(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Candidates et candidats, partenaires du milieu communautaire et les organisatrices et organisateurs réunis pour la troisième édition de Parlons social. 

Milieu communautaire : sous-financé, mais pas silencieux

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Quinze personnes, candidates ou attachées politiques, ont passé la soirée du 10 septembre à recevoir les chiffres du milieu communautaire des Pays-d’en-Haut, à Sainte-Adèle.

Un jeu-questionnaire, pas un discours

Le Regroupement des partenaires des Pays-d’en-Haut tenait sa troisième édition de Parlons social à la Place des citoyens. Vingt-cinq partenaires du territoire y participaient aussi. Dix-huit questions, quatre choix de réponse, des cartons de couleur à lever. Ensuite, place aux échanges autour des tables.

Johanne Lavoie, de Santé Québec Laurentides, et Mathieu Harkins, du milieu communautaire, commentaient chaque réponse.

Des chiffres qui dérangent

La MRC affiche un taux de défavorisation sociale de 46,4 %, contre 22,5 % dans les Laurentides. L’indice tient compte des familles monoparentales, des personnes veuves, séparées ou divorcées, et de celles qui vivent seules. De plus, 47,7 % de la population de 15 ans et plus déclarait un revenu de 39 999 $ ou moins en 2021.

Le logement a dominé la soirée. Les logements hors marché comptent pour 1,2 % du parc résidentiel, loin des 3,5 % visés au Québec. Le prix des maisons unifamiliales, lui, a bondi de 92 % depuis 2019. À Sainte-Adèle, le taux d’inoccupation des logements locatifs atteignait 0,4 % en 2024, alors que le seuil d’équilibre se situe autour de 3 %.

Le comité Un toit pour tous distribuait d’ailleurs un feuillet sur les tables. La MRC ne construit que 456 logements par an, selon ce document, alors que le besoin réel tourne autour de 800 à 900. Résultat, des travailleurs dorment dans leur voiture, des retraités quittent le territoire et de jeunes familles peinent à s’y loger. « Le logement hors marché, ce n’est pas un enjeu partisan », rappelle le comité. C’est plutôt une façon de permettre à la population de rester dans son milieu.

L’aide alimentaire suit la même pente. Le Garde-Manger des Pays-d’en-Haut a distribué 34 894 paniers en 2025-2026, une hausse de 12,5 %. Par ailleurs, 40 % des personnes aidées ne reçoivent pas d’aide sociale.

« Le système est tenu à bout de bras par des organismes qui ne sont pas reconnus et qui ne sont pas financés adéquatement. »

– Un intervenant du milieu communautaire des Pays-d’en-Haut

Le nerf de la guerre

Le financement a occupé le reste de la soirée. Dans les Laurentides, les organismes en santé et services sociaux évaluent leurs besoins à 90,7 millions de dollars. Or, ils disposent de 48,9 millions, indexés de 1,8 % cette année.

« S’il y a un mot que vous devez donner aux élus, c’est le financement à la mission », a lancé une personne du milieu communautaire. Une autre a renchéri : « Le système est tenu à bout de bras par des organismes qui ne sont pas reconnus et qui ne sont pas financés adéquatement. »

L’itinérance illustre l’écart. Le volet rural du programme Vers un chez soi dispose de 566 991 $ pour quatre MRC en 2026-2027. Les communautés désignées du sud de la région, elles, reçoivent 3,2 millions.

Un ministère réclamé

Des priorités concrètes ont été mentionnées par des personnes présentes. Sensibiliser les décideurs. Diminuer la bureaucratie. Développer un plan régional en logement.

Une proposition est toutefois revenue plus fort que les autres. « Je pense qu’une des solutions, ce serait de créer le ministère de l’Économie sociale et de l’action communautaire », a plaidé une voix dans la salle. « On saurait à qui parler. »

Les personnes candidates ont surtout écouté. « Je dresse un très sombre portrait de la société dans laquelle on est en train de se développer », a confié Alexandre Girard-Duchaine, candidat dans la circonscription de Bertrand pour Parti Québécois.

Un intervenant avait lancé son défi dès le début. Aucun bureau de circonscription ne se trouve dans les Pays-d’en-Haut, malgré trois circonscriptions sur le territoire. « À quand le premier? »

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