La MRC avance entre urgence sociale et défis environnementaux
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Hausse d’environ 150 % de l’itinérance sur le territoire, médiation pour le pont Newaygo et impatience sur les dossiers environnementaux ont marqué la séance du 14 avril à Morin-Heights.
Le conseil de la MRC des Pays-d’en-Haut a été dominé par un constat clair: l’itinérance progresse rapidement, même en dehors des grands centres. Dans les Laurentides, la hausse atteindrait environ 50 %, tandis que la MRC évoque une augmentation pouvant atteindre 150 %. « La crise n’est pas seulement dans les grandes villes. Elle est maintenant également en région », a affirmé la préfète Catherine Hamé.
Le conseil a adopté une résolution pour évaluer une collaboration avec la MRC des Laurentides et a mandaté son administration afin d’élaborer une stratégie de lutte contre l’itinérance. Cependant, le rythme du dossier soulève des inquiétudes. « On ne connaît pas les chiffres. On ne connaît pas la solution », a lancé monsieur Papas, maire de l’Estérel, appelant à la prudence. À l’inverse, la mairesse de Morin-Heights, Louise Cossette, a plaidé pour aller de l’avant. « Il y a une opportunité. Allons chercher l’information. »
Pont Newaygo: la voie de la médiation
Autre dossier central: le litige entourant le pont Newaygo, à Wentworth-Nord. La MRC privilégie désormais une approche de médiation afin d’éviter un long processus judiciaire. « Nous croyons qu’une démarche de médiation constitue une avenue constructive […] et qu’elle représente une ultime tentative pour éviter un procès », a déclaré Catherine Hamé.
Le conseil a aussi indiqué qu’il ne s’opposait pas à la circulation automobile sur la portion concernée du corridor aérobique, tout en souhaitant encadrer la cohabitation des usages.
Environnement: frustration sur les délais
Les enjeux environnementaux ont également refait surface, notamment en lien avec les aires protégées. Louise Cossette a dénoncé les délais dans le traitement de certains projets. « C’est inacceptable après deux ans de ne pas avoir de réponse », a-t-elle affirmé.
La MRC a par ailleurs confirmé une contribution au Sommet des Laurentides en environnement, une initiative visant entre autres la protection des milieux humides et hydriques.
Patrimoine et pression démographique
Le conseil a aussi adopté l’inventaire des immeubles à valeur patrimoniale, une obligation découlant de la Loi sur le patrimoine culturel.
Du côté des services, la MRC a appuyé l’agrandissement de l’école secondaire Augustin-Norbert-Morin, évoquant un risque de manque de places à court terme.
Des débats plus assumés
En fin de séance, le ton reflétait l’intensité des échanges. « C’est un aperçu du travail réel », a résumé Luc Martel, maire de Saint-Sauveur. La préfète a salué « de très belles délibérations ».
Entre pression sociale, litiges territoriaux et attentes envers Québec, la MRC des Pays-d’en-Haut entre dans une phase où les décisions locales devront conjuguer urgence et vision à long terme.