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Marion-Charpentier
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Aider les jeunes à trouver leur place, ici

Par Simon Cordeau

Du 7 au 11 février a lieu la Semaine des régions, avec des célébrations à travers le Québec. Pour Marion Charpentier, agente à Place aux jeunes Les Pays-d’en-Haut, c’est l’occasion de souligner les attraits de la région, pour que des jeunes choisissent de s’y établir et contribuent à sa vitalité.

L’année dernière, un spectacle virtuel avait mis de l’avant des artistes locaux. « Cette année, on a convenu que le tout virtuel, ce n’était plus tendance », confie Marion. C’est pourquoi la Banquise nordique aura lieu samedi, 12 février.

« On va se rendre à trois patinoires, à Sainte-Marguerite, à Sainte-Adèle et à Morin-Heights. On aura des chocolats chauds gratuits, il va y avoir de la musique. Le but n’est pas de recruter, mais de célébrer les Laurentides et la vie en région, de rencontrer les gens et de leur donner un peu d’amour. Et on sera ouvert à répondre aux questions », indique Marion.

Aussi, des capsules vidéos de type vox pop sont publiées durant la semaine. « On a sondé des personnes de 18 à 35 ans, comme des entrepreneurs, des jeunes qui viennent d’arriver dans la région et des jeunes qui ont toujours été ici. On les a questionnés sur différentes thématiques : les particularités d’habiter ici, les loisirs disponibles, pourquoi démarrer une entreprise dans la région, etc. », détaille Marion.

Venir (ou rester) ici

Le programme Place aux jeunes en région existe depuis 30 ans. « Dans les Pays-d’en-Haut, c’est seulement depuis un peu plus de 2 ans. De plus en plus de territoires sont financés », explique Marion. Agente pour le territoire de la MRC, elle travaille avec deux clientèles.

D’abord, elle guide et supporte des jeunes de 18 à 35 ans qui veulent venir s’installer dans les Pays-d’en-Haut ou qui sont récemment arrivés. « Notre approche est très personnalisée. À quoi ça ressemble, la vie ici? Est-ce Saint-Sauveur ou Sainte-Adèle qui ressemble le plus à mon style de vie? », illustre Marion.

Pour ce faire, elle utilise plusieurs outils, comme la Boussole des régions, qui permet aux candidats de trouver la meilleure région pour eux, ou l’organisation de séjours exploratoires. « On fait découvrir les Pays-d’en-Haut à une dizaine de personnes pendant une fin de semaine. Le logement et la nourriture sont inclus, ils sont gâtés. Il y a des conférenciers et du jumelage avec des employeurs, personnalisés selon les demandes des candidats. À la fin, ils se demandent : « Est-ce que je me vois ici? » Certains repartent même avec une offre d’emploi concrète. » Il y a deux ans par exemple, un séjour avait été organisé en collaboration avec le CISSS pour recruter des travailleurs de la santé.

Ensuite, Marion aide les employeurs de la région à trouver des employés qualifiés, c’est-à-dire qui ont un diplôme d’études post-secondaire ou plus de 2 ans d’expérience dans un domaine qualifié. « Les employeurs peuvent nous contacter gratuitement et nous envoyer leur offre d’emploi, qu’on met sur notre plateforme. Ça permet de contrer la pénurie de main-d’œuvre », indique Marion.

Le site de Place aux jeunes pour les Pays-d’en-Haut a publié plus de 400 offres d’emploi qualifiées en 2021.

Les obstacles

Marion aide aussi les jeunes à naviguer les craintes et les difficultés qui viennent avec un déménagement dans la région. « La première peur, c’est de ne pas se faire d’amis. C’est tout le côté social. « Comment je m’intègre? À Montréal, c’est tellement facile. » Ce qu’on leur dit souvent, c’est : « implique-toi! » Ici, il y a un esprit de village. On peut aller aux évènements, s’impliquer en faisant du bénévolat, trouver un projet qui nous parle et foncer. »

Place aux jeunes organise aussi des évènements qui permettent d’accueillir et d’intégrer les nouveaux arrivants, en les mettant en contact avec ceux qui sont installés ici depuis quelques années.

L’accès au logement est aussi un obstacle de taille. « Ça revient continuellement. C’est la bibitte noire », illustre Marion.

« Le plus dur dans mon travail, c’est de recevoir un courriel ou un appel d’un candidat qui doit repousser son rêve de venir ici, parce qu’il ne trouve pas de logement ou de maison abordable. On lui a trouvé un emploi qualifié, il comble la pénurie, il pourrait peut-être sauver une entreprise, mais il ne peut pas venir ici. C’est horrible », déplore l’agente.

Certains candidats finissent par choisir une autre région, où l’accès au logement est encore possible. Marion souhaite se rendre au conseil des maires en mars. « Je veux sensibiliser les maires et les mairesses, leur faire comprendre que si on veut que ça marche, il faut un meilleur accès au logement. »

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