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(Photo : Courtoisie )
Dominic Presseault, président du syndicat STTLSSS-CSN.
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Préposées aux bénéficiaires : « On s’est senti abandonné »

Par France Poirier

C’est en ces termes qu’une préposée aux bénéficiaires en CHSLD nous a confié l’horreur qui se vit dans certains établissements de la région. J’ai parlé à deux préposées sous le couvert de l’anonymat qui ont, toutes deux, été atteintes de la COVID-19.

 

Chantal ( nom fictif) travaille dans un CHSLD à Sainte-Agathe où il y avait eu une dizaine de patients contaminés ainsi qu’une vingtaine d’employés. « On a droit à deux masques par jour qui sont efficaces durant que vingt minutes. Nous n’avons le droit aux masques N-95 », soutient Chantal. Elle ajoute que les préposés circulaient d’un étage à l’autre, ce que ne devrait pas. Les préposés qui proviennent d’agence sont même déplacés d’un établissement à un autre du moins jusqu’à la semaine dernière. « Je suis certaine que c’est comme ça qu’on a perdu le contrôle dans les CHSLD », conclut Chantal.

Sylvie (nom fictif) travaille comme préposée aux bénéficiaires depuis plus de 25 ans. Depuis quelques années, elle oeuvre à l’Hôpital de Saint-Jérôme. Elle a aussi contracté le virus et par conséquent son conjoint aussi. « Moi c’est mon travail, mais pas ma famille. Ce qui dérange le personnel, c’est qu’on ne nous donne pas les équipements adéquats. »

Problème de communication

« On se fait dire que ce n’est pas grave, qu’on n’a pas besoin de masque. Depuis quelques semaines, on nous fournit deux masques de procédure par jour qui offrent une protection de courte durée ». Elle ajoute de plus que les gestionnaires ne communiquent pas bien avec le personnel au front. « Ce qui se dit lors du point de presse quotidien du premier ministre, on a l’impression que ça ne se rend pas au niveau du personnel sur le terrain », ajoute Sylvie qui attend juste d’être guérie pour retourner travailler. « Ça fait partie de moi, même si je sais que la situation est difficile, je veux être là pour aider ».

Deux masques par jour, c’est insuffisant

Pour le président du syndicat STTLSSS-CSN, Dominic Presseault, la situation n’est pas idéale. « Pour les masques de procédure, c’est vrai que ce sont deux par jour. Il ne manque pas d’équipement si on se maintient à deux masques par jour. Les maques sont distribués de quart de travail en quart de travail. Nous ne sommes pas d’avance. Il y a une nouvelle note de service par rapport aux masques N-95, on les met uniquement lorsque l’on intube ou extube un patient. Ce sont les normes de l’Institut national de Santé publique en temps normal, mais actuellement, ce n’est pas l’idéal ».

Il ajoute qu’il ne devrait plus y avoir de préposés qui se promènent d’un établissement à l’autre. Cette situation a été réglée mais c’est encore possible que ce soit le cas, mais lorsque mis au courant on règle cas par cas.

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