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(Photo : Simon Cordeau)
Gare-de-Mont-Rolland
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De nouveaux jours pour trois bâtiments historiques des Laurentides

Par Production Accès

Trois bâtiments patrimoniaux des Laurentides pourront bénéficier de rénovations. Depuis 2019, le ministère de la Culture du Québec élabore un projet de soutien du patrimoine immobilier. L’ancienne gare de Mont-Rolland à Sainte-Adèle, l’église Saint-Michel de Wentworth-Nord et l’hôtel de ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson profiteront du programme. Québec octroie 1,1 million de dollars pour épauler l’ambition.

En mars 2021, le ministère de la Culture annonçait débloquer 300 000 $ pour soutenir la démarche de la MRC des Pays-d’en-Haut. Sept mois plus tard, 800 000 $ supplémentaires sont débloqués par Québec. Cette aide s’inscrit dans une certaine tendance du gouvernement à valoriser le patrimoine immobilier des MRC. En avril 2021, la Loi sur le patrimoine culturel est modifiée. Les différentes MRC ont désormais jusqu’en 2026 pour recenser les bâtiments patrimoniaux de leur territoire. En 2018, la destruction de la Maison du patriote Boileau, à Chambly, avait scandalisé une partie de la population. « On peut penser que l’élaboration du programme survient en réaction à cette démolition », appuie Philipe Laplante.

Patrimoine immobilier

L’hôtel de ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. Photo: Simon Cordeau

« Procédé en entonnoir »

La MRC des Pays-d’en-Haut était chargée d’établir l’inventaire de propriétés municipales susceptibles de nécessiter des travaux. Christiane Brault est historienne et administratrice de la Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut. Elle effectuait le lien entre les différentes sociétés d’histoire, les municipalités et la consultante en patrimoine mandatée par la MRC. Pour être admissibles, les infrastructures doivent répondre à certains critères. Pour cela, une grille d’évaluation accordait un « pourcentage de valeur patrimoniale » aux bâtiments préalablement retenus par la MRC. Les édifices obtiennent une note allant de 0 à 100 et un commentaire au sujet de leur valeur. Sont évalués « l’intérêt historique », « l’intérêt architectural » et « l’intérêt paysager et urbaniste ». Dans le détail, l’évaluation prend en compte : l’architecte à l’origine du bâtiment, si le lieu est associé à un personnage historique, le contexte de construction, etc.

À l’origine de la mission, 14 bâtiments étaient candidats. « On a procédé en entonnoir », affirme Philipe Laplante, agent de développement culturel à la MRC. Au final, trois bâtiments sont élus pour bénéficier de l’aide : l’ancienne gare de Mont-Rolland à Sainte-Adèle, l’église Saint-Michel de Wentworth-Nord et l’hôtel de ville de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson. « La prochaine étape, c’est d’évaluer le coût des travaux », informe Philipe Laplante. « On va attendre que les différentes municipalités s’embarquent dans cette nouvelle étape, de manière administrative et financière », poursuit-il. C’est « l’étape technique ».

Le projet est découpé en deux volets. Le premier prévoit la « conclusion d’ententes avec les MRC et les municipalités pour la restauration du patrimoine immobilier ». Le second planifie « l’embauche d’agents de développement en patrimoine immobilier ». Les édifices appartenant à des propriétaires privés ne sont pas concernés par ce programme. « On a préféré faire les choses une par une. On va voir comment évoluent les choses avec les bâtiments municipaux, mais on préfère ne pas tout mélanger », soutient Philipe Laplante. Par la suite, la MRC devrait prévoir la mise en œuvre du programme de restauration sur au moins deux des trois immeubles admissibles. « On va privilégier la gare de Mont-Rolland. C’est le bâtiment qui a obtenu la meilleure valeur patrimoniale », confie Philipe Laplante.

La gare de Mont-Rolland, témoin direct de l’ancien temps

Pour chaque bâtiment, Christiane Brault a établi des fiches historiques. Les notes prises par l’agente de terrain témoignent de l’importance historique de chaque lieu. Grâce à ses recherches, Christiane Brault peut affirmer que « la gare ferroviaire de Mont-Rolland demeure, dans la MRC des Pays-d’en-Haut, le seul témoin du rôle qu’a joué le chemin de fer dans la colonisation et le développement du territoire ».

L’inauguration du lieu s’est déroulée en juillet 1892. À l’époque, « une foule considérable attend les excursionnistes », relève l’historienne. Le village de Mont-Rolland voit le jour dès le début des années 1880. Le curé Antoine Labelle de Saint-Jérôme acquiert en 1902 le moulin de la North River Lumber & Pulp. Un village s’implante progressivement autour de l’entreprise qui deviendra ensuite La Rolland. « Lorsque le village atteint 300 âmes, la mission paroissiale de Saint-Joseph de Mont-Rolland est créée. La municipalité de Mont-Roland se détache de celle de Sainte-Adèle en 1918 », informe Christiane Brault. La gare de Sainte-Adèle devient la gare de Mont-Rolland en 1921.

La compagnie ferroviaire du Canadien National (CN) s’adapte à la forte affluence de skieurs dans les Laurentides. Des wagons destinés aux skieurs, les « trains de neige », permettent à la clientèle de voyager en apportant des skis à bord. Le Canadien Pacifique (CP) suit la tendance dès 1927. Des milliers de skieurs se rendent dans les Laurentides chaque fin de semaine. Pour répondre à la demande, l’ancienne gare est détruite et une nouvelle prend sa place sur le site. Le développement économique de la région est en plein essor. « On transforme les maisons en pension. Apparaissent avec l’investissement de capitaux étrangers des auberges et des hôtels de luxe », affirme l’historienne.

L’âge d’or du chemin de fer des Laurentides débute dans les années 1930-1940. « Un certain dimanche de janvier 1939, on compte 3 200 skieurs à bord des wagons à la gare de Mont-Rolland », soutient Christiane Brault. À partir des années 1950, le trafic ralentit. On ne compte plus qu’une dizaine de trains circulant la fin de semaine. La compagnie Canadien Pacifique met fin en 1955 à son service de « trains de neige ». Via Rail instaure en 1977 un convoi composé de trois wagons. La ligne prend définitivement fin trois ans après. 1990 signe la mort de la route ferroviaire, alors que le démantèlement des rails et des traverses de bois est organisé. Quatre ans plus tard, la MRC signe un bail d’une durée de 60 ans avec le ministère des Transports du Québec pour réquisitionner l’emprise ferroviaire située sur son territoire. En 1996, un projet de piste cyclable et de sauvegarde des gares des Laurentides voit le jour. Une boutique de sport, un café, et un espace pour accueillir la clientèle du Parc linéaire du P’tit Train du Nord ont aussi pris place dans les espaces de l’ancienne gare.

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