Des maudits menteurs?

Des maudits menteurs?
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On lit des intervious de jeunes (et moins jeunes) vedettes de notre «rock and roll» québécois et c’est le masque. «On veut s’ouvrir au monde». Le monde? Mes fesses oui! Il faut entendre jacasser les Gregory Charles ou la jeune chanteuse, Pascale Picard, oh, leurs mensonges! Il ne s’agit pas du tout «du monde» à conquérir, allons. Que ces vedettes, ou apprentis-vedettes, soient donc plus franches: ils veulent rentrer, au plus vite, dans le supermarché, les USA.

On lit des Petrowski, des Blais (La Presse) se portant volontiers à la défense de ces ambitieux: «Oui, oui, nos artistes ont bien raison, foin du nationalisme, on doit sortir du marché régional (entendre québécois).» Le monde mon oeil! Tout ce qui les titille, captive, c’est: «Comment me tailler une place, et au plus tôt, aux riches Etats-Unis?» Je n’ai pas la candeur de croire que ces artistes veulent se faire connaître à Madrid ou à Rome, à Amsterdam ou à Rio! Mais non: la fatale attraction c’est USA! C’est le fric. Ah cet inévitable «american dream»! Il hante tout le monde sur tous les continents et dans tous les arts. Cela depuis la fin de la guerre de 1939-1945. Oui, pas seulement le monde occidental, des talents variés, en Inde comme en Chine, convergent vers «la» puissance impériale de nos temps actuels. Oui, cela depuis fort longtemps.

J’imagine des troubadours de naguère converger vers Rome au temps de sa splendeur. Plus tard vers Paris, la capitale, un temps, de tous les créateurs. Bonjour les ambitieux Riopelle! Puis vers Londres quand l’Empire britannique rayonnait sur tous les continents. Bonjour madame l’opératique Albany dans les jupes de la vieille Reine-Victoria! Maintenant c’est New York, ou Los Angeles. Las Vegas, mon Dieu, oui!
Évidemment que le triomphe à Paris d’un Félix Leclerc faisait chaud à nos coeurs. Celui des Vigneault ou des Charlebois aussi. La France, c’était tout de même un marché important. Désormais, les USA, c’est encore mieux mais… il faut quitter sa langue, sa culture! Oh! Bof! Voyez Céline Dion, avec son illustre manager, elle a vite compris: Paris n’était plus suffisant. Et le «Cirque du soleil»?, il n’a pas cherché à aller s’épanouir en Roumanie, en Hongrie ou en Tchékie, ni même en France ou en Angleterre. Mais non: Las Vegas, rien de moins. L’argent parle. Et fort. Aucune envie de reprocher à ces gens doués d’abandonner leur Québec et de s’exiler vers le plus riche, le plus puissant des pays. Pas du tout. Juste demander que l’on cesse une fois pour toute de mentir, d’afficher «ON VEUT LE MONDE» quand, en vérité, on vise le FRIC.

C’est… humain non?

Cependant, ces assoiffés de «gloire américaine» et, partant, de ses réseaux mondiaux dociles et bien huilés, doivent admettre avec plus de franchise, que ce «I want to pogne» exige l’abandon du français. De leur cœur, de leur âme. De tourner le dos au monde francophone. Dire carrément qu’il s’agit d’une expatriation consentie, d’un «exil culturel» volontaire inévitable. C’est leur droit? Certainement. Cependant qu’ils cessent en reportages de mimer «la carte mondiale» car, tous, ils se sacrent comme de l’an quarante des cultures du monde. Ils se fichent bien de la langue espagnole ou de la langue italienne. De l’arabe ou du chinois. Pour eux tous, arrivistes enragés souvent, il n’y a qu’une culture captivante, qu’une langue importante et c’est, – comme c’est étrange hein? – la langue étatsunienne. Point final! Joignant cet empire culturel populaire, ils trouveront, ils l’espèrent – en valeur ajoutée – des auditoires autant en Australie qu’en Nouvelle-Zélande, aussi en Royaume Uni (United Kingdom), et mieux encore, en Hollande et en Allemagne, etc. Toutes ces contrées n’étant (culturellement) que de dociles et colonisés satellites, tous soumis à la culture «pop and rock», des USA! Un conformisme navrant.

Alors vos gueules, les nationalistes, les enracinés! Voilà la réalité. Attention: faut-il prévenir toutes ces aimables Pascale Picard: en ce moment même, des cohues, des hordes de bons talents, venus de partout dans le monde, s’installent «in English». Imaginez le nombre de «becs ouverts» de tous ces oiseaux ambitieux! Il y a foule aux portillons USA, une très grande foule de rêveurs. On en a vu de nos jeunes exilés aux «States» qui attendent depuis longtemps leur «bonne étoile». Ils reviennent un jour, dépités, déçus. On les revoit un jour dans un bar minable, en provinces québécoises, dans un café ultra-modeste, face à un micro très ordinaire, lécher des plaies morbides.

On pourrait donner des noms, n’est-ce pas? Il allait devenir un acteur fabuleux, il fut waiter à Los Angeles. Elle allait briller aux affiches de Broadway ou de Hollywood, elle fut femme de chambre dans les chics Hampton, ou, pire, dans Queen. Car cette chasse au soi-disant «vaste monde» camouflait mal, la très ordinaire et banale ambition de réussir au pays le plus riche et le plus puisant actuellement, les USA.

Bonne chance à Gregory, aussi aux autres petites Picard, mais pour une Céline Dion, exceptionnel exemple, il y a des masses, des tas «d’invisibles». De futurs ratés ayant perdu un temps fou aux barrières du vedettariat. Ils se sont accrochés un an ou cinq ans. Pour une (ou un) qui réussit, des centaines de milliers ruminent, attendent en vain dans des coulisses humiliantes du show-bizz. Et personne pour dire cette vérité vérifiable à ces pathétiques pélerins-de-la-gloire-USA.

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