Et si votre intérieur influençait votre santé mentale ?
Par Julien Tilmant
Ordre, lumière, espace… L’aménagement de l’intérieur de notre maison ou de notre condo joue un vrai rôle dans notre bien-être et notre équilibre psychologique. Le Dr Rémi Côté, psychologue et membre de l’Ordre des psychologues du Québec, explique comment notre environnement influence directement notre santé mentale.
Tout le monde a déjà ressenti cette sensation de soulagement et de bonheur après une grande séance de ménage et de rangement. Comme si, dans une maison propre et ordonnée, beaucoup de stress disparaissait pour laisser la place à la quiétude. Et bien ce phénomène n’a rien d’anormal, il est même psychologiquement prouvé. « Un environnement propre où il n’y a pas une accumulation de toutes sortes d’objets hétéroclites a toujours un aspect apaisant », observe le Dr Rémi Côté, psychologue.
Maison encombrée ? Ce que cela signifie…
Selon l’expert, ce que l’on perçoit de son intérieur d’un point de vue visuel a un rôle important. « Les espaces dégagés, où le regard peut circuler librement, favorisent un sentiment de sérénité. Quand il n’y a pas d’encombrement chez soi, on peut voir et donc on peut prévoir. »
À l’inverse, un espace saturé d’objets peut devenir une source de stress et révéler un état intérieur parfois fragile. « Il existe différents profils dans les cas d’encombrement de son intérieur. Certains vont accumuler des objets pour exprimer leur créativité ou leur histoire », citant notamment l’appartement de Lauren Bacall dans le Dakota Building à New York. « Dans d’autres cas, l’encombrement devient révélateur d’un malaise. Cela peut signifier une forme d’insécurité. »
Ainsi, le rangement n’est pas qu’une question d’esthétique ou d’hygiène. « Faire le ménage, ça nous rassure à la fin parce que cela permet de remettre chaque chose à sa place, explique encore Rémi Côté. Ainsi, on reprend le contrôle sur son environnement et cela a un côté rassurant, car on a la sensation du devoir accompli », poursuit-il.
Des espaces bien délimités
Ce besoin d’organiser son intérieur s’est d’autant plus accentué avec l’essor du télétravail. Du jour au lendemain, de nombreux Québécois se sont ainsi retrouvés 24 h/24 chez eux sans espace professionnel adapté. « Au début, on voyait des gens qui étaient installés dans la chambre des enfants ou dans la cuisine. Alors, petit à petit, certains ont ressenti le besoin de créer un espace dédié pour que chaque espace ait son rôle à jouer. »
Dédier une pièce de la maison ou du condo à l’activité professionnelle est donc devenu une question de structuration mentale. « C’est comme un mécanisme d’autodéfense, car dissocier les pièces de vie de celles dédiées au travail permet d’éviter l’envahissement du professionnel sur le personnel et ainsi de pouvoir souffler dans sa propre habitation. »
Aménager des zones calmes
Plus largement, au-delà du télétravail, l’aménagement intérieur devrait, toujours selon le psychologue, intégrer des zones de retrait, « propices à la régulation émotionnelle ». « Avoir un coin calme, c’est pouvoir se retirer et être plus zen. »
La lumière, l’organisation et la possibilité de s’isoler deviennent alors des éléments essentiels si l’on souhaite un lieu de vie équilibré.