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Réfection de la rue Rolland à Sainte-Adèle : Québec refuse l’aide financière

Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)

Le gouvernement du Québec a refusé la demande d’aide financière pour la rue Rolland à Sainte-Adèle, déposée dans le cadre du Programme d’aide à la voirie locale (PAVL). Cette décision s’inscrit dans une vague de refus touchant près de 80 % des projets soumis cette année pour la réfection de routes municipales.

La mairesse Nadine Brière affirme ne pas avoir été surprise par la nouvelle, même si elle en déplore les conséquences. « On le voit dans plusieurs sphères : le gouvernement cherche de l’argent, il n’en a pas. Ce qu’on remarque, c’est que les routes qui ont été priorisées sont souvent celles qui relient deux municipalités. Les routes locales, comme la rue Rolland, passent après », explique-t-elle.

Un projet de plus de 5 M$ remis en question

Le projet refusé représentait un chantier majeur. La Ville prévoyait investir environ 5,4 millions de dollars pour refaire environ quatre kilomètres de route, incluant la reconstruction complète de l’assise et la réfection des fossés.

Sainte-Adèle espérait obtenir une subvention couvrant 80 % des coûts. Sans cette aide, la facture pour les contribuables aurait bondi de façon importante. « On ne peut pas refiler une facture aussi élevée aux citoyens. On va devoir réévaluer le projet et voir ce qu’on peut faire autrement, peut-être intervenir seulement sur certaines sections plutôt que de refaire le tronçon au complet », indique Mme Brière.

Elle précise qu’en matière de réfection routière, les alternatives de financement sont très limitées en dehors des programmes gouvernementaux.

Des choix difficiles à venir

Alors que la municipalité est en pleine réflexion budgétaire, la mairesse reconnaît que ce refus crée une onde de choc à l’hôtel de ville. « Comme municipalité, quand on fait des travaux, c’est le citoyen qui paie. Que ce soit par ses impôts ou ses taxes municipales, au final, c’est la même personne. Mais nous, on est en première ligne, on reçoit les appels et l’insatisfaction », souligne-t-elle.

La Ville entend donc revoir ses priorités et miser davantage sur l’entretien préventif, notamment le nettoyage des fossés, l’entretien des routes en gravier et des interventions ciblées pour prolonger la durée de vie des chaussées existantes.

Un problème qui dépasse Sainte-Adèle

Selon Mme Brière, la situation de la rue Rolland est loin d’être unique. Elle estime qu’environ 60 % des rues de Sainte-Adèle « ont besoin d’amour », tout en rappelant que les coûts des travaux routiers ont presque doublé au cours de la dernière décennie. Le climat québécois, avec ses cycles de gel et de dégel, accélère aussi la détérioration des chaussées. « On investit depuis des années, mais ce n’est pas suffisant. Il va falloir qu’on ait une réflexion collective comme société : jusqu’où on est prêts à payer pour nos infrastructures ? » affirme-t-elle.

Pour la rue Rolland comme pour d’autres artères, la Ville promet de présenter un plan d’action au printemps afin d’établir un échéancier réaliste des travaux. « On est aussi déçus que les citoyens. Mais on va planifier avec plus de recul, voir quelles sections doivent être faites en priorité et étaler les travaux dans le temps, peut-être en 2027 ou 2028 », conclut la mairesse.

D’ici là, la rue Rolland devra patienter, symbole local d’un défi d’infrastructures qui touche aujourd’hui la majorité des municipalités québécoises.

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