(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)

Malgré les salaires, la faim progresse

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Dans les Laurentides, de plus en plus de personnes peinent à se nourrir adéquatement, même si les revenus augmentent.

Faire l’épicerie coûte plus cher. Payer son logement aussi. Dans les Laurentides, ces hausses se croisent et finissent par se faire sentir dans l’assiette. Les données le confirment. L’insécurité alimentaire est en hausse au Québec entre 2018 et 2023, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Sur le terrain, le constat est sans équivoque.

« L’insécurité alimentaire est plus présente que jamais », affirme la direction de Moisson Laurentides. Dans la région, plus de 159 153 demandes d’aide alimentaire ont été enregistrées en 2025, une hausse de 13,8 % en un an. Chaque mois, plus de 30 500 personnes reçoivent de l’aide. Derrière ces chiffres, une réalité s’installe.

Un nouveau profil

« L’aide alimentaire se montre sous des nouveaux visages », souligne Moisson Laurentides. La précarité ne touche plus seulement les personnes sans emploi. Des travailleurs, parfois à temps plein, doivent désormais faire appel aux ressources communautaires. C’est « un glissement qui inquiète. »

Vivre ici coûte cher

Dans les Pays-d’en-Haut, la pression immobilière est bien réelle. L’attrait de la région, combiné à une croissance démographique soutenue, fait grimper les prix. Le logement gruge une part importante du budget. L’épicerie devient la variable d’ajustement.

Des organismes à bout de souffle

Les ressources communautaires tournent à plein régime. La hausse des demandes s’ajoute à une pression déjà importante. Même sans données détaillées pour chaque municipalité, les tendances régionales se reflètent clairement dans les Laurentides. Soutiens une bénévole s’impliquant avec le Garde-manger des Pays-d’en-Haut.

Un contraste difficile à ignorer

Dans la région, les revenus ont pourtant augmenté au cours de la dernière année. Par contre, cette progression ne suit pas le rythme du coût de la vie. « Le décalage est visible », souligne l’ISQ.

Au-delà des statistiques

L’insécurité alimentaire ne se résume pas à des chiffres. Elle traduit une difficulté concrète, quotidienne. Se nourrir adéquatement devient un défi pour une part grandissante de la population. Et derrière les moyennes économiques, cette réalité s’impose de plus en plus.

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