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Impacts de la pandémie sur le camping

Si la tendance se maintient, la majorité des terrains de camping aura connu un printemps mouvementé et un été plutôt achalandé malgré la pandémie.

 

Camping Québec parle d’une saison difficile à expliquer. D’un côté, il a des établissements qui ont eu un fort achalandage et une très belle saison malgré un retard d’un mois. D’un autre, il y a des terrains de camping pour qui
ce fut beaucoup plus difficile.

« On a des statistiques très différentes d’une région à l’autre et parfois dans la même région.  Il va falloir attendre le point final [de Statistique Québec] au mois d’octobre. Jusqu’ici une majorité de membres sont en situation égale ou supérieure à l’année dernière, mais notre dernier sondage à l’interne démontrait quand même un 30 à 40 % de campings qui étaient en difficulté par rapport à l’année dernière », explique Simon Tessier, DG de Camping Québec.

Selon le DG de l’organisme qui représente 765 terrains sur 965 et 90 % de l’offre à camper au Québec, c’est la fermeture de la frontière avec les États-Unis qui a eu l’impact le plus positif pour les 120 000 sites de plein air d’ici. « Ça nous a avantagés, c’est certain, parce qu’il y a des campeurs au Québec qui ne jurent que par les États-Unis surtout pendant les vacances. »

L’annulation des festivals a eu un moindre effet sur l’achalandage, selon lui, puisque les festivaliers ne sont pas nécessairement la clientèle cible des terrains de camping. « Au contraire, ça peut avoir eu un impact négatif. Par exemple, il y a des campings en Mauricie qui profitaient du festival de Saint-Tite et qui n’en profiteront pas au mois de septembre. »

Pour M. Tessier, ce sont les mesures gouvernementales qui ont eu l’impact négatif le plus marquant. Ainsi, la prestation canadienne d’urgence (PCU) et la fermeture forcée du printemps auraient plombé les ailes des propriétaires de camping malgré un bel été ensoleillé.

« Ce qui nous a causé beaucoup de problèmes cet été, c’est évidemment la PCU parce qu’on avait beaucoup de difficulté à trouver des employés et c’est toujours le cas. Les sauveteurs retournent au Cégep, d’autres abandonnent. C’est toujours le défi de la main-d’œuvre, comme d’autres secteurs dans le tourisme […] La seule chose que l’on souhaite, au moment où l’on se parle, c’est de ne pas revivre la période du printemps qu’on a connue. Avec une fermeture mur à mur. Un retard d’ouverture de saison qui amène un paquet de problèmes de gestion. De mars à
juin, c’était l’enfer de notre côté! On avait les terrains de camping d’un côté, les consommateurs de l’autre qui étaient très attachés à leur loisir. On espère juste que c’est derrière nous »
, affirme Simon Tessier.

Mesures sanitaires

Les terrains de camping étaient prêts à opérer depuis le 1er mai et furent parmi les premiers à appliquer les mesures sanitaires afin accueillir des snowbirds rapatriés au pays. « Nous avons établi le plan sanitaire, informé les gens, mais nous n’avions pas de pouvoir de coercition. Les terrains qui sont des parcs d’attractions avaient un plus grand défi. Certains ont défrayé la manchette, mais heureusement on n’a pas dénoté d’éclosion dans les terrains de camping. Plusieurs terrains ont été visités plusieurs fois pas les autorités de la CNESST et il n’y a pas eu d’amende de non-conformité ni trop de recommandations. Les gens ont bien répondu aux normes qu’on a mises en place. Évidemment, il y a eu des cas de Covid dans les campings, mais les cas ont été pris en charge rapidement ou sont retournés à la maison. La procédure d’urgence a été suivie », note Simon Tessier.

Manque de place

Dernière fin de semaine d’août, Annie Fournier voulait camper en nature avec des amis : « On a cherché une place pour 3 tentes dans un terrain de la Sépaq, mais y en avait pas. On est allé en Ontario. »

Faute de place, de nombreux campeurs ont décidé de camper illégalement sur la plage ou se sont vu offrir des sites alternatifs comme des stationnements d’église. M. Tessier soutient que l’offre était suffisante, mais que les sites ne faisaient pas toujours l’affaire des clients. « En Gaspésie, quand on disait qu’il n’y avait pas de la place disponible, nous, les terrains nous disaient qu’il y avait dela place… un peu plus éloignée du Rocher Percé par exemple ».

Certains terrains affichaient complet parce qu’ils réservaient beaucoup de places aux campeurs saisonniers. D’autres ont choisi de fermer leur bloc sanitaire pour une question de manque de main-d’œuvre et d’entretien accru. Ce qui favorisait les VR avec toilette intégrée.

Après l’Action de grâce, seulement une quarantaine de campings resteront ouverts et les VR ne sont pas conçus pour assurer un bon confort à -30oC. Une situation qui risque de compliquer la vie des snowbirds forcés de se relocaliser pour l’hiver.

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