(Photo : Médialo - Archives)
Gabie Renaud

Née d’un drame à Saint-Jérôme, la loi Gabie Renaud est adoptée

Par Jean-Simon Guay

Près de neuf mois après le féminicide de Gabie Renaud à Saint-Jérôme, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité une loi qui permettra désormais aux personnes craignant pour leur sécurité de connaître certains antécédents violents de leur partenaire.

Le projet de loi 4, adopté le 12 juin, est déjà connu sous le nom de « loi Gabie Renaud ». Inspirée de la Clare’s Law, en vigueur notamment en Angleterre à la suite du meurtre de Clare Wood en 2009, cette mesure vise à prévenir les situations de violence conjugale avant qu’elles ne dégénèrent.

Un drame à l’origine du changement

 Le drame qui a secoué les Laurentides en septembre 2025 est à l’origine de cette mobilisation. Gabie Renaud, 43 ans, avait été retrouvée morte dans son logement de Saint-Jérôme. Son conjoint, Jonathan Blanchet, fait face à une accusation de meurtre prémédité.

L’affaire avait soulevé de nombreuses questions. Selon les informations rendues publiques à l’époque, l’homme possédait plusieurs antécédents en matière de violence conjugale. Or, ni Gabie Renaud ni ses proches ne connaissaient l’ampleur de son passé judiciaire.

C’est notamment ce constat qui a poussé sa sœur, Rachel Renaud, à réclamer un changement législatif.

Ce que permettra la loi

 La nouvelle loi permettra à une personne qui craint pour sa sécurité, ou celle de ses enfants, de demander certains renseignements concernant les antécédents violents de son partenaire intime.

Les corps policiers analyseront chaque demande avant de déterminer quelles informations peuvent être communiquées afin de prévenir un risque de violence.

Une victoire pour la famille

 Lors de l’adoption du projet de loi à Québec, plusieurs élus ont souligné le rôle joué par la famille Renaud dans cette démarche.

Présente à l’Assemblée nationale, Rachel Renaud a affirmé espérer que cette mesure permettra d’éviter d’autres drames semblables.

Ma sœur m’a été enlevée. Rien ne pourra changer cette réalité, mais aujourd’hui, son nom devient une loi. Et si cette loi permet de sauver une seule vie […], alors Gabie continuera de vivre à travers chacune des vies protégées », a-t-elle dit, les larmes aux yeux, selon La Presse Canadienne.

Pour les Laurentides, l’adoption de cette loi représente bien plus qu’un changement législatif. Elle marque l’aboutissement d’un combat mené par une famille qui a transformé une tragédie vécue à Saint-Jérôme en outil de prévention pour l’ensemble du Québec.

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