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L’eM­bauche de personnes handicapées

Par nathalie-deraspe

Une des solutions au problème de main-d’œuvre

À sa manière, un conseiller en main-d’oeuvre de la région est en train de faire une mini révolution dans le domaine de l’emploi. En un an, Michel Bélanger a réussi à convaincre plusieurs employeurs que l’embauche de personnel handicapé peut satisfaire pleinement certains de leurs besoins organisationnels.

Grâce à une initiative locale lancée l’an dernier, 35% des personnes souffrant d’une incapacité quelconque réussissent à se déni- cher un emploi dans les Laurentides. C’est près de 10% de plus que dans le reste de la province. Invitant les gens à «oser la vie», Michel Bélanger a souligné en conférence de presse que les personnes handicapées représentent un bassin de main-d’œuvre sous-utilisé. Le conseiller fait l’équation entre les besoins en emploi, estimés à 56 000 d’ici 2010, et la population handicapée, qui fait 60 000 personnes, et en vient à la conclusion qu’il ne s’agit plus d’une cause humanitaire, mais bien d’une réponse à une conjoncture économique spécifique. «Les personnes handicapées sont une force encore trop silencieuse dans les milieux de travail, soutient Michel Bélanger. Une société qui se diversifie, est une société qui s’enrichit.» Depuis ses débuts à Intégration Travail Laurentides, le conseiller caresse l’idée qu’un jour, chaque entreprise puisse être intéressée à embaucher une personne handicapée. Celui-ci se présente d’ailleurs comme un designer de l’emploi qui fait du «sur mesure», et aide à la pièce chaque entreprise qui veut s’adjoindre du personnel handicapé.

Un porte-parole convaincu

Foncièrement décidé à atteindre son objectif, Michel Bélanger s’est allié à la Chambre de Commerce de Sainte-Agathe, qui a été la première de la province à créer un prix destiné à l’intégration des personnes handicapées, et au chanteur Boom Desjardins, croisé un jour dans le stationnement d’un commerce adélois. Depuis son implication comme porte-parole du programme «J’ai ma place au travail», l’artiste s’affiche régulièrement avec «sa gang», qui le suit de spectacles en spectacles. Perçu comme un grand frère, Boom Desjardins arrive à redonner toute la confiance aux handicapés qu’il côtoie et ainsi faire tomber quelques préjugés. La conférence avait lieu dans un des commerces de Michel Rochon, un des pionniers de l’embauche d’handicapés dans la région. Le programme est en place dans trois de ses restaurants. À Tremblant, celui-ci a même embauché un instructeur afin de guider les handicapés dans leur travail. «J’aime mieux qu’une personne soit productive à 60% mais qu’elle travaille à 100% que d’en avoir une capable de travailler à 100% mais qui, pour toutes sortes de raisons, travaille à 50%», a confié un employeur à Michel Bélanger. Mais pour M. Rochon, l’embauche d’une personne handicapée vient littéralement changer l’atmosphère de travail. «Les bébés gâtés ne parlent plus de leurs petits bobos.»
À l’heure actuelle, 84% des employeurs auraient du mal à recruter du personnel. Le gouvernement du Québec entend réduire de 50% l’écart entre le taux d’emploi des personnes handicapée et celles qu’on dit aptes au travail d’ici 2018. Pour y arriver, plus de 100 M$ ont été injectés à l’échelle de la province. L’objectif local est de recruter une quinzaine de nouvelles entreprises ouvertes à l’expérience. En guise de reconnaissance, celles-ci recevront une œuvre lithographiée de la peintre Pauline Paquin, tandis qu’une plaque commémorative sera remise aux entreprises déjà inscrites au programme. Un sondage Léger Marketing confirme que près de 90% des employeurs considèrent qu’il est facile d’intégrer du personnel handicapé au sein de leur entreprise.

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