Dubé, le propriétaire de l’épicerie Rachelle-Béry.
S. Bourassa Saint-Sauveur

Du côté du magasin Bourassa, Jean Vallières considère qu’il n’y a pas trop d’épiceries, « tout le monde a le droit de vivre ». Bourassa ouvrait ses portes en décembre 1997.

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Alain Daviault
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Alain Daviault

On peut présumer que le dilemme d’avoir trop d’épiceries éloigne le jeu d’oligopole! Que sait-on vraiment des pertes de PROVIGO , IGA EXTRA et SUPER C . Dans la même ordre logique du développement économique que le maire, allons-nous accepter la venue d’une épicerie supplémentaire pour satisfaire les intérêts des touristes.