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Le ciel s’éclaircit autour de la CSeries

Par nathalie-deraspe

Mirabel a des ailes

Jamais des passagers auront attendu un avion si longtemps. Qu’à cela ne tienne, le travail commun de la direction, des employés et des gouvernements, aura fait aboutir les négociations afin que la CSeries soit assemblée au Québec.
«On voit enfin la lumière au bout du tunnel», a lancé en entrevue téléphonique le président de l’Association internationale des machinistes et travailleurs de l’aéronautique, Yvon Paiement, à quelques heures de ses vacances. Il attendait cette journée depuis 5 ans. Quand la nouvelle est arrivée d’Europe samedi soir, il était au Chanteclerc, à célébrer sa journée de golf annuelle avec les employés de Bombardier. Bon joueur, M. Paiement a patienté sagement au lendemain matin au lieu de privilégier les 156 golfeurs qui l’accompagnaient ce jour-là. Après tout, celui-ci représente les 5 500 employés de la compagnie.
«Ça fait plus de 20 ans que je fais du syndicalisme et je n’ai jamais vu des membres aussi disciplinés et enthousiastes», a affirmé Yvon Paiement. N’eut été de cet ultimatum lancé à la direction (qui avait jusqu’au 15 juillet pour accepter l’offre), les employés seraient repartis en négociations en novembre.

Le contrat de travail, accepté dans une proportion de 82,6%, s’étale sur 6 ans au lieu de trois, «pour le bien de tout le monde», explique-t-il. À la fin du contrat, le premier avion aura pris son envol (2013). Mais l’entente était conditionnelle à ce que la CSeries soit assemblée à Mirabel.

Les Américains se sont commis

La valse-hésitation entre Kansas City et Mirabel pour l’assemblage final de cet appareil éco-énergétique de 110 à 130 places (réduction de carburant et de gaz carbonique de 20%, réduction de 50 % d’anhydrides sulfureux, 4 fois moins bruyant) s’est jouée sur plusieurs plans. Selon M. Paie-ment, le Sénat n’aurait pas apprécié que l’on promette des ententes à long terme avec l’avionneur. Une position ravisée voulait qu’on ramène l’offre à 5 ou 6 ans, quitte à la renouveler par la suite. De ce côté-ci de la frontière, les propositions des gouvernements fédéral et provincial sont demeurées à peu près les mêmes qu’en 2005. Ceux-ci fourniront le tiers des investissements nécessaires au projet. «C’est une excellente nouvelle, soutient M. Paie-ment, les gens vont être stimulés à retourner sur les bancs d’école. On aura besoin de 1 200 travailleurs à la nouvelle usine de Mirabel, qui sera construite pour septembre 2009. Et à 27 $ de l’heure comme salaire moyen, c’est plutôt intéressant.» Les scénarios les plus optimistes parlent à terme de 4 000 emplois directs et indirects dans la région du Grand Montréal.

En fin d’entrevue, Yvon Paiement s’est empressé de rabrouer les mauvaises lan-gues, qui cherchent à assombrir la nouvelle. «Ce n’est pas la première fois qu’on part un nouveau modèle. On a tout pour nous et c’est un créneau qui n’existe pas.» Avant que la concurrence pointe, Bombardier devrait déjà avoir atteint des ciels cléments. La semaine dernière, celui-ci confiait déjà que la compagnie avait cinq acheteurs potentiels avec des contrats possibles de 250 avions. En 2007, l’industrie aéronautique québécoise représentait des ventes de 12 G $ et comptait 42 000 employés, dont les 12 000 chez Bombardier Aéronau-tique de Montréal. La période de production de la CSeries s’étalera sur 20 ans. La valeur approximative de chaque avion est de 46,7 millions $US. Bombardier prévoit rafler la moitié des 6 300 appareils (250 milliards $US) nécessaires à ce type de marché d’ici 20 ans. Les revenus de Bombardier pour l’exercice se terminant le 31 janvier 2008 s’élevaient à 17,5 G $ US.

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