Jean-Pierre Ferland

Jean-Pierre Ferland
Martine Laval
Culture

Le Petit Roi dans son grand Domaine!

Comment va la santé Jean-Pierre Ferland?

Très bien! (lancé d’un grand enthousiasme spontané).

Et que faites-vous pour qu’elle aille si bien la santé?

Je suis heureux! (rires). Et je travaille très fort! Je travaille sur La Femme du roi, la comédie musicale. Je mets tout mon temps là-dessus. C’est énorme! Et puis une fois de temps à autre je fais un spec- tacle pour faire plaisir à mes amis et me remémorer des anciennes salles comme Le Patriote de Sainte-Agathe.

Vous aviez pourtant déclaré il y a quelques années que c’était fini la scène!

C’est pour faire plaisir à ceux qui m’ont aidé dans l’temps! C’est une façon de les remercier. J’ai toujours du plaisir à chanter bien sûr, sauf que maintenant c’est un plus gros travail de préparation avec les répétitions, une certaine discipline physique quelques semaines avant, me remettre mes chansons en tête… Mais c’est bien agréable quand même!

Parlez-moi de la Femme du roi

C’est l’œuvre de ma vie! C’est la chose la plus importante pour moi en ce moment. Je travaille avec Alain Leblanc, mon chef d’orchestre et mon compositeur. C’est long, laborieux et inquiétant de faire une comédie musicale! Car en plus d’y mettre son temps, on y met tout son argent, toute sa volonté, son espoir. Et puis c’est risqué aussi, parce qu’au Québec on n’a pas la culture des comédies musicales. Il faut convaincre les gens! Ce n’est pas comme à Paris où il y a un engouement naturel pour ça. Donc c’est un risque. Comme l’est ce métier! Car quand on écrit une chanson, on se croise les doigts, en espérant qu’elle soit un succès. Dans mon cas, j’avoue que j’ai été privilégié!

Pourquoi La Femme du roi vous tient tant à cœur?

C’est pour la pérennité de mon travail, de mon œuvre, pour mes enfants, mes petits-enfants, mes anciennes femmes. Parce que c’est beau de faire une carrière comme ça, mais quand on s’en va… il faut rester présent quand même… avec du nouveau matériel, une nouvelle ins- piration. C’est comme une réussite posthume. J’ai 80 ans!

Et puis pour moi, c’est la plus belle histoire d’amour que celle de celui qui a renoncé à la couronne (Edward VIII, Duc de Windsor), pour épouser celle qu’il aimait (l’américaine Wallis Simpson). C’est une ode à l’amour! Et moi c’est l’amour qui a mené toute ma carrière!

Quand vous regardez par-dessus votre épaule, cette longue carrière, vous y voyez quoi?

Je vois un p’tit gars d’la rue Chambord à Montréal, qui est devenu une vedette malgré lui. Quand j’étais petit, dans la maison de mes parents, il y avait deux disques: celui de Bing Crosby et la 5e de Beethoven. À part le répertoire télépho- nique, il n’y avait aucun livre ou presque. Alors je me suis fait un semblant d’artiste à partir de rien.

Mais à partir d’une grande personnalité M. Ferland!

Oui, peut-être! C’est que comme je n’étais pas beau, je voulais être intéressant! (rires). Et c’est pour ça que je n’ai absolument pas peur de la mort. J’ai eu une vie extraordinaire.

Je n’ai pas peur de vieillir, pas peur de mourir, et je n’ai pas peur d’être malheureux. La vie m’a gâté et elle me gâte toujours. Et savoir que je suis aimé encore aujourd’hui!…

Car être aimé, c’est le travail de tout le monde, le plus délicat, le plus subtil. Parce que quand on ne nous aime pas, c’est terrible! Les artistes qui ne sont pas appréciés souffrent le martyre!

À un moment vous avez dit: «Je ne veux pas vieillir en public.» Pourquoi?

Non! J’ai dit: «je ne veux pas mourir sur la scène!» Je trouve que mourir sur la scène, c’est un manque d’élégance. Ce n’est pas beau de rendre son dernier soupir devant le monde! C’est quelque chose de très secret, de très intime ça! Donc je ne veux pas tomber mort raide! Quand on est vieux, haute pression, basse pression, le trac sur scène, ça ne ménage pas notre cœur! Alors si jamais ça m’arrivait, je voudrais que ça m’arrive en prenant ma douche. Je ne veux pas que les gens disent «Ah! Mon dieu! J’étais là quand il est mort!»

Comment va votre domaine de Saint- Norbert?

Ah! Saint-Norbert! C’est mon hôpital! Ma chambre d’inspiration! J’aime tellement cette maison-là! Je l’ai bien traitée et elle me le rend bien aujourd’hui. Je l’ai achetée pas cher il y a 42 ans et je l’ai agrandie, de mes propres mains. Avec le temps j’en ai fait un royaume. C’est tellement beau! C’est merveilleux, en toute saison. C’est vraiment l’amour de ma vie!

Et au Patriote, on s’attend à quoi Jean-Pierre Ferland?

Ça fait longtemps que je n’ai pas fait un spectacle aussi long et complet! Alors je suis allé chercher des chansons que j’avais oubliées, qui m’ont fait pleurer en les entendant de nouveau… Alors je me suis dit que je n’avais pas perdu mon temps.

À très bientôt sur scène Jean-Pierre Ferland (le 11 avril au Patriote), et douce vie dans votre Domaine du Grand Roi chansonnier que vous êtes! 

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