(Photo : Gracieuseté)
Alexandre Sarrazin, maire de Saint-Adolphe-d’Howard, Catherine Hamé, Préfète de la MRC des Pays-d'en-Haut, Chantal Ladouceur, directrice du service de développement territorial et récréatif et Marilou Cantin, chargée de projet à la MRC.

Plan climat : agir avant de subir

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

À Saint-Adolphe-d’Howard, la 3e édition du dîner-conférence Municipalités, Communautés, Environnement a réuni des acteurs locaux autour d’un même enjeu : mieux protéger le territoire face aux inondations et aux changements climatiques.

Dans les Laurentides, la nature n’est pas un décor. Elle fait partie de la qualité de vie, de l’identité locale et du développement économique. C’est dans cet esprit que la Municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard, en collaboration avec son Comité consultatif en environnement, a tenu la 3e édition du dîner-conférence Municipalités, Communautés, Environnement, le 5 juin, au Mont-Avalanche.

L’événement s’inscrivait dans un contexte bien précis : une autre saison marquée par la vigilance face aux inondations et l’entrée en vigueur, le 1er mars, du cadre modernisé de gestion des milieux hydriques. « Ce nouveau régime réglementaire représente un changement important pour les municipalités, qui doivent l’intégrer rapidement dans leurs pratiques », soulignait Christine Bush, présidente du CCE et conseillère municipale de Saint-Adolphe-d’Howard, dans l’invitation à l’événement.

Selon elle, ce cadre provincial devra aussi « fonctionner en synergie avec des outils adaptés aux réalités régionales, comme le Plan climat de la MRC des Pays-d’en-Haut ».

Adapter et réduire

C’est justement ce Plan climat que sont venues présenter Marilou Cantin, chargée de projet, et Chantal Ladouceur, directrice du service de développement territorial et récréatif à la MRC des Pays-d’en-Haut. « La seule façon que j’ai trouvée, de mon côté, pour calmer mon écoanxiété, c’est vraiment de rentrer dans l’action », a lancé Marilou Cantin, en ouverture de la présentation.

Le Plan climat réunit deux grandes démarches : l’adaptation aux conséquences des changements climatiques et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Le volet adaptation, amorcé entre 2021 et 2025, repose sur l’identification des aléas, l’analyse des risques et l’élaboration d’un plan d’action. Le volet réduction, en cours en 2025 et 2026, comprend l’inventaire des émissions de GES, un plan d’action et une cible de réduction.

La MRC souhaite compléter son Plan climat global en mars 2027, avec une version vulgarisée pour le grand public. Le message se veut clair : l’outil ne vise pas à imposer une contrainte supplémentaire aux municipalités. « Le but ici, c’est de faciliter, amplifier, puis appuyer vos actions locales qui contribuent à la transition climatique », a expliqué Marilou Cantin aux élus, aux organismes et aux citoyens présents.

Des préoccupations concrètes

Un sondage mené auprès de la population entre décembre 2025 et février 2026 a récolté plus de 1 200 réponses. Selon les résultats présentés, 68 % des personnes répondantes se disent préoccupées par la crise climatique. La proportion monte à 88 % lorsqu’on leur demande si les changements climatiques devraient être pris en compte dans les décisions municipales. Chez les jeunes sondés, cette proportion atteint 81 %.

Les préoccupations les plus fréquentes touchent les feux de forêt, les conditions hivernales changeantes et les vents violents. La protection des milieux naturels, les rénovations écologiques et énergétiques des bâtiments, ainsi que la marche, le vélo et le transport collectif figurent aussi parmi les actions les plus citées.

Le transport demeure un enjeu majeur. Lors des échanges, il a été mentionné qu’il représenterait environ 74 % des émissions de GES sur le territoire. « On veut démontrer les tendances. Après ça, on peut voir ce qu’on peut faire pour contrer ces tendances-là », a expliqué Chantal Ladouceur, en rappelant que la MRC doit agir dans les champs où elle possède un réel pouvoir d’action.

Un projet pilote

Parmi les gestes concrets, la MRC a lancé un parcours de décarbonation des véhicules municipaux, en collaboration avec l’Union des municipalités du Québec. Les 10 municipalités du territoire participent à cette première cohorte. « C’est la première fois, au Québec, qu’une cohorte de municipalités s’engage ensemble dans le parcours de décarbonation pour le volet véhicules municipaux », précise Marilou Cantin.

Des dispositifs de télémétrie sont installés dans des véhicules municipaux pendant six mois afin d’analyser leur utilisation réelle. Les recommandations pourraient toucher l’électrification, la réduction de la marche au ralenti, l’entretien, l’entreposage ou le plan de remplacement des véhicules.

Agir ensemble

Pour la MRC, la réussite du Plan climat passera par la collaboration, la communication et l’exemplarité. « Les actions sans communication restent invisibles », a souligné Chantal Ladouceur.

L’enjeu est donc de faire du Plan climat autre chose qu’un document technique. Dans les Pays-d’en-Haut, la transition climatique se dessinera autant dans les grandes orientations régionales que dans les décisions locales : un véhicule remplacé, un arbre conservé, un stationnement végétalisé, une politique harmonisée ou un projet municipal mieux arrimé aux réalités du territoire.

Comme le résumaient les intervenantes de la MRC : « Les municipalités agissent déjà. Le plan climat vient renforcer ce que vous faites et vous aide à aller plus loin… ensemble. »

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