(Photo : Courtoisie Michel McArthur)
Photo de la Nordique, une nouvelle piste de ski de fond non tracé au Parc du Mont Loup-Garou de Sainte-Adèle.

Une pétition réclame un moratoire sur les nouveaux sentiers à Sainte-Adèle

Par Alexane Taillon-Thiffeault (Initiative de journalisme local)

L’organisme Deux Pieds une Terre a lancé une pétition réclamant un moratoire temporaire sur la construction de nouveaux sentiers à Sainte-Adèle. L’initiative vise à suspendre certains types d’aménagements afin de permettre une réflexion collective sur l’avenir du territoire, de la forêt et du plein air.

Fondé à l’automne 2025, Deux Pieds une Terre est né d’un constat partagé par les membres fondateurs, c’est-à-dire la multiplication des aménagements, combinée au développement urbain, qui exerce une pression croissante sur les milieux naturels. « On voulait se structurer pour aller plus loin dans la conservation de la nature et la protection de la biodiversité », explique Karine Steinberger, fondatrice et coordonnatrice de l’organisme.

Selon elle, le moratoire demandé ne vise pas l’ensemble des sentiers ni la pratique du plein air en général. « Ce qu’on cible, ce sont les sentiers aménagés avec de la machinerie lourde, qui impliquent des coupes d’arbres et une transformation des sols. Ce sont ces interventions-là qui ont le plus d’impact sur la forêt et sur la possibilité de créer des corridors de biodiversité », précise-t-elle.

Un contexte particulier

Deux Pieds une Terre affirme que l’initiative, qui cumule plus de 250 signatures au moment d’écrire ces lignes, s’inscrit dans un contexte particulier, alors que la Ville de Sainte-Adèle révise son plan d’urbanisme et a déjà mis en place certains arrêts temporaires sur des projets de développement. « On se dit que c’est le bon moment pour s’asseoir ensemble, citoyens, organismes, la ville, et réfléchir à un plan global qui inclut la nature, la biodiversité et le plein air », soutient Mme Steinberger.

L’organisme souhaite notamment éviter une fragmentation accrue des habitats naturels et déplore l’absence d’une vision d’ensemble dans l’aménagement des sentiers. Le parc du Mont-Loup-Garou est souvent cité en exemple, où l’entrecroisement des pistes, l’érosion et la baisse observée de la faune soulèvent des inquiétudes.

Le point de vue de PASA

Du côté de Plein air Sainte-Adèle (PASA), qui gère et entretient une grande partie du réseau de sentiers, le directeur Daniel Bergeron affirme partager plusieurs des préoccupations exprimées par Deux Pieds une Terre, notamment en ce qui concerne la protection des milieux naturels et la gestion responsable du réseau. « Les enjeux derrière la pétition nous interpellent beaucoup », indique-t-il.

Toutefois, PASA émet des réserves quant à l’idée d’un moratoire comme solution. « Pour nous, le moratoire n’est pas nécessairement le bon moyen. L’enjeu principal, c’est qu’il faut se parler, se comprendre et travailler ensemble », explique M. Bergeron, qui se dit ouvert au dialogue et à la collaboration avec l’organisme citoyen.

Il rappelle que les interventions réalisées par PASA sont encadrées par des normes reconnues, notamment celles de Rando-Québec et d’autres organismes spécialisés, qui reposent sur trois principes : la sécurité des usagers, la qualité de l’expérience et l’équilibre écologique des milieux traversés. « Quand on fait des aménagements qui peuvent sembler plus intrusifs, c’est souvent pour corriger des problèmes d’érosion, protéger des milieux humides ou canaliser la circulation afin de limiter les dommages à long terme », explique-t-il.

M. Bergeron souligne également que chaque nouveau sentier ou mise à niveau fait l’objet d’autorisations municipales, et que plusieurs documents de planification existent déjà, dont le plan directeur des parcs et espaces verts. Il ajoute qu’environ 60 % des sentiers de Sainte-Adèle se trouvent sur des terrains privés, ce qui limite la portée d’un éventuel moratoire.

Un objectif commun

Malgré des approches différentes, les deux organisations disent poursuivre un objectif commun : préserver la richesse naturelle de Sainte-Adèle tout en permettant un accès responsable au plein air. « On veut collaborer plutôt que coexister », résume Daniel Bergeron. De son côté, Karine Steinberger insiste sur l’importance de « se parler entre voisins » et de bâtir une vision collective du territoire.

La pétition doit être déposée au conseil municipal dans les prochains jours.


Voici des exemples de travaux complétés par PASA pour la protection des milieux naturels, plus particulièrement pour les sentiers de ski (courtoisie de Daniel Bergeron) :

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