(Photo : Gracieuseté - Janie Lacroix)
Bahamas sur scène

Festival SuperFolk : grandir sans perdre son âme

Par Jean-Simon Guay

Environ 2 000 festivaliers ont assisté à la neuvième édition du Festival SuperFolk, les 14 et 15 août à Morin-Heights. Après une fin de semaine jugée réussie, l’organisation envisage néanmoins une formule plus petite et plus simple pour souligner son dixième anniversaire l’an prochain.

Vendredi soir, quelques minutes avant la prestation de Bahamas, Ian Kelly s’affaire encore dans les coulisses du SuperFolk. Fondateur et organisateur de l’événement, l’auteur-compositeur-interprète ne se limite pas à accueillir les artistes : il participe également au travail technique, notamment au son.

Cette implication illustre bien la réalité particulière du SuperFolk, devenu suffisamment important pour attirer des noms reconnus, mais qui demeure porté par une organisation modeste. « On n’est pas un gros festival, puis on n’est pas un petit festival. On est quelque part au milieu », résume Ian Kelly. « On n’a pas le budget d’un gros festival, mais on n’est pas non plus aussi relax qu’un petit festival. Il faut que je fasse encore beaucoup de travail. »

Environ 1 000 personnes ont fréquenté le site chaque jour, au parc Basler, pour un achalandage total évalué à quelque 2 000 festivaliers. Ce résultat est comparable à celui de l’édition précédente, selon l’organisation.

La programmation réunissait notamment Bahamas, Beatrice Deer et The Big O String Band vendredi. Le lendemain, Les Petites Tounes, Hanorah, Les Sœurs Boulay et Elliot Maginot ainsi que Fred Fortin se sont succédé.

Une fête de quartier qui grandit

Malgré l’envergure prise par le rendez-vous, Ian Kelly tient à préserver l’esprit qui l’anime depuis ses débuts. « C’est ça, le but : c’est une fête de quartier. On amène des groupes qui attirent des gens qui ne viennent pas nécessairement de la communauté, parce qu’on les veut ici, mais on ne peut pas être seulement 200 personnes et avoir des choses comme ça », explique-t-il.

Pour l’organisateur, le défi consiste à accueillir un public nombreux sans que les résidents aient l’impression que l’événement ne leur appartient plus. « C’est de trouver l’équilibre là-dedans. Il faut que les gens de la communauté ne sentent pas que ces 2 000 personnes-là sont seulement les fans d’un groupe de Montréal et que ce n’est plus chez eux. On essaie toujours de voir jusqu’où on peut aller. »

Le caractère bilingue de la programmation participe aussi à cet équilibre. Si la soirée du vendredi était notamment marquée par la présence de Bahamas et de l’artiste inuk Beatrice Deer, celle du samedi proposait une programmation davantage francophone. « C’est à l’image de Morin-Heights et du Québec », souligne Ian Kelly.

Les artistes dévoilés pour la première fois

La neuvième édition marquait également un changement important dans la formule du SuperFolk. Pour la première fois, le nom des artistes avait été dévoilé avant la tenue du festival. Jusqu’ici, l’effet de surprise faisait partie de l’identité de l’événement. « Nous, on aimait le concept de ne rien annoncer, mais ça ne faisait pas l’unanimité. Notre but, ce n’est pas de fâcher le monde », raconte Ian Kelly. « On a fait ça pendant huit ans. Là, on s’est ouvert et on change les choses », poursuit-il.

Au lendemain du festival, Ian Kelly estime toutefois que le dévoilement de la programmation n’a pas nécessairement eu un effet déterminant. Certains participants lui ont d’ailleurs confié qu’ils appréciaient l’ancienne formule secrète. « Je ne pense pas que ça fasse une grosse différence au final », indique-t-il.

De nouvelles expériences

Parmi les nouveautés, le bain sonore a été une réussite, plusieurs festivaliers ayant souligné « l’ambiance zen » qui régnait sur les lieux. Les prestations de jazz du samedi ont également connu du succès.

Sur scène, le retour de The Big O String Band constituait un moment particulièrement symbolique. Le groupe est né au SuperFolk, rappelle Ian Kelly. « C’était assez spécial pour tout le monde », confie-t-il.

L’organisateur souligne également les prestations de Bahamas, des Sœurs Boulay et d’Elliot Maginot. « Décidément, le talent était au rendez-vous », résume-t-il.

Une quarantaine de bénévoles ont contribué à l’organisation de l’événement, qui réunissait également une vingtaine de commerçants et de restaurateurs.

Un dixième anniversaire plus modeste

Au terme de la fin de semaine, l’équipe dressait un bilan positif de la neuvième édition. « On a vu juste des gens heureux », affirme Ian Kelly, qui insiste sur l’apport de son équipe et de la communauté. « La communauté de Morin-Heights est extraordinaire. On y fait toujours de magnifiques rencontres […] Si j’ai une grande qualité, c’est définitivement de savoir m’entourer. Cette édition restera gravée dans ma mémoire longtemps! »

Pour le dixième anniversaire du SuperFolk, l’organisation ne prévoit toutefois pas nécessairement de voir plus grand. Ian Kelly envisage plutôt un retour aux sources. « Nous envisageons de célébrer nos dix ans de façon très modeste. Small is beautiful. Je pense que nous allons retourner à quelque chose de beaucoup plus petit et beaucoup plus simple à organiser. »

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