Festival des Arts de Saint-Sauveur : première au FASS pour le Charlotte Ballet
Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)
Pour sa première visite au Festival des Arts de Saint-Sauveur, le Charlotte Ballet promet une soirée où trois univers, trois chorégraphes et une même passion pour la danse se rencontrent.
Le Charlotte Ballet foulera pour la première fois la scène du Festival des Arts de Saint-Sauveur le 26 juillet. Pourtant, pour Neelanthi Vadivel, directrice des opérations artistiques de la compagnie, ce rendez-vous ressemble davantage à un retour à la maison.
Ancienne danseuse des Grands Ballets Canadiens et des Ballets Jazz de Montréal, elle connaît les Laurentides depuis l’enfance. Sa famille fréquente la région depuis plus d’un siècle et ses parents vivent aujourd’hui à Mont-Rolland. « J’ai grandi dans la région. Je la connais très bien. J’ai aussi longtemps dansé à Montréal. Revenir ici avec le Charlotte Ballet, c’est vraiment spécial », raconte-t-elle.
Ce sont d’ailleurs ces liens avec le Québec qui ont contribué à faire naître cette collaboration. « Je connais bien Étienne Lavigne. Notre directeur artistique, Alejandro Cerrudo, connaissait déjà très bien le Festival des Arts de Saint-Sauveur et il en gardait d’excellents souvenirs. Tout s’est mis en place assez naturellement. »
Selon elle, le FASS possède une réputation qui dépasse largement les Laurentides. « C’est un festival en région, mais il est reconnu dans le milieu de la danse. Pour nous, c’est une magnifique vitrine qui peut aussi ouvrir des portes ailleurs au Canada et même en Europe. »
Une compagnie en pleine évolution
Fondé en 1970, le Charlotte Ballet a longtemps concentré ses activités dans sa ville d’origine, en Caroline du Nord.
Depuis quelques années, toutefois, la compagnie souhaite renouer avec les tournées internationales. « Notre mandat est de faire voyager davantage la compagnie. Alejandro Cerrudo apporte énormément d’innovation et travaille avec des chorégraphes de très haut niveau. On veut partager ce travail avec le plus de public possible. »
Cette volonté se reflète dans l’identité même du Charlotte Ballet. « On ne veut pas être seulement une compagnie classique ou une compagnie contemporaine. On veut être une compagnie de danse avec un grand D. Ce qui nous importe, c’est ce que le public ressent en quittant la salle. »

Trois regards sur la danse
Pour cette première visite à Saint-Sauveur, la compagnie présentera un programme triple composé des œuvres On Three, Solo Echo et As I Am.
Ce format permet au public de découvrir plusieurs facettes du Charlotte Ballet en une seule soirée. « On offre trois univers complètement différents. Même si une œuvre rejoint moins quelqu’un, il y en aura une autre qui viendra le toucher. C’est une belle façon de découvrir qui nous sommes. »
La première création, On Three, de Nicole Vaughan-Diaz, est née après le passage dévastateur de l’ouragan Helene en Caroline du Nord. « Elle a été profondément marquée par la façon dont toute une communauté s’est rassemblée pour s’entraider. Sa chorégraphie parle de solidarité, de confiance et de force collective. »
Puis vient Solo Echo, de la chorégraphe canadienne Crystal Pite. Inspirée par la musique de Johannes Brahms, l’œuvre propose une réflexion toute en délicatesse sur le deuil, le temps qui passe et les différentes étapes de la vie.
La soirée se conclut avec As I Am, du chorégraphe sud-africain Mthuthuzeli November.
Marquée par le décès de sa mère, cette création explore l’identité, les racines et la quête de sa place dans le monde. « C’est une œuvre d’une grande beauté, mais aussi d’une puissance incroyable. Ce n’est pas rare de voir des gens sortir les larmes aux yeux. »
Un rendez-vous qui pourrait revenir
Même si cette visite constitue une première, Neelanthi Vadivel espère qu’elle ne sera pas la dernière. « On aimerait créer une vraie relation avec le Festival. Pas seulement venir présenter un spectacle et repartir, mais revenir régulièrement et bâtir quelque chose avec le public. »
Elle espère aussi que les artistes de la compagnie tomberont sous le charme d’une région qu’elle connaît depuis toujours. « J’ai très hâte de leur faire découvrir les Laurentides. Je suis certaine qu’ils vont tomber en amour avec l’endroit. »