On réclame « un ministère du mieux vieillir »
Par Jean-Simon Guay
Dans une ambiance chaleureuse et empreinte d’émotion, Marguerite Blais, était de passage au Manoir de la Vallée à Saint-Sauveur le 28 mai dernier pour une discussion portant sur le vieillissement, la proche aidance et la dignité des aînés.
Organisée par L’Antr’Aidant en collaboration avec les Résidences du Manoir, la rencontre a réuni une cinquantaine de personnes, principalement des résidents venus échanger avec celle qui a longtemps porté les enjeux liés au vieillissement au Québec. Présent dans plusieurs secteurs des Laurentides, l’organisme offre du soutien aux proches aidants confrontés à la perte d’autonomie et au vieillissement.
Une rencontre marquée par la proximité
Accompagnée du coauteur Guillaume Nadon, Marguerite Blais, l’ancienne ministre responsable des Aînés et des Proches aidants a présenté le livre Au nom des aînés, publié récemment chez Libre Expression. Plus qu’un simple lancement, l’événement a surtout pris la forme d’une discussion humaine et intime sur les réalités du vieillissement, la perte d’autonomie, l’isolement et le rôle des proches aidants.
« Les aînés, c’est le peuple invisible », a lancé Marguerite Blais devant les participants.
Tout au long de la rencontre, elle a multiplié les échanges avec les résidents, serrant des mains et prenant le temps de discuter avec plusieurs d’entre eux avant et après la conférence.
Un témoignage personnel sur la proche aidance
Elle est notamment revenue sur la maladie et le décès de son mari en 2015, une période qui l’a amenée à vivre elle-même la réalité de la proche aidance.
« On devient des infirmiers, des pharmaciens, des préposés aux bénéficiaires », a-t-elle raconté en évoquant les responsabilités assumées par les proches aidants au quotidien.
Marguerite Blais a aussi parlé ouvertement des conséquences psychologiques laissées par la pandémie, affirmant avoir traversé une importante dépression après les critiques reçues durant cette période.
Selon les deux coauteurs, l’écriture du livre est toutefois devenue une forme de thérapie.

Guillaume Nadon a raconté avoir insisté pendant plusieurs mois pour convaincre Marguerite Blais de se lancer dans ce projet d’écriture.
« Le livre a été extrêmement thérapeutique », a-t-il expliqué, affirmant avoir vu l’ancienne ministre retrouver peu à peu son énergie au fil du processus.
« Il faut se sentir utile », a résumé Marguerite Blais.
Vieillir entouré et rester actif
Tout au long de la rencontre, le duo a insisté sur l’importance de maintenir des projets, des liens sociaux et des relations intergénérationnelles afin de mieux vieillir.
Impliqué depuis plusieurs années dans le milieu des aînés, notamment à titre de coordonnateur du Salon des aînés de Saint-Jérôme, Guillaume Nadon a expliqué que le projet d’écriture était né de son désir d’aider Marguerite Blais à raconter son parcours.
« C’est vraiment un ministère du mieux vieillir qu’on revendique », a-t-il affirmé.
Des réalités bien concrètes
Parmi les résidents présents, plusieurs ont aussi partagé leur propre réalité liée au vieillissement et à l’autonomie. Denise, une résidente de 87 ans rencontrée avant la conférence, expliquait avoir choisi de vivre en résidence afin de préserver son autonomie et éviter de devenir un poids pour sa famille.
« Je voulais que ma fille vive sa vie avec son mari », a-t-elle confié.
Marguerite Blais a également plaidé pour une meilleure reconnaissance des proches aidants et pour davantage de prévention afin de permettre aux aînés de demeurer à domicile le plus longtemps possible.
Questionnée sur son rôle aujourd’hui, maintenant qu’elle n’est plus en politique active, elle a affirmé vouloir continuer à sensibiliser la population et les décideurs aux réalités vécues par les personnes âgées.
« Ce ne sont pas les personnes âgées qui vont aller manifester à l’Assemblée nationale avec des pancartes », a-t-elle conclu.