(Photo : gracieuseté – Facbook Mémoire des femmes)
Journaliste, écrivaine et parlementaire, Solange Chaput-Rolland a porté les grands débats et n’a jamais oublié ses Pays d’en haut.

Personnalités marquantes des Pays-d’en-Haut : Solange Chaput-Rolland

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Journaliste, écrivaine et parlementaire, Solange Chaput-Rolland a porté les grands débats québécois sans jamais délaisser son refuge dans les Laurentides.

Solange Chaput-Rolland n’a jamais craint les débats difficiles. Sa parole était franche, parfois tranchante, mais toujours guidée par la conviction.

La Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut la décrit comme une « femme de tête, femme de cœur, femme engagée ». La formule résume bien une carrière menée entre les médias, la littérature et la politique.

Née à Montréal en 1919, elle étudie à la Sorbonne et à l’Institut catholique de Paris. Elle devient ensuite journaliste, critique littéraire et animatrice d’émissions d’affaires publiques.

En 1955, elle fonde le mensuel Points de vue, qu’elle dirige pendant six ans. Puis, en 1974, elle préside le Cercle des femmes journalistes.

Son travail lui vaut plusieurs reconnaissances. En 1968, La Presse canadienne la choisit comme « femme de l’année ». Elle reçoit aussi un prix du Media Club en 1972 pour ses éditoriaux à CKAC.

Écrire le Québec

Solange Chaput-Rolland ne se contente pas de commenter l’actualité. Elle en fait aussi la matière d’une œuvre abondante.

Parmi ses livres figure Chers ennemis, publié en 1963 avec l’autrice anglophone Gwethalyn Graham. L’ouvrage prend la forme d’un dialogue sur les rapports entre les communautés francophone et anglophone du Canada.

Elle publie également Mon pays, Québec ou le Canada?, Le Mystère Québec et Et tournons la page… Ainsi, ses textes suivent les tensions politiques et identitaires de leur époque.

Cette contribution à l’analyse de l’actualité québécoise est reconnue en 1975. Cette année-là, elle devient officière de l’Ordre du Canada. Dix ans plus tard, elle reçoit l’Ordre national du Québec.

Du micro au Parlement

En 1977, elle est nommée à la Commission de l’unité canadienne, dite commission Pépin-Robarts. Toutefois, elle estime ensuite que son rapport est resté « tablette ». Elle choisit alors la politique active. En 1979, la population de Prévost l’élit députée libérale lors d’une élection partielle.

Son passage à l’Assemblée nationale est bref, mais survient à un moment décisif. Elle participe notamment aux débats entourant le référendum de 1980.

Après sa défaite de 1981, elle retourne aux médias et à l’écriture. Elle signe le téléroman Monsieur le ministre, diffusé à Radio-Canada de 1982 à 1986.

Puis, en 1988, elle est nommée au Sénat. Elle y représente la division des Mille-Isles jusqu’à sa retraite, en 1994.

Le cœur dans les Pays-d’en-Haut

Malgré une carrière nationale, les Laurentides demeurent son point d’ancrage. Sa famille vit une vingtaine d’années à Saint-Jérôme. Pendant plus de 30 ans, elle passe aussi ses étés au lac Marois, à Sainte-Anne-des-Lacs. C’est là qu’elle rédige une grande partie de son œuvre.

Elle habite ensuite Saint-Sauveur, puis Piedmont. Selon Rachel Paquette, « son cœur et sa maison seront ici, dans les pays d’en haut ».

Solange Chaput-Rolland s’éteint en 2001 à Sainte-Marguerite-Estérel. Elle repose au cimetière de Saint-Sauveur, dans la région où elle avait choisi de vivre, d’écrire et de revenir.

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