Les impacts insoupçonnés des plantations légales

Les plantations légales ne sont pas les bienvenues dans les quartiers résidentiels.
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Cannabis

Françoise Le Guen – Alors que la légalisation du cannabis arrive à grands pas, les problématiques liées aux producteurs ayant des permis légaux de plantation pour usage médical, dans les secteurs résidentiels, inquiètent déjà les citoyens.

C’est le cas à Sainte-Adèle où un permis autorise une plantation de cannabis à des fins thérapeutiques dans une maison située dans un de ces secteurs.

Un résident du coin, inquiet quant à sa sécurité, a alerté la Ville et déposé une plainte auprès de la mairesse, Nadine Brière, en janvier dernier. Le citoye explique qu’il a également rencontré le chef de police du bureau de Sainte-Adèle. Réponses : ils ne peuvent rien faire. La Sûreté du Québec nous confirme effectivement que la plantation est légale, le permis émane du gouvernement fédéral, émis par Santé Canada.

Selon le citoyen, les gens du quartier ont été incommodés, surtout cet hiver, notamment par l’odeur. Il évoque les personnes âgées, particulièrement inquiètes, mais aussi les familles et les enfants. Surtout, ce dernier ne comprend pas qu’une plantation soit autorisée dans un milieu résidentiel.

Le fédéral a préséance

Interrogée, Nadine Brière, mairesse de Sainte-Adèle, nous confirme qu’elle a rencontré des citoyens du secteur et a pris en considération leurs inquiétudes. « Le premier réflexe à la Ville est de faire de l’investigation et d’envoyer des inspecteurs. On a aussi mis la sécurité incendie dans le dossier. On est au fait de la situation depuis quelques mois; le permis, émis par le gouvernement fédéral, autorise la production de cannabis à des fins médicales à l’intérieur d’une résidence. La Sûreté du Québec (SQ) est au courant du dossier. »

Cette dernière mentionne que toutes les recherches ont été effectuées au niveau de la règlementation : « ils sont dans un secteur résidentiel, mais le permis est là et la SQ ne va pas intervenir. En tant que municipalité, si la SQ ne peut s’impliquer puisque l’autorisation émane du fédéral, on ne peut pas aller plus loin ».

La Sûreté du Québec nous confirme qu’effectivement, les permis sont émis par Santé Canada, et que les lois du gouvernement fédéral prévalent sur les lois provinciales et municipales.

Autre problème

Nadine Brière a également interpelé le député David Graham (député fédéral de Laurentides — Labelle) afin d’avoir accès aux permis.

« Nous avions aussi une crainte au niveau des rejets dans nos égouts, mais le fédéral ne souhaite pas nous donner la liste des adresses des gens qui ont l’autorisation de faire des plantations dans leur maison; je ne peux pas savoir combien j’en ai sur mon territoire. Nous ne sommes pas la seule municipalité dans cette situation », argue-t-elle.

Cannabis à des fins médicales

Rappelons par ailleurs que le projet de loi C-45, Loi sur le cannabis, a reçu le 21 juin la sanction royale en vue de son entrée en vigueur le 17 octobre 2018.

En plus de légaliser l’accès au cannabis récréatif au Canada, le projet de loi contrôlera et réglementera la façon dont le cannabis sera cultivé, distribué et vendu. Notez que le programme actuel de cannabis à des fins médicales sera maintenu.

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