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La fiducie suscite encore son lot de questionnements

Par nathalie-deraspe

La seconde mouture du projet de fiducie a été présentée aux citoyens de Val-David samedi dernier. Un constat s’en dégage : tous sont en faveur du parc, mais plusieurs doutent que le modèle présenté constitue le meilleur moyen de le préserver.

Les esprits s’échauffent encore autour du parc Dufresne. «On se serait cru à l’époque du référendum, clame l’agente immobilière Louise Meunier. On était invités à discuter les clauses de l’acte, pas à dire si on était pour ou contre le parc.»

La guerre ouverte qui a scindée le village en deux à l’époque où les citoyens ont dû se prononcer sur l’acquisition et l’agrandissement de ces espaces verts a laissé bien des plaies ouvertes. Porté de manière farouche par les instigateurs du OUI, le projet de fiducie semble raviver celles-ci plus que jamais. Les affrontements sont d’autant virulents que certains ont affiché leurs couleurs à la veille des élections municipales. C’est le cas de Jacques Marenger, futur candidat à la mairie de Val-David, qui se dit victime d’intimidation. «En dehors de la fiducie, point de salut. En pleine assemblée du conseil municipal, Paul Laperrière, un des futurs bénéficiaires, me faisait des doigts d’honneur. Est-ce qu’on a besoin d’un gars comme ça pour gérer le parc? La municipalité n’a jamais eu le mandat de payer une firme d’avocats pour nous vendre la fiducie. Et les terrains expropriés n’ont toujours pas été transférés au parc régional.»

Un parc de 18 M$

Jacques Marenger prétend qu’à terme le parc Dufresne coûtera pas moins de 18 M$ aux contribuables du village. La municipalité aurait même effectué une seconde expropriation de 2,4 M$ sans consultation publique. Les terrains y auraient été payé 350% plus cher que lors des premières acquisitions. Pourquoi tant d’empressement, questionne-t-il.
À des années-lumière de la joute politique qui se joue actuellement, le spécialiste en gouvernance financière et professeur de gestion et de développement des coopératives, Stephan Schwab, a relevé plusieurs questions pertinentes à propos de la fiducie dans un des 17 mémoires à avoir été présenté samedi. L’autonomie financière de la fiducie demeure au cœur du débat. Sans un plan d’affaires étoffé, les citoyens ne pourront être en mesure d’évaluer si la municipalité devra continuer à injecter de l’argent après 5 ans d’opération. Les règles de gouvernance devront également être mieux établies. Le document établit que les fiduciaires auront beaucoup de latitude dans la nomination de leurs pairs. En outre, les règles d’éthique sont minces et les états financiers n’ont pas lieu d’être soumis à une seule mission d’examen deux fois l’an au lieu de trois. Finalement, plusieurs ont sursauté à l’idée de voir proposé des coupes de regénération, communément appelée coupes à blanc, comme mesure de financement de la fiducie. Il y est même question de camping rustique, avec tout ce que cela comprend d’accommodement hygiénique. Certains passages, dont ceux qui parlent des sentiers à être établis, sont même carrément contradictoires.
«Les gens sont inquiets, indique M. Schwab. Ça ne parle que de ça dans le village. Il y a eu d’excellents mémoires. Certains étaient même des chefs-d’œuvre de poésie et tous étaient des plaidoyers en faveur du parc. Mais je pense qu’un conseil en fin de mandat n’a pas la légitimité de prendre l’engagement de créer une fiducie, surtout quand il n’y a pas d’élection référendaire. Et la fiducie, ce n’est pas un bunker. Même s’il y a un contrat de 50 pages, qu’est-ce qu’on fait s’il n’est pas respecté?»
****Guerre médiatique****

Dans une conférence de presse à laquelle **Accès** n’était pas invité, le maire aurait soutenu une fois de plus que son projet est «noble». Mais plusieurs se demandent si tel est le cas, pourquoi Pierre Lapointe hésite tant à le soumettre à la population, d’autant plus que le ministère des Affaires municipales a clairement établi qu’en vertu de la législation, une municipalité ne peut pas aliéner ses biens à titre gratuit et ne détient aucun pouvoir pour créer une telle entité. La cavale des dernières semaines tend à vouloir faire croire que la population est de plus en plus favorable au projet mais les gens ne sont pas dupes. Les tenants de la fiducie ont même fait appel à la Mountain Equipment Co-op pour vanter le projet. Le directeur adjoint du magasin de Montréal, Éric Aubry, ignorait que la coopérative canadienne comptant 3 millions de membres s’était vue impliquée dans les affaires internes d’une municipalité. Une personne aurait admis avoir été mandatée par les pro-fiducie pour y présenter un mémoire. Il ne suffit pas d’écarter une journaliste plus critique à l’égard d’un dossier pour manipuler de la sorte l’opinion publique.

pertinentes à propos de la fiducie dans un des 17 mémoires à avoir été présenté samedi. L’autonomie financière de la fiducie demeure au cœur du débat. Sans un plan d’affaires étoffé, les citoyens ne pourront être en mesure d’évaluer si la municipalité devra continuer à injecter de l’argent après 5 ans d’opération. Les règles de gouvernance devront également être mieux établies. Le document établit que les fiduciaires auront beaucoup de latitude dans la nomination de leurs pairs. En outre, les règles d’éthique sont minces et les états financiers n’ont pas lieu d’être soumis à une seule mission d’examen deux fois l’an au lieu de trois. Finalement, plusieurs ont sursauté à l’idée de voir proposé des coupes de regénération, communément appelée coupes à blanc, comme mesure de financement de la fiducie. Il y est même question de camping rustique, avec tout ce que cela comprend d’accommodement hygiénique. Certains passages, dont ceux qui parlent des sentiers à être établis, sont même carrément contradictoires.
«Les gens sont inquiets, indique M. Schwab. Ça ne parle que de ça dans le village. Il y a eu d’excellents mémoires. Certains étaient même des chefs-d’œuvre de poésie et tous étaient des plaidoyers en faveur du parc. Mais je pense qu’un conseil en fin de mandat n’a pas la légitimité de prendre l’engagement de créer une fiducie, surtout quand il n’y a pas d’élection référendaire. Et la fiducie, ce n’est pas un bunker. Même s’il y a un contrat de 50 pages, qu’est-ce qu’on fait s’il n’est pas respecté?»

Guerre médiatique

Dans une conférence de presse à laquelle Accès n’était pas invité, le maire aurait soutenu une fois de plus que son projet est «noble». Mais plusieurs se demandent si tel est le cas, pourquoi Pierre Lapointe hésite tant à le soumettre à la population, d’autant plus que le ministère des Affaires municipales a clairement établi qu’en vertu de la législation, une municipalité ne peut pas aliéner ses biens à titre gratuit et ne détient aucun pouvoir pour créer une telle entité. La cavale des dernières semaines tend à vouloir faire croire que la population est de plus en plus favorable au projet mais les gens ne sont pas dupes. Les tenants de la fiducie ont même fait appel à la Mountain Equipment Co-op pour vanter le projet. Le directeur adjoint du magasin de Montréal, Éric Aubry, ignorait que la coopérative canadienne comptant 3 millions de membres s’était vue impliquée dans les affaires internes d’une municipalité. Une personne aurait admis avoir été mandatée par les pro-fiducie pour y présenter un mémoire. Il ne suffit pas d’écarter une journaliste plus critique à l’égard d’un dossier pour manipuler de la sorte l’opinion publique.

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