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« It’s nice to be home! »

Par Martine Laval

Rufus Wainwright

Alors qu’il est en train de traverser le pays de Galles en Angleterre, Rufus Wainwright m’exprime avec sensibilité sa venue prochaine à Saint-Sauveur où il fera d’une pierre deux coups dans ce village qu’il connaît bien, étant celui de sa famille, et ce, encore à ce jour. Retour à la maison d’un grand auteur-compositeur-interprète de chez nous.

Que fait résonner en vous l’honneur qui sera fait à votre mère Kate Mc Garrigle, de nommer la scène du parc Georges-Filion de son nom?

Ça vient toucher bien des choses en moi, considérant d’abord et avant tout que ma mère est enterrée au cimetière de Saint-Sauveur, que c’est ici qu’elle a grandi avec ses sœurs – Anna et Jane -, et que ma sœur – Martha Wainwright – et moi y sommes venus tout au long de notre vie et encore régulièrement. En certaines occasions, toute la famille, nous marchons de la maison jusqu’au cœur du village pour rendre visite à Kate. Alors, ce nouveau lieu qui lui sera dédié ajoutera un autre endroit touchant à la promenade.

De plus, je trouve que ma mère, non sans dire le nom Mc Garrigle, mérite cet honneur. Les Mc Garrigle sont l’exemple des anglophones au milieu des francophones qui ont toujours parlé et chanté dans les deux langues pour démontrer leur appartenance et leur intérêt à la culture et à l’identité québécoise. Elles mariaient les musiques folk irlandaise et québécoise, du temps où Saint-Sauveur était composée de différentes cultures. Mon grand-père a commencé à venir à Saint-Sauveur vers 1940, donc ça fait longtemps que les Mc Garrigle font partie de ce village unique!

Que signifie pour vous votre participation au Festival des Arts de Saint-Sauveur?

Guillaume Côté est un danseur absolument fantastique et une personne extrêmement agréable et sympathique. Son invitation était une opportunité de participer à ce merveilleux festival dont on entend parler avec renommée, en ce lieu qui me touche  et fait partie de ma vie. La décision a été facile, car les deux événements se combinent si bien!

On dit de vous que vous êtes d’une authentique originalité. Est-ce parce que vous donnez tout de vous dans chacune de vos créations?

Ceci vient de ma mère qui nous a élevés, ma sœur et moi, dans la musique. Quel que soit le style, rock’n’roll, classique… on devait donner le meilleur de notre intensité intérieure. Il n’y avait pas grand place pour le« jouer pour jouer ». On avait beaucoup de plaisir, mais il fallait constamment donner le meilleur de soi. C’est l’état d’esprit que nous a transmis Kate dans tout ce que nous faisons.

Vous jouez du piano et de la guitare. Y a-t-il un Rufus différent derrière chaque instrument?

Kate était multi-instrumentiste : violon, accordéon, piano, banjo… mais elle jouait principalement du piano. Donc, pour moi, le piano c’est ma mère, et la guitare c’est mon père, qui était un guitariste fantastique. Je trouve le piano beaucoup plus féminin et typique pour moi, et la guitare plus masculine. Pas que le piano ne soit pas difficile ou intense! Ça n’a rien à voir avec la force ou la faiblesse, mais le piano me met dans un état plus romantique, alors qu’avec la guitare, je me sens plus rock’n’roll.

Où vous sentez-vous le mieux?

Je suis beaucoup plus confortable au piano et je crois que je fais d’excellents arrangements avec cet instrument, qu’ils soient en pop ou en classique. Lorsque j’ai commencé ma carrière, ma plus grande influence venait de Nina Simone qui m’a enseigné à amalgamer les différents genres de musique : classique, pop, jazz, et de les incorporer tous au piano. 

« Le côté lumineux se développe, mais le côté sombre est toujours là », confiez-vous.  Vous sentez-vous toujours ainsi, ou en avançant dans la vie ça change?

J’ai un enfant maintenant et avec ça s’ouvre tout un univers insoupçonné de sensations que je ne pouvais même pas concevoir. C’est vraiment excitant! Mais oui, j’ai toujours eu un petit côté personnel sombre et lugubre, mais avec tout mon travail de création, c’est en général très positif. Je sens une enveloppe lumineuse à travers la brume qui me réconforte et me stabilise. Mais je ne suis pas une personne négative à la base, je n’ai tout simplement pas peur de la tristesse lorsqu’elle est là. 

Comment vivez-vous intérieurement avec la mémoire de votre mère?

Elle me nourrit constamment, et je la sens très présente ces temps-ci, probablement parce que je vais faire ce spectacle à Saint-Sauveur. Je crois que Kate est toujours présente, même après sa mort. On ne perd jamais vraiment sa mère…

Un petit mot pour vos spectateurs de Saint-Sauveur, Rufus?

 

It’s nice to be home!

Le dévoilement de la plaque honorifique dédiée à Kate Mc Garrigle aura lieu le 29 juillet à midi au parc Georges-Filion.

Le spectacle de Rufus Wainwright en préouverture du Festival des Arts de Saint-Sauveur prendra place le 29 juillet à 20 h sous le grand chapiteau, précédé d’un apéritif gourmand sous la tente V.I.P. en présence de Guillaume Côté à 17 h, et suivi d’un dînatoire intime et privilégié  en présence des deux vedettes renommées au Bistro A Vino.

www.fass.ca

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