Semaine de la poésie: Hommage à Joséphine Bacon, poète de la Toundra

Semaine de la poésie: Hommage à Joséphine Bacon, poète de la Toundra
Martine Laval
Culture

Poète innue originaire de Betsiamites près de Baie-Comeau, Joséphine Bacon est reconnue comme une auteure phare au Québec. Elle parle un langage rempli de poésie, où la modernité résonne de l’écho des anciens qui ont jalonné sa vie. Ses nombreux écrits, publiés chez Mémoire d’encrier, sont de vibrantes évocations de la vie nomade et de l’amour des grands espaces.

Parolière et auteure des textes d’enchaînement du spectacle de Chloé Sainte-Marie, la vision poétique de Joséphine Bacon se reflète aussi dans les courts-métrages et les émissions de télévision qu’elle a réalisés avec les productions Manitu.

Surnommée affectueusement «Bibite» par Chloé elle-même, Joséphine Bacon est traductrice et interprète auprès des anciens innus et enseigne l’innu-aimun depuis plus de 40 ans. Elle donne de nombreux ateliers d’écriture et conférences dans les universités, les cégeps et les communautés autochtones de la Côte Nord. Porteuse de la parole de ses ancêtres, elle travaille à diverses traductions de l’innu-aimun vers le français.

Depuis son premier recueil, Bâtons à message/Tshissinuashitakana (2009) qui jouit d’un immense succès, elle écrit en pensant à son peuple, porteur d’une tradition millénaire. Toujours chez Mémoire d’encrier, elle a publié en collaboration avec José Acquelin Nous sommes tous des sauvages. Un thé dans la toundra est son dernier recueil de poèmes, en français et en innu, toujours.

Joséphine «Bibite» Bacon a reçu de nombreuses distinctions, dont le Prix des lecteurs du Marché de la poésie de Montréal en 2010 pour son poème Dessine-moi l’arbre. Elle a été invitée en Colombie, en Russie, en Arménie et en Haïti et elle revient d’une tournée poétique dans la région de Lyon, en France. Le printemps des poètes, poésie et autres langues fut une série de lectures et de discussions dans des petites villes du Jura où les gens écrivent dans leur langue et partagent leur poésie.

«Tous les poètes devraient être reconnus. On a tant besoin de poésie dans ce monde de violence dans lequel nous vivons!», lançait-elle, à la veille de recevoir un hommage pendant cette Semaine de poésie des Laurentides.

«Ma poésie est simple, composée de mots qui me permettent de partager ce que je vis et comment je vois la toundra. Je transmets la reconnaissance que j’éprouve envers la terre pour tout ce qu’elle nous donne de nourriture, de médicaments, de bienfaits, et mon sentiment d’harmonie avec elle», conclura Joséphine Bacon.

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