(Photo : Gracieuseté - Alain Bérubé)
Avant le départ de la marche

Alzheimer : marcher pour sortir les familles de l’isolement

Par Jean-Simon Guay

La Marche pour l’Alzheimer IG Gestion de patrimoine a pris des airs de rassemblement familial, samedi. Bénévoles, élus, familles : une centaine de marcheurs se sont réunis devant le Familiprix de Saint-Sauveur autour d’une réalité souvent vécue loin des regards. L’Alzheimer isole autant les personnes atteintes que celles qui les accompagnent.

Organisée par la Société Alzheimer Laurentides (SAL), la marche se tenait le 30 mai devant le Familiprix de Saint-Sauveur.

Au-delà du financement, le message porté sur le terrain était surtout humain.

« Tu réalises que t’es pas tout seul »

Présent à Saint-Sauveur, l’acteur Éric Bruneau a abordé la maladie à partir de sa propre histoire. Sa mère est atteinte d’Alzheimer depuis huit ans.

Co-porte-parole de la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer, il témoigne des effets concrets de l’accompagnement, autant pour elle que pour son conjoint proche aidant.

« C’est les bénévoles qui font le travail, qui sont là quotidiennement, qui donnent du répit à mon beau-père et qui soignent ma mère, c’est eux que je remercie », a-t-il confié.

Éric Bruneau

Selon lui, l’accompagnement ne fait pas disparaître le diagnostic, mais il permet de ne pas porter seul ce qui vient avec lui.

« Le fait d’être accompagné, ça te permet de passer à travers cette affaire-là. Tu réalises que t’es pas tout seul. »

La marche servait aussi à rendre visible une maladie qui se vit dans les maisons, les résidences, les rendez-vous médicaux et les ajustements quotidiens des familles.

« Plus on fait des événements comme ça, plus on sort de l’isolement », a résumé le comédien.

Les proches aidants au cœur de la maladie

Pour plusieurs intervenants, les proches aidants sont indissociables de la maladie. Ils deviennent souvent les repères de la personne atteinte, tout en portant une charge physique, mentale et émotionnelle importante.

Le maire de Saint-Sauveur Luc Martel a rappelé que les proches sont touchés eux aussi.

« Les proches aidants sont affectés autant que la personne atteinte de la maladie », a-t-il souligné, visiblement ému en racontant l’histoire d’un ancien collègue dont la femme était atteinte d’Alzheimer.

Le député des Pays-d’en-Haut Tim Watchorn a lui aussi insisté sur l’importance du soutien aux proches aidants.

« De la façon qu’on traite nos personnes âgées dans notre société, je pense que c’est le reflet de comment on est comme société », a-t-il affirmé.

Cette réalité est bien connue de Christine Chartrand, ancienne intervenante psychosociale à la SAL.

« Il y a de plus en plus d’aide, mais on doit encore plus en parler […] Les accompagnatrices à domicile, c’est primordial. Il ne faut pas laisser les gens assis sur une chaise », a-t-elle soutenu.

Un enjeu qui prend de l’ampleur

La ministre de la Santé, ministre responsable des Aînés et députée de Prévost Sonia Bélanger, a rappelé que les besoins liés aux troubles neurocognitifs continuent d’augmenter au Québec.

« Actuellement au Québec, il y a 150 000 personnes qui ont un diagnostic d’Alzheimer ou de troubles neurocognitifs », a-t-elle indiqué.

Selon elle, ce nombre pourrait atteindre près de 200 000 personnes d’ici 2040 si la tendance se maintient.

Mme Bélanger a rappelé que le gouvernement du Québec a récemment annoncé des investissements de 8M$ pour soutenir le dépistage, l’accompagnement et les proches aidants.

« C’est une politique porteuse sur la dignité des personnes », a affirmé la ministre.

Une mobilisation locale

À Saint-Sauveur, la marche a réuni des bénévoles, des familles, des élus et des citoyens dans une ambiance chaleureuse. Son caractère accessible contrastait avec la lourdeur du sujet.

Valérie Barrette-Mayrand, copropriétaire du Familiprix Saint-Sauveur, a rappelé que

« chaque pas, chaque don, chaque geste compte pour améliorer encore les services offerts à la communauté ».

Samedi, à Saint-Sauveur, la marche a surtout montré que l’accompagnement commence parfois par une chose simple : rappeler aux familles qu’elles ne sont pas seules.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


The reCAPTCHA verification period has expired. Please reload the page.