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La chronique À mimi

En vacances, on a parfois envie de déconner. C’est justement ce que j’ai décidé de faire dans ma chronique de cette semaine.

Ne la prenez surtout pas au pied de la lettre, ça ne vaudrait même pas le coup. Certains penseront que je n’aime pas les syndicats : faux. D’autres que je suis contre le progrès : faux. Je me suis simplement amusée à rédiger un texte imageant tous les beaux jardins que je croise lors de mes marches quotidiennes. Rien de plus.

Il était une fois des fruits et quelques légumes qui avaient vu le jour au paradis terrestre. Ils étaient beaux à croquer et, malgré leurs différences, ils se côtoyaient sans aucun problème. Le bonheur total, quoi! Mais un jour, la banane se dressa en disant que c’était assez. « Assez de pollution », dit-elle. Mais il n’y avait point de pollution sinon que dans sa tête. Le pire se produisit puisque ses voisins, sans même trop comprendre son discours, acquiescèrent de la tête. Ils reconnaissaient dans ce fruit le rôle d’un beau parleur et d’un grand faiseur.

Entre vous et moi, ce n’est pas toujours dôle une banane quand ça se met soudain à réfléchir pour dire n’importe quoi. « On s’est fait passer un citron », affirma-t-elle. On mérite beaucoup mieux et nous devrions avoir de meilleures conditions. « Mais, risqua la petite cerise, que désirer de plus : le soleil brille quotidiennement, on nous arrose régulièrement et nous sommes si beaux à voir! » « Non, non et non, répliqua la banane qui commençait à rire jaune. Fiez-vous sur moi, votre vie sera meilleure! » Tout en l’écoutant, la noix se grattait le coco, tandis que la prune et la blonde, mi-figue mi-raisin tentaient de comprendre le noyau de la chose.

Quelque peu mécontente, la banane décida d’aller chercher du renfort dans le jardin d’à côté où maître concombre se faisait dorer le kiwi. « Ail », fit-il en signe de salut. La banane ne perdit pas de temps et s’aventura sur son chemin glissant. Maître concombre avait quelques graines de folie en lui : il se montra ouvert au changement. Ayant écouté que d’une oreille, la pomme de terre devint plus réticente. « Mais que diable veux-tu changer, s’enquit-elle, tout en se cachant du soleil, car elle commençait à peler. Ici, sache que tout le monde sème », conclut-elle. La banane se retourna pour savoir d’où venait l’opposition. « Oignon, pas toi la sautée, tu es comme à ton habitude : dans les patates. » La banane avait chaud, elle enleva une pelure et repartit en croisade afin d’en convaincre d’autres. Tous les légumes assis en rang d’oignons écoutèrent attentivement les paroles de dame Banane. Certains récalcitrants lui crièrent chou, ils n’aimaient pas sa fraise. Elle continua son allocution sans fin, mais en même temps, elle se disait, c’est sûr qu’ils maïs. Atocas… Elle les laissa mariner dans leur jus.

Vu qu’ils navet plus beaucoup de temps avant la tombée du jour, ce petit peuple décida de faire confiance à ce sauveur venu défendre leurs droits. Tous votèrent en sa faveur. La banane revint la tête bien haute, forte de l’appui de ses con-frères. Et pourtant, nul n’est prophète dans son jardin.

À leur tour, les fruits furent impressionnés par le résultat, la banane avait bien vendu sa salade. Ils décidèrent sur-le-champ de lui faire également confiance. C’est à ce moment-là que la banane rendit visite à Grosse Légume, que l’on nommait le tout-puissant qui s’exclama : « Comme ça, plus personne n’est heureux dans ce jardin d’Éden. Tu peux compter sur moi, il y aura du changement ».

À partir de ce jour, il transforma les fruits en confitures, en compotes, en coulis. Les légumes furent réduits en purées, en marinades de toutes sortes, trempés dans le vinaigre. D’autres terminèrent leur périple en ratatouille et en beau maudit. Certains furent arrachés à leur terre ou carrément déracinés. Ils n’eurent plus la fière allure qu’on leur connaissait, mais c’est vrai que leurs conditions avaient changé, Grosse Légume avait tenu parole. Quant à la banane, elle s’exila pour de bon. Certains disent qu’elle vit maintenant dans les pays chauds.

Ainsi naquit, hors du paradis terrestre, le premier syndicat, fruit de mon imagination.

Des commentaires? Contactez Mimi Legault à mimilego@cgocable.ca 

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