Tour Charles-Bruneau

Par Jean-Patrice Desjardins

L’inspirant parcours de Marie-Soleil Quesnel

« Avoir des projets, des rêves, ça garde en vie », se fait-on souvent répéter. Voici la démonstration frappante de la véracité et de l’importance de cet adage avec la Val-Davidoise Marie-Soleil Quesnel, dont le parcours de vie, maintes fois interrompu par la lutte contre le cancer, ne l’empêche pas d’être active et de faire des projets de carrière.

Nous retrouvons Marie-Soleil Quesnel alors qu’elle revient à Val-David après s’être impliquée comme bénévole au Tour Charles-Bruneau de la fondation du Centre de cancérologie de l’hôpital Sainte-Justine. Un lieu qu’elle connaît bien pour y avoir passé une bonne partie de sa vie.
Marie-Soleil porte son maillot de cycliste. Ce matin, c’est à son tour de rouler et l’assurance qui se dégage de cette femme de 21 ans nous laisse penser qu’elle ira loin!
Dès sa première année de vie, les médecins remarquent que son bras gauche ne répond pas bien aux stimulus nerveux. On lui diagnostique un cancer alors qu’une importante tumeur est logée au cerveau, « une masse qui part du tronc cérébral et descend le long de la moelle épinière », explique-t-elle sans broncher. Pour cette raison, Marie-Soleil ne pourra plus jamais utiliser son bras gauche, « pourtant bien vivant et vascularisé », poursuit-elle.
C’est tout le côté gauche de son corps qui est touché par la présence de la tumeur, mais Marie-Soleil a toujours été une fille active et sportive, compensant avec d’autres parties du corps quand vient le temps de pratiquer le ski ou le vélo.
« J’ai été malade jusqu’à l’âge de quatre ans, puis ça s’est stabilisé. À l’école, j’étais toujours la première prête quand c’était le temps de sortir pour faire des activités », explique la jeune femme qui était du programme nature-études à l’école secondaire de Saint-Donat.

La rechute

À 11 ans, c’est la rechute. Marie-Soleil a beaucoup de difficultés à s’alimenter, car la maladie atteint les fonctions digestives. « J’étais très maigre et j’allais à l’école très sporadiquement. J’ai fait l’école à la maison », affirme celle qui est aujourd’hui diplômée du cégep de Saint-Jérôme.
Cette rechute a été une période difficile, alors qu’elle retombe dans le cycle des traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Malheureusement, et contrairement à l’époque du diagnostic de sa maladie alors qu’elle était bébé, son neurochirurgien rejette l’idée de la chirurgie.
« Le médecin m’a dit que j’avais atteint les limites de la médecine avec ma maladie. Sa réponse, je ne l’ai pas acceptée! »
Transférée à l’hôpital pour enfants de Montréal (le Children), un autre neurochirurgien lui offre une intervention. « J’avais peur de l’anesthésie, mais c’était la chirurgie ou les traitements palliatifs », lance froidement Marie-Soleil.
Des chirurgies successives de 10 et 16 heures en l’espace de quelques mois permettent d’enlever 90 % de la tumeur dans le tronc cérébral de même que dans la moelle épinière. « Sans cette intervention, je serais décédée », précise-t-elle.

Son « chez-nous »

Marie-Soleil subira une autre chirurgie pour stabiliser sa colonne vertébrale. C’est donc une période de sa vie marquée par une pause des études. « J’ai toujours aimé bouger, alors d’être enfermée entre quatre murs, c’était difficile. Une chance que j’aime les arts, car j’en ai profité pour dessiner, bricoler. » C’est aussi un moment passé sans voir les amis, comme si on avait volé une partie de son enfance.
Mais tous ces moments passés à l’hôpital lui auront permis de tisser des liens et Marie-Soleil est aujourd’hui reconnue par le personnel du Centre de cancérologie Charles-Bruneau. « J’ai été presque élevée là-bas. C’est un peu comme un chez-nous. J’y retourne encore même si n’y suis plus traitée. »

Les rêves, les projets

C’est en s’impliquant avec la Fondation Tremblant, il y a cinq ans, que Marie-Soleil découvre ce qui la passionne aujourd’hui : l’organisation d’événements. « J’ai tellement trippé, on m’a demandé ensuite d’être porte-parole pour le tour de l’Espoir de la Fondation Charles-Bruneau. Et c’est ma sixième année avec les 24 h de Tremblant! »
Marie-Soleil est donc sollicitée pour des événements liés à ces deux organisations et a même été stagiaire à la Fondation Charles-Bruneau pendant son cours en coordination d’événements au cégep.
Elle se décrit comme une « mordue » de ce genre d’événements alors qu’elle découvre son tatouage sur sa jambe, dédié à la cause des enfants atteints du cancer.
Marie-Soleil a fait des conférences dans les écoles primaires pour parler de son parcours et son courage est évident quand elle conclut l’entrevue par ces mots : « On n’attend pas que le temps passe quand on est malade, on avance! Moi, mon ambition, c’est de devenir coordonnatrice en chef à la Fondation Charles-Bruneau! »

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