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Les vacances

Par Josée Pilotte

Ce serait vachement sympa si on pouvait prendre des vacances de soi, des autres, de rien, de tout. S’arrêter, se libérer de soi-même l’instant de courtes, de trop courtes vacances. Ce serait la vraie vie, le vrai repos. La totale quoi!

Imaginez un peu: fini le régime draconien un mois avant de partir, pour pouvoir porter le nouveau bikini «tendance-été-2008»; finies les «garden parties» avec l’un, avec l’autre… Imaginez un peu: finie la course folle, enfin deux semaines pour juste refaire le cabanon, monter le nouveau BBQ, repeindre la chambre du petit dernier, fleurir la rocaille, aller au Caire, se marier à Las Vegas, faire de l’aide humanitaire en Afrique Noire… Et demander à Chéri de nous faire l’amour comme un dieu tous les soirs… Oui, finie la course folle. Enfin!

Imaginez que vous ayez le droit, une fois par année, de ne rien faire; imaginez qu’une fois par année vous ayez droit de ne plus vous rappeler votre nom. On pourrait être nus, tout nus comme des vers, habillés seulement d’une coupe de margarita avec les p’tits parapluies «pinés» sur la tête.

Imaginez qu’on ne vous demande plus rien, l’instant d’une courte, trop courte vacance. Imaginez la vraie vie!

Trêve d’imagination. Maintenant: la réalité. La mienne. Mais. Je vous rassure tout de suite, je m’y exerce depuis déjà, quoi?, deux semaines, à la légèreté, bien «évachée» sur une plage au soleil, un livre à la main, avec pour seul étourdissement possible… tourner les pages trop vite!
À ma droite, la pile de bouquins lus: Anna Cavalda, Dompierre, Stieg Larsson, Fred Vargas, Pennac, Siri Hustvedt… À ma gau-che, la pile de bouquins non encore lus: Beigbé, Laferrière, Stanley Péan, Le poing G pour les nulles… Et dire qu’au début je m’inquiétais de voir la hauteur de la pile de droite en ne pensant jamais y arriver! Main-tenant ma seule inquiétude de la journée est d’en voir la fin, le vide, ma main cherchant nerveusement sur ma droite n’y trouvant que les grains de sable chaud et les lèvres de Chéri. Fraîches. Entre deux chapitres et deux baisers j’enfile palmes et tuba pour admirer les fonds marins, seul exercice permis durant mon séjour en territoire français. Pas question de regarder l’heure, d’ouvrir le cellulaire, ou de prendre mes courriels à distance. Ici l’heure est à la sieste, à écouter le bruit des vagues sur la plage et à lire le bonheur sur le visage de mes enfants. Et vous?

Pour vos vacances, je vous souhaite autant de légèreté, de folies, d’insouciance. Soyez surtout un minimun drôles et joyeux. Et, comme moi, je vous souhaite aussi du sucre sur les lèvres et du sel dans les cheveux. Voilà c’est tout simple comme ça, mes vacances. Remarquez que pour une fille comme moi, toujours branchée sur le 420, ça me change un peu l’air, disons que je me tape moins sur les nerfs (c’est peu dire… je devais en avoir vraiment besoin!!!)

Je vais, pour les quelques jours qui me reste, essayer d’oublier mon nom, l’instant d’une courte, trop courte vacance…

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