Après 8 ans, Agnès Grondin quitte la politique satisfaite de son bilan
Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)
Après deux mandats à l’Assemblée nationale, la députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, tourne la page. Celle qui a annoncé qu’elle ne sollicitera pas un troisième mandat affirme quitter la politique avec le sentiment du devoir accompli, convaincue d’avoir fait avancer plusieurs dossiers pour son comté et d’avoir laissé sa marque, notamment en matière d’environnement.
Élue une première fois en 2018 sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ), Agnès Grondin dit avoir franchi le pas en politique pour deux raisons précises.
« La première était que je souhaitais qu’il y ait une voix plus importante pour Argenteuil au niveau de Québec, je trouvais que notre territoire avait été pas mal abandonné au cours des années et qu’il y avait plusieurs dossiers qui n’avançaient pas. L’autre raison, c’est que je voulais qu’on accorde une certaine importance à la protection de l’environnement, puis je trouvais qu’avec la CAQ, la page était quand même assez blanche », résume-t-elle.
Huit ans plus tard, elle considère avoir atteint ces objectifs. « Je suis contente de ce que j’ai réussi à accomplir. Ça va même au-delà de ce que je pensais être capable de faire. »
Selon le bilan présenté par la députée, près de 175 millions de dollars ont été investis dans des projets issus des 17 municipalités d’Argenteuil au cours des quatre dernières années. Plus de 117 millions ont notamment été consacrés au réseau routier local, près de 12 millions à des projets municipaux, plus de 34 millions à des organismes et entreprises, ainsi qu’environ 9 millions à des infrastructures liées à l’eau et à l’adaptation aux changements climatiques. Le programme de Soutien à l’action bénévole a également permis de financer quelque 535 projets locaux depuis 2022, pour une valeur totale de près de 873 000 $.
Une fierté environnementale
Agnès Grondin estime que sa plus grande contribution dépasse les frontières de sa circonscription, malgré plusieurs réalisations dans Argenteuil.
Au cours de ses mandats, elle a notamment agi comme adjointe parlementaire auprès des ministres de l’Environnement et des Affaires municipales. Elle souligne avec fierté sa participation au Plan Nature 2030, à la création du Fonds bleu consacré à la protection de l’eau ainsi qu’au Plan national de l’eau. « Je considère que notre plus grande richesse, c’est notre eau. Il fallait qu’on s’en occupe. »
Elle rappelle également avoir consacré beaucoup d’énergie à faire reconnaître l’importance de la conservation de la biodiversité.
Les défis de la politique
Malgré un bilan positif, la députée reconnaît que la politique comporte aussi ses frustrations. Elle évoque notamment la discipline de parti, qu’elle juge parfois difficile à concilier avec les opinions des élus. « Il faut rester loyal à l’équipe, parce qu’il y a une ligne de parti. Mais dès qu’un député exprime publiquement un désaccord, c’est la fin du monde. Je trouve ça difficile. Dans une démocratie, j’aimerais que la ligne de parti ne soit pas la seule chose qui compte », affirme-t-elle.
« Je suis une fille d’équipe. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui s’est dit pendant huit ans, mais il faut parfois essayer de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. De l’autre côté, si tu réussis à influencer, c’est quand même une position qui peut être extrêmement agréable. »
L’expérience lui aura également permis de développer sa capacité à convaincre et à défendre ses idées. « J’ai appris à mieux argumenter. Il faut être capable de faire passer son message en deux minutes. Quand j’ai parlé d’environnement au premier ministre, je revenais à la charge, j’aiguisais davantage mes arguments, puis ç’a fini par payer », explique-t-elle.
Une autre façon de servir
Même si elle quitte la politique, Agnès Grondin insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une retraite. Selon elle, le contexte actuel, marqué par les préoccupations liées au logement, à l’économie et au système de santé, laisse moins de place aux enjeux environnementaux. « J’ai l’impression que je ne suis plus à la bonne place pour continuer mon travail d’éducation et d’influence. Je vais me rendre utile autrement. »
Après une pause de quelques mois, elle souhaitera revenir sur le terrain, auprès d’organismes environnementaux ou encore des petites municipalités, qu’elle juge souvent mal outillées pour développer des projets de protection de l’environnement. « C’est ce qui m’a le plus manqué pendant huit ans : être sur le terrain. Marcher les cours d’eau, voir les projets se réaliser. Je pense que c’est là que je peux apporter le plus », conclut-elle.