(Photo : gracieuseté - Mission Ecoter)
De gauche à droite : Pierre-Aimé Girardot, Stéphane Thockler et Aline Pellet, de Pays de Montbéliard Agglomération, entourent Catherine Hamé, préfète, et Mylène Perrier, directrice générale de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Innovation municipale  : ce que l’IA pourrait changer à votre hôtel de ville

Par Jean-Simon Guay

Obtenir une réponse à une question municipale en dehors des heures d’ouverture, être averti lorsqu’une collecte est retardée ou mieux planifier l’entretien des infrastructures : l’innovation municipale touche des services du quotidien. Dans les Pays-d’en-Haut, certaines démarches sont déjà amorcées. D’autres restent à évaluer.

La MRC a notamment ajouté cette année un calendrier de collecte consultable selon l’adresse et des avis par texto en cas de retard. Elle teste également un agent conversationnel, un outil capable de répondre aux questions des citoyens.

Ce dernier n’est toutefois pas encore prêt à être déployé.

« Avant d’en envisager le déploiement, nous voulons nous assurer de la justesse et de la fiabilité des réponses fournies », explique Mylène Perrier, directrice générale de la MRC des Pays-d’en-Haut et vice-présidente d’IVÉO, organisme qui accompagne les municipalités dans leurs projets d’innovation.

Ces possibilités étaient au cœur du Sommet international de l’innovation municipale (SIIViM), tenu du 13 au 15 octobre à Mont-Tremblant. Selon le bilan transmis par Mme Perrier, l’événement a réuni plus de 626 participants et 80 exposants.

Partir des problèmes à résoudre

Pour la MRC, les pistes les plus intéressantes concernent notamment l’aménagement du territoire, l’information aux citoyens et la gestion de projets. D’autres solutions présentées portaient sur le traitement des eaux et la gestion des infrastructures.

La question sera de déterminer lesquelles peuvent réellement rendre service aux municipalités de la région, avec les moyens dont elles disposent.

« Pour les plus petites municipalités, l’enjeu sera surtout de privilégier des solutions adaptées à leurs besoins, simples à déployer et dont les bénéfices justifient les ressources nécessaires », souligne Mme Perrier.

Apprendre des expériences françaises

Pour avancer, la MRC pourra désormais échanger avec Pays de Montbéliard Agglomération, en France. Les deux administrations ont signé une entente de jumelage technologique le 14 octobre, pendant le Sommet.

L’objectif est de partager leurs expériences : quels outils fonctionnent, comment les utiliser et quelles précautions prendre. Leurs échanges porteront sur l’IA, les objets connectés et les données, mais aussi sur l’avenir de bâtiments et de sites patrimoniaux.

Ce dernier volet rejoint un exemple bien local : l’Usine Rolland, à Sainte-Adèle, où des membres de la délégation française se sont arrêtés avant le Sommet pour découvrir l’histoire et la transformation du site.

Le jumelage commencera par quelques rencontres virtuelles annuelles. Les projets qui pourraient en découler seront évalués selon les besoins et les ressources des partenaires; aucun budget spécifique n’y est actuellement consacré.

Plus efficaces, mais à quel prix?

La mairesse de Sainte-Adèle, Nadine Brière, voit, elle aussi, des possibilités dans ces technologies. Elle souhaite toutefois que leurs avantages soient examinés avec leurs conséquences environnementales.

« L’intelligence artificielle peut-elle réellement améliorer nos pratiques municipales au point de justifier son empreinte environnementale? » demande-t-elle dans un message transmis au journal.

Selon elle, le Sommet a surtout insisté sur les gains d’efficacité. Elle aurait souhaité davantage de discussions sur les ressources nécessaires au fonctionnement de l’IA, notamment l’eau et l’énergie utilisées par les centres de données.

« Le progrès technologique ne peut pas se faire à n’importe quel prix selon moi », affirme-t-elle.

De son côté, Mme Perrier indique que chaque projet doit être évalué en tenant compte de la protection des renseignements, de la sécurité, de la qualité de l’information et de l’utilisation responsable des ressources.

La MRC travaille maintenant à établir des balises pour encadrer l’IA. Pour son agent conversationnel, une première condition est déjà claire : avant de répondre aux citoyens, il devra fournir des réponses fiables.

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