(Photo : Médialo — Louis-Philippe Forest-Gaudet)
Quelques minutes de prévention avant de partir ou d’arriver au chalet peuvent éviter qu’un séjour de vacances tourne au drame.

Prévention des incendies : en vacances, la prudence ne prend pas congé

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet (Initiative de journalisme local)

Chalet loué, barbecue, feu extérieur ou maison laissée sans surveillance: la détente estivale peut rapidement faire baisser la garde. Quelques vérifications peuvent toutefois éviter qu’un séjour tourne au drame.

En vacances, les habitudes changent. On cuisine pour plusieurs personnes, on découvre une résidence inconnue et on passe davantage de temps dehors. C’est précisément dans ce contexte que les distractions peuvent devenir dangereuses. « Souvent, on va être plein d’amis ensemble et on va être moins attentif », observe Noémie Deschênes, technicienne en prévention des incendies. Un plat demeure sur la cuisinière pendant que tout le monde sort. Puis, chacun croit qu’une autre personne surveille la cuisson. « On a des feux de cuisson chaque année », rappelle-t-elle. Ainsi, une personne devrait toujours être clairement responsable des aliments laissés sur le feu.

Inspecter les lieux

À l’arrivée dans un chalet, le premier réflexe devrait être de vérifier les avertisseurs de fumée. Un avertisseur de monoxyde de carbone doit aussi être présent lorsqu’un appareil à combustion est utilisé.

Le service a déjà reçu des appels concernant des logements touristiques où ces équipements manquaient. « On essaie de sécuriser la situation à court terme, puis on entreprend les démarches avec le propriétaire », explique Noémie Deschênes.

Un plan d’évacuation peut également être établi dès l’arrivée. « Il ne faut pas se limiter à la porte d’entrée », souligne Lucka Plouffe, directeur du Service de sécurité publique et incendie de Saint-Sauveur et Piedmont. Les enfants devraient connaître les autres sorties possibles, comme une porte-patio ou une fenêtre accessible.

Par ailleurs, il ne faut jamais retirer la pile d’un avertisseur parce qu’il se déclenche pendant une soirée. La remettre plus tard peut facilement être oubliée.

Barbecue et propane

Avant d’utiliser un barbecue, il faut vérifier son état, nettoyer le récipient à graisse et respecter les dégagements du fabricant. Une clôture, un mur, une galerie ou une plate-bande peuvent constituer des matériaux combustibles. « Chaque année, on a des débuts d’incendie avec des barbecues mal entretenus ou utilisés trop près d’une résidence », indique Lucka Plouffe.

Les bonbonnes de propane ne devraient pas être entreposées dans une résidence ni dans un garage. Même vide, une bonbonne peut encore contenir du gaz. En cas de doute, le service recommande de la conserver dehors, debout et dans un endroit ventilé.

Vérifier avant d’allumer

Les règles entourant les feux extérieurs varient d’une municipalité à l’autre. Avant d’allumer, il faut donc consulter la réglementation locale, l’indice de danger et les restrictions de la SOPFEU. « Les gens doivent s’informer auprès de la municipalité où ils séjournent », insiste Noémie Deschênes. Dans un foyer autorisé, seul du bois de chauffage devrait être brûlé. Les matériaux de construction, même non peints, sont interdits à Saint-Sauveur et à Piedmont. Les feuilles et les branches de conifères doivent également être évitées. Les feux d’artifice sont aussi proscrits sur tout le territoire.

La SOPFEU recommande un emplacement dégagé, sur du sable, du gravier ou de la terre battue. Le feu devrait rester petit, surveillé et complètement éteint avant le départ. De plus, les restrictions peuvent changer rapidement selon les conditions et les ressources disponibles.

Protéger les maisons boisées

Autour d’une résidence en forêt, les premiers mètres sont déterminants. La zone située jusqu’à 1,5 mètre du bâtiment devrait être libérée de toute matière combustible.

Il est notamment recommandé de nettoyer les gouttières, fermer les espaces sous les balcons et éloigner le bois de chauffage. Ensuite, entre 1,5 et 10 mètres, le terrain devrait demeurer exempt de débris. Les conifères peuvent aussi être espacés et élagués.

« Il n’est pas nécessaire de mettre en place toutes ces actions simultanément », précise le document remis par le service. Toutefois, chaque geste peut ralentir la propagation des flammes vers le bâtiment.

Enfin, les cendres d’un foyer ou d’un four à bois doivent refroidir au moins sept jours dans un contenant métallique fermé. Elles ne vont jamais dans le compost.

Pour toute situation urgente ou dangereuse, Lucka Plouffe rappelle qu’il faut composer le 911. Les questions de prévention peuvent plutôt être posées au service incendie concerné.

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