(Photo : Nordy)
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Les ornières seront réparées sur l’autoroute 15

Par Simon Cordeau

De profonds sillons se sont formés sur l’autoroute 15, à la hauteur de Saint-Jérôme et de Saint-Sauveur. Bien qu’elles ne soient pas dangereuses pour les automobilistes, ces ornières seront réparées prochainement, assure le MTQ.

« Le ministère est conscient de l’état de la chaussée de l’autoroute 15. Ainsi, un projet d’asphaltage est prévu dans la programmation 2021-2023. Le projet est actuellement en préparation. Les travaux se situeront à Saint-Jérôme, en direction nord entre les kilomètres 23 et 50, et en direction sud entre les kilomètres 49 et 51, ainsi qu’à Saint-Sauveur, en direction nord à la hauteur du kilomètre 60 », nous écrit Samantha Saroufim, conseillère en communication à la Direction générale des Laurentides-Lanaudière du ministère des Transports du Québec (MTQ).

Plusieurs causes

On peut voir la formation des ornières comme l’érosion d’une pierre par l’eau. Chaque véhicule qui passe sur la route use et déforme imperceptiblement la chaussée. Après des milliers de véhicules, jour après jour, mois après mois, cette usure devient visible. Une fois que les ornières commencent à se creuser, celles-ci guideront les véhicules dans leur sillon, accélérant leur formation.

On connaît maintenant assez bien ce qui cause les ornières, et nos routes sont donc conçues pour contrer leur formation, assure Pooneh Maghoul, professeure associée à la Polytechnique Montréal. « Le MTQ a vraiment bien documenté les problèmes d’orniérage. Beaucoup de recherches ont été faites depuis les années 2000 au Québec, pour déterminer plusieurs types de problèmes structuraux et améliorer les conditions routières », explique-t-elle.

Malgré cela, plusieurs facteurs peuvent expliquer leur formation : une circulation plus dense que prévue à la conception ou le passage de véhicules lourds en plus grand nombre, par exemple. Au moment de réaliser la route, des défauts de fabrication, dans la fondation de la route ou son système de drainage des eaux, peuvent aussi mener à la formation d’ornières. Les conditions météorologiques, comme le gel et le dégel, mettent également un stress supplémentaire sur la route. « Dans 90 % des cas, l’orniérage est vraiment dû aux enrobés (les couches de la chaussée) : son compactage, son épaisseur et ses matériaux », explique Pre Maghoul.

Même si les ornières peuvent rendre la conduite inconfortable, elles ne devraient pas la rendre dangereuse, à moins qu’elles soient remplies d’eau ou que la qualité de la chaussée se soit vraiment détériorée.

Situation dans les Laurentides

Les Laurentides vivent une augmentation de sa population ces dernières années, ce qui s’accompagne par une augmentation de la circulation routière. L’autoroute 15 est aussi un axe majeur de la région des Laurentides, avec un débit journalier moyen annuel (DJMA) entre 50 000 à 60 000 véhicules, dont 6 % de camionnage. Cela pourrait expliquer la formation d’ornières dans les secteurs de Saint-Jérôme et de Saint-Sauveur, explique Mme Saroufim.

Pour réparer la chaussée, une couche de 50 mm de l’enrobé sera retirée et une nouvelle couche égale ou plus épaisse sera posée. « Ça devrait régler le problème qu’on a actuellement pour le long terme. Mais c’est comme un cycle. On va avoir plus de circulation, plus de véhicules lourds, jusqu’à ce qu’on ait à réparer la chaussée de nouveau dans quelques années », illustre Mme Saroufim.

Comme vous le savez, entretenir nos routes est un éternel recommencement.

Le Bilan de l’état des chaussées du MTQ indique qu’en 2019 :

  • 9,5 % de la chaussée des autoroutes du Québec avait une déficience majeure d’orniérage;
  • 9,6 % avait une déficience mineure.

Dans les régions des Laurentides et de Lanaudière (calculées ensemble) :

  • 28,8 % de la chaussée des autoroutes avait une déficience majeure d’orniérage;
  • 13,3 % avait une déficience mineure.
  • Mme Saroufim assure toutefois que beaucoup de travaux ont été réalisés dans les Laurentides depuis 2019, donc le prochain bilan devrait s’améliorer.

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4 Comments

  1. Guy Belanger

    Les poids lourds sont de plus en plus nombreux et lourd, avant on avait le rail mais maintenant c’est le « just in time » des compagnies qui force le camionnage et bien d’autre…
    Si on revenait au vrai valeur……!!!!!

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  2. Robert Coron

    Je conduis un VR classe A de 34 pieds et les ornières représentent un sérieux problème de conduite. La conduite d’un petit véhicule récent ne représente pas un problème majeur, mais ce n’est pas le cas des véhicules plus gros et plus âgés. Il y en a aussi beaucoup au Nord de Ste-Agathe, sur la route 117. Certains tronçons sont dans un état pitoyable et c’est une vrai honte. Les ornières entre St-Jérôme et Mirabel sont sur une autoroute qui a été refaite en entier il y a une quinzaine d’années (+/-). Vont-ils asphalter l’autoroute? Si oui, les ornières vont revenir aux deux ans et ça ne sera pas fait à cette vitesse, donc, les ornières seront dans le paysage pour un autre 15 ans avant de refaire le tout en ciment.

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  3. Gabriel Ouellette

    Que dire de la 117 à partir de Ste-Agathe nord, c’est affreux, sur plusieurs km, dans les deux directions!

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  4. Eva

    J’ai failli perdre le contrôle de ma voiture aujourd’hui à St Jérôme. C’est carrément dangereux. La négligence de la part de Transport Québec !

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