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(Photo : Simon Cordeau)
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Des sentiers difficiles à tracer

Par Simon Cordeau

La Ville de Saint-Sauveur continue de développer ses réseaux de sentiers, dans l’objectif d’étendre son offre de plein air. Mais cela crée parfois des frictions avec certains résidents, dont au Mont La Marquise.

« Quand un projet se développe, le promoteur doit contribuer soit financièrement au fonds de parc, soit en terrain équivalent à 10 % de la superficie du terrain », indique Me Marie-Pier Pharand, qui représente la Ville sur le comité de liaison avec Plein Air Saint-Sauveur (PASS), en charge des sentiers.

Dans le cas du réseau au Mont La Marquise, des sentiers existaient déjà. Lorsque le projet de développement immobilier s’est réalisé, le conseil municipal a décidé de prendre les terrains, pour pérenniser les sentiers existants et pour en tracer de nouveaux.

Beaucoup de contraintes

Lorsque Martin Labelle a acheté son terrain au Mont La Marquise, il savait que la Ville possédait un corridor derrière son terrain. Mais celui-ci passe dans une zone humide.

« Il y a un ruisseau et un étang, de mars à juin environ. Il y a des petites grenouilles et des canards. […] Nous, on a choisi ce terrain-là justement parce que le promoteur nous a dit qu’il n’y aurait pas de sentier qui passerait là. »

Ainsi, il a fait l’architecture de sa maison et le paysagement de son terrain en fonction de cet espace qui, croyait-il, demeurerait vide. Mais l’été dernier, il a reçu un avis à l’effet qu’un sentier serait aménagé derrière chez lui.

« On a une sensibilité d’avoir une acceptabilité sociale, pour un sentier qui se retrouve dans la cour des gens. Il y a beaucoup de gens qui en veulent, et beaucoup qui n’en veulent pas », assure Me Pharand. Cependant, beaucoup de facteurs limitent où les sentiers peuvent être tracés, précise-t-elle. « Il y a un paquet de choses qu’on regarde au moment du lotissement, surtout concernant les normes réglementaires. » La protection de l’environnement est aussi une considération importante.

M. Labelle n’a rien contre les sentiers : lui-même les utilise pour faire de la raquette et d’autres activités. Mais il trouve que les randonneurs passent bien près de sa résidence et qu’il a peu d’intimité. « On est déçus, c’était un rêve de retraite. On a fait la maison avec plein de grandes fenêtres au nord, à l’est et au sud. » Un soir, un randonneur est même passé avec une lampe frontale. « Il nous voit chez nous, c’est sûr. »

Crédit : Simon Cordeau

Mitiger les inconforts

« On va essayer, dans la mesure du possible, de mitiger les inconforts. Malheureusement, on est parfois pris avec certaines contraintes », soutient Me Pharand. Parmi les solutions, elle nomme celle de planter des végétaux, pour créer un écran végétal, ou de mettre de la signalisation pour changer les utilisateurs permis.

Mais cela ne convainc pas M. Labelle. « On voit des gens à pied, en fatbike, beaucoup promènent leur chien et les trois quarts ne sont pas en laisse. […] J’ai compté 70 personnes un samedi après-midi. »

Les balises font désormais passer le sentier derrière la zone humide, plus loin du terrain de M. Labelle. Mais une autre portion du sentier passe toujours près de sa résidence, et M. Labelle craint qu’au printemps, les randonneurs passent ailleurs si le sentier est boueux. « Vous connaissez les gens : ils vont passer pareil. »

Outre la déception face au sentier, M. Labelle est surtout mécontent de l’attitude contrariée de la Ville et de son manque de suivi dans le dossier.

« Ce qu’on construit, ce sont des milieux de vie pour nos citoyens. C’est pour eux qu’on travaille », assure quant à elle Me Pharand.

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3 Comments

  1. Fabien Béland

    Je sympathise avec M. Labelle. Mais la bande de terrain était déjà là au moment de l’achat. Comment se fait-il que le vendeur du terrain aie mentionné à M. Labelle qu’il n’y aurait pas de sentier dans cette bande de terrain alors que de part et d’autre il y a un tracé de sentier? Avait-il une confirmation écrite de la part de la municipalité pour appuyer cette information?

    Ne serait-il pas la responsabilité du vendeur de planter une haie d’arbre pour assurer l’intimité et à la ville de construire une passerelle de bois ? Et il serait hors de question que les gens détournent la swump et empiète sur ma propriété si c’était chez moi.

    Je pense qu’une passerelle de bois devrait être aménagée au frais de la ville. Après tout, c’est elle qui a accepté une bande de terrain pour fins de parc (et non pour fin d’espace vert) dans une swump. Si on accepte une bande pour fin de parc, c’est parce qu’un usage de parc est prévu non? Ce genre de situation ne se reproduira certainement plus avec le nouveau conseil en place et la nouvelle présidence du CCU.

    Courage et patience à M. Labelle dans cette affaire. Avez-vous essayé d’écrire directement aux conseillers responsables du plein-Air et de l’environnement? Je pense qu’ils auront de l’écoute.

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  2. Pascale Trottier

    Le problème est avec le promoteur et non avec la ville! Il n’avait qu’à fournir les bonnes informations. Les sentiers sont pour l’ensemble des citoyens. Et tant mieux s’ils demeurent. Le monsieur n’a qu’à aménager sa cour en conséquence ou de déménager dans un autre quartier où les terrains seront plus grands. Le problème c’est qu’on construit des cabanes gigantesques sur des terrains trop petits. Donc pas suffisamment de zone tampon.

    Camus ce n’est pas différent que d’acheter une maison sur les abords d’un parc en banlieue. Quel est le problème? Il a l’avantage de ne pas avoir de voisin en plus. En Europe, à plusieurs endroits, les sentiers passent directement sur les propriétés sans que ça cause problème. Et il y a des sentiers partout.

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  3. Natalie Lambert

    Malheureusement il s’agit tout simplement d’une erreur de la part du propriétaire de s’avoir fié au mot du promoteur sans avoir fait ses propres devoirs auprès de la municipalité. J’ai de l’empathie pour lui parce que c’est sur que c’est plate, mais ce n’est certainement pas la faute à la Ville, ni aux randonneurs qui empreuntent les sentiers.

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