Litha – 2e album pour la formation laurentienne

Litha – 2e album pour la formation laurentienne
Culture

Une autre saison pour Skarazula

[ guy marceau ] «Y a plus d’saisons!», dit l’expression consacrée. Parlez-en au trio médiéval Skarazula qui vient de compléter, avec le lancement de Litha (solstice d’été), la moitié de son propre cycle thématique des saisons. Ce clin d’œil aux fêtes païennes est en fait un beau prétexte qui lui permet une grande liberté créatrice et interprétative, en puisant allègrement au répertoire qui s’étend sur plus d’un millénaire.

Le travail de Skarazula est le fruit de la recherche de musiques et poésies des siècles anciens, auquel s’ajoute la composition de musiques originales d’inspiration médiévale très convaincantes (quatre pièces sur Litha), et les perles d’une étonnante lutherie à cordes (vièle, cistre, mandore, trompette marine) fabriquée par le compositeur et chanteur François Rainville. Le percussionniste Steve Grenier et le flûtiste François Perron complètent le trio, qui a aussi créé un spectacle jeune public pour les Jeunesses Musicales du Canada, présenté dans les écoles et dans les Maisons de la culture. Sur Ostara (équinoxe du printemps), premier album paru en 2004, Skarazula interprétait des musiques françaises, bretonnes et italiennes autour du XVe siècle aux accents plus nordiques. Litha, qui parcourt toutefois un plus large répertoire temporel, du IXe au XXe siècle, est marqué par des rythmes espagnols qui invitent à la danse et de riches sonorités moyen-orientales. «La musique turque est maintenant un de mes champs d’intérêts principaux», explique François Rainville qui joue du oud (ancêtre mauresque du luth et de la guitare) depuis quatre ans avec un maître Turc très réputé, Ismail Hakki Fencioglu. Avec les subtilités du oud et de la gamme turque en quarts de ton, mêlées aux sonorités du kaval (flûte jouée dans Les Balkans et en Turquie) et des percussions moyen-orientales comme le daf et le doumbek, il en résulte un exotisme très chaleureux qui convient parfaitement à l’essence et au thème de Litha.

Pour cette nouvelle production, Skarazula a voulu également représenter plusieurs langues du bassin méditerranéen qui a été le lieu d’un grand métissage musical depuis le Moyen Age. «Ar Bleizi-mor, la pièce la plus ancienne du disque (IXe siècle) est chantée en Breton, précise Rainville, L’autrier jost’una sebissa, une poésiedu troubadour Marcabru (XIIe siècle) est chantée en langue d’Oc, et une autre, La rosa enflorece (XVe siècle) fait entendre un dialecte judéo-espagnol.» Et la plus récente, une mélodie turque du XXe siècle, lui a inspiré un arrangement très festif et arabisant d’une grande efficacité. Skarazula s’est aussi adjoint les talents de collaborateurs réguliers, notamment la mezzo-soprano Marie-Annick Béliveau, Frédéric Fontaine, guimbarde, et Pierre-Alexandre St-Yves, multi-instrumentiste.

Pour la petite histoire, Skarazula a joué les Troubadours et figuré dans la grande scène médiévale du film L’Âge des ténèbres de Denys Arcand. Aux dires de François Rainville, le tournage était passionnant, mais seuls le public et le jury de Cannes ont pu apprécier la présence et le talent de Skarazula. «La scène où l’on nous voyait jouer live a malheureusement été coupée au montage dans la version québécoise, mais on peut entendre trois pièces tirées de notre album Ostara sur la bande sonore du film.» En attendant la prochaine saison de Skarazula, Litha est disponible chez Archambault, dans les boutiques médiévales et sur leur site Internet au www.skarazula.com

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